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Notes sur un fait météorologique particulier à Québec [microforme]

Je ne viens pas traiter ici, d'une manière générale, la température de Québec, non plus que la quantité de pluie ou de neige qui y tombe chaque année. Mon intention est tout simplement de signaler la prédominance très remarquable de certains vents dans cette partie du pays.

On peut dire que les vents, à Québec, ne soufflent que dans deux directions, du nordest et du sud-ouest. Les diagrammes que prépare le bureau du service météorologique canadien sont très intéressants à ce point de vue. En effet, ils montrent une différence on ne peut plus marquée entre les vents de Québec et ceux des autres villes du Dominion.

Le printemps et l'automne, les vents du nord-est l’emportent ; durant l'été et l'hiver, les vents du sud-ouest sont les plus forts à leur tour. Ainsi, en 1882, pendant les mois du printemps, mars, avril et mai, sur 2,191 heures de vent, nous avons eu 846 heures de vent de nord-est, et 558 heures de vent de sud-ouest ; total-1,399 heures. Ce qui montre d’abord l'influence réelle de la direction de notre fleuve sur l'orientation des vents, et ensuite une prédominance indéniable des vents de nord-est. Dans les mois d'été et d'hiver, la direction moyenne restant toujours la même, les vents de sud-ouest sont les plus constants.

Je crois qu'il est assez facile de se rendre compte de ce phénomène particulier à Québec en examinant la position qu'occupe cette ville par rapport aux principales chaînes de montagnes du Bas-Canada.

Placée le long du grand fleuve, au point où il cesse d’être un bras de mer pour devenir fleuve ordinaire, la vieille capitale s'élève à l'endroit où les deux chaînes de montagnes qui courent au nord et au sud de la province sont les plus rapprochées l'une de l'autre. Plus bas et plus haut, ces lignes en relief s'éloignent de plus en plus. Québec est donc placé dans un étranglement orographique général, quelque chose qui ressemble au fond d'un double entonnoir. Ô

Or personne n'ignore l'influence très grande des élévations du sol sur la direction des vents superficiels. Sans altérer les grandes lignes de déplacement suivies par les mouvements aériens des hautes régions, elles produisent à la surface des perturbations qui souvent masquent complètement les courants généraux. La conséquence évidente sera qu'à Québec les courants d'air devront s'orienter de préférence dans la direction du fleuve ; et, pendant que dans d’autres parties de la province les vents souflleront dans des directions différentes, ils se disposeront nécessairement dans la direction de la vallée du Saint-Laurent.

Ansai chaque fois que le bureau météorologique nous avertit qu'un centre de faible

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