Le Chastel
En 1369 et iSyS, la nation se réunit dans la taverne ad Castellum, infra duos pontes^ ^ désignée ailleurs ad Castellum^ in Civitate^. En iS/o, elle fait un copieux repas s'élevant à la somme de 8 francs 5 sous dans la taverne ad Castrum, in Civitate^^ qui semble bien la même.
Deux passages de Rabelais doivent se rapporter à cette maison. Dans Pantagruel (II, ch. xvii) : « Bref, quand nous fusmes de retour [de Nostre-Dame, Saint-Jean et Saint-Antoine], il me mena boire au cabaret du Chasteau^ » et, un peu plus haut (II, ch. vi) : « Gauponizons es tabernes méritoires de la Pomme-de-Pin, du Castel de la Magdelène et de la Mule^ belles spatules vervecines perforaminées de petrosil. » On a voulu ^ assimiler le Chasteau de Rabelais avec le Chasteau-Fêtu^ près la croix du Tiroir [rue de TArbre-Sec], hôtellerie choisie par des chevaliers anglais arrivant à Paris, d'après le récit de Froissart (IV, 24). On trouve une conjecture toute différente exprimée par les auteurs de la Topographie historique (VI, 237) à propos de la rue Saint-Jacques : « Maison du Castel ou du Chasteau^ très voisine de la Mule, et o\x il existait pareillement un cabaret fréquenté par les étudiants. Serait-ce la même taverne mentionnée par Rabelais et ayant deux entrées sur la rue Saint-Jacques? Il semble que l'interposition de la Hache et du Loup fait obstacle à cette identification. » Les auteurs ne donnent ici aucune date, contrairement à leur louable habitude, sur la maison du Castel; on peut donc se demander si ce n'est pas le désir de retrouver la taverne de Rabelais qui les a conduits à proposer une pareille conjecture.
En attendant des documents qui tranchent la question, on peut admettre avec vraisemblance que Rabelais, après avoir mentionné la Pomme-de-Pin, dont l'emplacement est bien connu, dans la Cité, près de l'ancienne église de la Madeleine, rue de la Juiverie, parle d'un établissement voisin situé également dans la Cité, le Castel ou CMteau^ près la Madeleine, avant de revenir à la Mule^ sur la rive gauche.