SOCIÉTÉ BOTANIQUE L)E FRANCE
à nuances déjà si variables, s'est encore modifié cette année (1881) dans mon jardin : il a pris une teinte rose, ainsi que mes autres Stylosées à Heurs blanches.
Le R. systyla Bast. se présente dans nos environs avec des modifications nombreuses. Les styles sont ordinairement soudés en une colonne égale aux étamines, ou les dépassant, et persistent au moins pendant quelque temps sur le fruit îmir; quelquefois ils sont dressés, saillants, mais en faisceau lâche et non soudés en colonne. Les folioles, sur certains pieds, sont glanduleuses en dessous sur la nervure médiane. Le pétiole offre encore de petits aiguillons crochus, blancs, nombreux, qu’on observe aussi dans le R. virginea Rip.
.l’ai recueilli à la forêt deSourdun, en juin 1870, une forme remarquable que M. Déséglise, qui l’a vue en fleur, croit inédite : buisson d’un mètre de haut, touffu, très florifère; fleurs d’un rose vif, violacées à l’intérieur jusques et y compris l’onglet, rose plus pâle à l’extérieur. Je n’ai pas pu voir le fruit.
A travers toutes ces variations, on pourrait sans doute, en adoptant quelques formes privilégiées, augmenter le nombre de ces espèces secondaires dont le R. slylosa Desv. a été la souche trop féconde, dont M. Grenier avait commencé l’élimination, et que M. Crépin a réduites à leurjuste valeur. A quoi bon? Ce serait augmenter gratuitement la confusion. N’admettons qu’une espèce typique, le R. stylosa Desv., mais ouvrons une large porte aux variétés. C’était l’opinion de M. Grenier, c’est celle de M. Crépin, ç’a été celle de tous les botanistes qui se sont occupés du genre Roua. S’il y a erreur, peut-on se tromper en meilleure compagnie?
On trouve aux environs de Provins le Rom slylosa Desv. type, très rare. Les formes qui s’y rattachent sont plus abondantes, mais difficiles à classer méthodiquement, à cause des caractères nombreux qui les unissen les unes aux autres. On peut y distinguer: