‹ Notes sur Prosper MériméeChapitre 74 sur 197 · I. Lettie inédite à M. de Lagrené · texte numérisé non relu

I. Lettie inédite à M. de Lagrené

a. InMte.

OiAMBON. — p. Miritnée, } i

l62 NOTES SUR PROSPBR MÉRIMÉE

Lenormanty à Paul. Et nous vous en remercions. Mesdames de Vernéde sont venues hier soir. M. et Mad. Récamier, le médecin, dînaient chez Mad. Récamier. Nous nous sommes livrés à des commentaires sans fin Enfin vous voilà sur votre retour. Dieu soit loué I M. de Chateaubriand a été fort attristé par la Acheuse nouvelle. La santé est bonne. Vous nous retrouverez occupés des Mémoires, et nous vous attendons pour reprendre nos lectures. Cet hiver sera fort occupé entre nous par vos merveilleux récits et par les Mémoires, que je voudrais bien, moi, qui ne fussent plus les Mémoires d'Outretombe. On revient à mon avis, à cet égard, mais M. de Chateaubriand résiste opiniâtrement. Les lectures de cet hiver décideront cette grande question.

« Tontes les santés sont en bon état... nous vous remercions des soins que vous et M. Mérimée avez donnés à M. Lenormant, qui, lui, paraissait, même avant son accident, décidé à ne plus voyager.

« L'Espagne a été sur le point d'être en feu, mais le feu n'a pu prendre. Ce malheureux pays n'est plus bon qu'à donner le plus triste spectacle d'un peuple privé de son ancienne vie. Notre vie à nous s'éteint d'une autre façon...

« Mes affectueux compliments à M. Mérimée...

« Ballanchb. »

28 octobre [1841].

Les voyageurs furent obligés à leur retour de subir une quarantaine dans le lazaret de Malte. Ils passaient, du reste, « assez gaiement leur temps au Fort Manoêl », en

écrivant de longues lettres > ou commentant Rabelais *• Ampère, le 3 décembre, écrivait à Alexis de Tocqueville s. c ...Le temps passe (assez 4] vite dans notre prison [qui, du reste, est] magnifique. Nous avons la vue de la terre et de la mer, je suis avec Mérimée s [avec qui j'ai fait la course de l'Asie Mineure et avec qui je suis revenu de Constantinople. M. Lenormant s'était embarqué sur le Viloce.] ^ Je prétends que nous menons une vie de château , son seul inconvénient, [et il est grand], c'est de nous arrêter... » ^

Quelques jours après, Mérimée et Ampère délivraient à leur ami de Witte le curieux certificat suivant, écrit de la main de Mérimée :

1. Lettre de Mérimée à de Stulcy du i** décembre ; d'Ampère à Tocquertlle, dn ). .

2, Lettre de M. Ang. Ftbregacttes du 6 décembre 1841 à Lenormant, « qui doit être encore sous les verroux sanitaires de Marseille ou de Toulon ». (Arch. Comm. monum. histor.) M. Fabreguettes mourut peu après, et Mérimée écrivait à M"* .Lenormant : t Je remets entre vos mains la dernière espérance de cette pauvre famille. Elle ne pouvait trouver une meilleure protectrice », en l'informant qu'elle pouvait compter sur Béranger (lettre du 10 février) et un peu plus tard (mardi.,.) : « Béranger m'écrit pour me demander s'il doit écrire à M. Guiiot on même chercher à lui parler. Malgré toute sa répugnance à voir des ministres, il renoncerait pour une fois à sa sauvagerie naturelle, s'il croyait que sa démarche pût être utile à Mad. Fabreguettes. »

). Publ. dans Andri-Mariê et J, J, Ampère, etc. Il, 111-114. Cette publication n'est pas très correcte, comme il éuit dans l'habitude de l'époque : la lettre n*a pas été reproduite fidèlement, mais ayant l'original iotts les yeua nous indiquerons les modifications.

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