Le Turbot
En 1372, 1375, 1378, i383, on voit citée la taverne ad Turbotum^\ sans indication de rue. On nous apprend seulement que le vin y était bon. Dans le procès de corruption intenté au chancelier de l'Université Jean Blanchart, en i385, un des témoins rapporte que l'année précédente des examinateurs ont accepté un dîner des candidats dans la maison ad intersignium Turboti^ in vico ubi est ecclesia S. Juliani Pauperis ^. Ce texte est confirmé par 1' « Esbatement du mariage des quatre fils Hemon, » dans lequel ne manque pas « le Turbot de la rue Saint-Julien-le-Povre^. »
Berty n'indique aucune maison du Turbot dans la rue Saint-Julienle-Pauvre. Celle qu'il place dans la rue de la Bûcherie, en face la rue Saint-Julien, a dû changer son nom de bonne heure et porter, dès i366, l'enseigne de V Ymaige-Nostre-Dame'^ .
Il a existé rue du Petit-Pont une maison de la Roze (1465) « qu'il faut probablement identifier avec celle qu'on appelait, en i38o, la maison du Turbot^. » L'enseigne du Turbot^ à Petit-Pont, est en outre attestée en 1389 par le Registre criminel du Chastelet (I, p. 100). Mais nous apprenons par les auteurs de la Topographie que la maison de la Roze ne formait jadis qu'un immeuble avec la maison contiguë de l'Eschiquier, et cette dernière aboutissait à la maison de la Bergerye (nom donné en 1461), qui avait son entrée sur la rue Saint- Julien-le-Pauvre. Pouvons-nous en conclure que la taverne du Turbot avait, à la fin du xiv*^ siècle, entrée sur les deux rues?
Emile Châtelain.