Notice analytique sur les travaux de Lisfranc
L’auteur, après avoir prouvé, par l’anatomie pathologique, qilëT’in- Jlammation de l’urètre peut, contre l’opinion des auteurs, commencer sur, divers points du canal, ce qui est important pour la théraipeutique, démontre que, si les inflammations qui vieillissent sur l’œil et sur le canal intestinal peuvent y déterminer des Ulcères et des indurations, les phlegmasies anciennes dé l’m ètrc sont dans le même cas ; il ajoute que, quand ces inflammations ont résisté à tous les moyens ordinaires, il vaut mieux les attaquer par des injections astringentes que de les laisser persister. Il a prouve dans ce mémoire, par des faits recueillis en grande partie sous les yeux du professeur Uosquillon , qu’en employant la sonde, conseillée par Fabre, et qu’en portant la dose de sulfate de zinc, par exemple, dans les injections, beaucoup plus loin qu’on ne l’avait lait, on obtenait presque toujours des guérisons qui avaient paru inespérées jusqu’alors.
a. Mémoire sur une nouvelle méthode de pratiquer la taille chez la femme. (Lu à l’Académie royale de médecine. Revue médicale. iSaS.)
L’autem- démontre dans ce mémoire que l’artère honteuse interné, chez la femme, ne longe pas le bord interne de la branche du pubis jusqu’è la symphyse, comme les anatomistes le croyaient. 11 fait voir que ce vaisseau se jette sur la partie antérieure de l’os à un pouce au-dessous
ié cette symphyse. Il observe (jue le muscle constricteur supérieur du vagin, s’étend souvent jusqu’à la,partie supérieure des branches du clitoris, circonstance que les anatomistes n’avaient pas notée. 11 mesure, ce qu’on n’avait pas fait avant lui pour tous les âges, la largeur de l’échancrure sous-pubienne.
U fait connaître, entre l’urètre et la symphyse du pubis, une couche de tissu érectile qui avait échappé aux anatomistes. Il résulte encore des recherches de l’auteur ce fait nouveau, qu’une sonde courbe introduite dhns l’urètre peut, en le déprimant, l’éloigner au moins d’un pouce de la symphyse du pubis.
Tous ces faits d’anatomie démontrent la possibilité d’attaquer la vessie entre l’imètre et la symphyse du pubis ; ainsi, par la méthode nouvelle de M, Lkfranc, le col de la vessie n’est point intéressé, et l’on évite l’ihcDutinence d’urine si commune à la suite des procédés ordinaires. Cette méthode pratiquée dans des circonstances où la litholritie était impossible, a été couronnée de succès.
5. Mémoire sur de nouvelles méthodes pour pratiquer V amputation dam les articulations du métatarse et du métacarpe avec les phalanges^ (Lu à l’Académie royale des sciences. Revue médicale. iSaS.)- , Après avoir indiqué, dans ce travail, ce qu’on n’avait point encore fait, la saUlie respective des extrémités antérieures des os du métatarse-, l’auteur indique cette anomalie anatomique nouvelle que, si l'a face plantaire et la face dorsale du pied se prolongent plus loin qu’à l’ordinaire sui' le second et le troisième orteils, les os métatarsiens correspondans sont plus longs.
Mettant à profit les lois de l’ostéogénie de M. Serres, il donne la preuve nouvelle qu’on peut, quand le mal l’exige, couper les os au-delà des anticulations sans besoin de se servir de scie, mais bien seulement d’un «outeait à amputation. Il serait inutile de signaler l’importance de ce ])rocédé opératoire.
, II décrit sa méthode par laquelle il enlève, en ne faisant qu’une seule
opéarsstioo «t qu’un seul lambeau, les cinqorteEs ou les qpatœ dernleïs doif^s, que les préceptes de l’art commandaient arant lui d’enlever les uns après lès autres. Ainsi, au pied, on faisait dix lambeaux, on décuplait la douleur, et Ton obtenait des cicatrices qui se déchuaient souvent et rendaient alors la marche difficile pour toujours, comme nous l’avons vu, à l’bôpital de la Bitié, sur un malade opéré en 1791 par Desault. Sur les malades, au contraire, qui ont été soumis en France et à l’étranger à la méthode de M. Lîsfranc, la guérison a été prompte et facile ; la cicatrice s’est parfaitement soutenue.
4. Mémoire sur un nouveau procédé pour Vamputation dès secondes et
troisièmes phalanges des doi^s. (Revue médicale, 1825.) L’auteur tire encore ici un parti très avantageux des lois de l’ostéogénie de M. Serres, pour couper les os sans le sècours cte la scie plus loin que les articulations, quand l’état pathologique le demande. Personne n’avait indiqué cè procédé.
Les chirurgiens n’avaient pas pensé, dans les cas où il était difficile de. reconnaître le siège dès articulations, i se dùâger par les rapports de distance qu’ont certains plis de la peau avec ces articulations. M. IdSjrime a appelé leur attention sur ce point important d’anatomie chirurgicale des tégumens. Il attaque les articulations des phalanges entr’elles par leur face palmaire, et il établit que les rainures transversales situées sur la peau vers ces articulations du côté' dè la paume de la main, ont avec elles des rapports de distance çonstàhs ; ainsi, dans les cas mèmès de tuméfaction la plus considérable, les Chirurgiens auront d’onc un guide certain pour pénétrer sans hésiter daiiS ccS Jointures, si difficiles è trouver.
Les plis indiqués par M. Lisfrànc dirigent tout aussi sûrement l’opê-^ rateùr, ^viand il commence son opération par la face dorsale du doigt.
5. Ménmire.swr des méthodes et. des procédés nouveaux pcpir pratiquer Vamputation dans ïarticulation scapulo-kumérale. (Lu à l’Académie royale dés sciences. Archives générales de médecine, iSaS.)
M. Lisfrànc a fait, chez l’adulte et chez l’enfant, l’anatomie chirurgi-
cale de l’articulation de l’épaule, dont on ne s’était pas encore occupé. ' Il a indiijué les variétés de la voûte acromio-claviculaire, les rapports de' distance de cette voûte avec la tête de l’humérus, rapports qu’il a démon- ' tré varier beaucoup, suivant que lés tendons, qui s’identifient aveo^la ' capsule articulaire, sont coupés dans une plus ou moins grande étendue;' et que cette capsulé est détachée de l’aeromion et de la clavicule. Il à ' montré des anomalies assez nombreuses de l’acromion, et a dit le premier ' que, chez les enfans, la tête de l’humérus déborde plus que chez lès ' adultes, l’acromion , la clavicule et l’apophyse coracoïde. La connais-' ■ sance de ce fait facilite beaucoup l’opération. -
L’auteur expose un procédé opératoire nouveau, basé sur les lois de l’ostéogénie de M. Serres. Il décrit ensuite sa nouvelle méthode opératoire, l’aide de laquelle, en trois ou quatre secondes, il désarticule l’os du bras, et obtient d’ailleims les mêmes lambeaux que par les méthodes généralement adoptées et beaucoup plus longues à exécuter.
6. Mémoire sur un nouveau procédé opératoire pour pratiquer tamputation dans ïarticulation coxo-fémortde. (Archives générales de médecine, 1825.)
. L’auteur indique des moyens nouveaux pour bien reconnaître,, ayant l’opération , le siège de l’articulation. Il a recours pour cela au système linéaire, que les chirurgiens n’avaient pas encore employé. Il fait connaître de nouvelles anomalies de la tête, du col du fémur et de la cavité cotyloïde, et démontre les applications qu’on peut faire de ces faits aux opérations, aux fractures et aux luxations de l’os. Il précise la distance inronnue qui existe entre le col du fémur et les artères crurale et profonde , d’oii naît la connaissance d’un moyen nouveau très sûr, pour se rendi'e maître du sang. Il décrit son procédé qui est beaucoup plus prompt que les autres, et qui fournit d’ailleurs les mêmes résultats que ceux k lambeaux latéraux, les plus généralement admis. 11 applique aussi à cette désarticulation les lois de l’ostéogénie de M. Serres.
rj. Mémoire mrles amputations partielles du pied. (Lu JiirAcadémic royale des sciëhces. Archives générales de médecine, i8a3.J) . . •:>
L’auteur a lait l’anatomie cliirurglcale 4e l’articidatlon tarso-mé tatarsienne, à laquelle on n’avait pas encore songé. Ce travail est essentiellement neuf; il en découle des faits pratiqués très importans. Les cavités osseuses et la direction de leurs parois sont décrites avec des connais|ances géométriques que les chirurgiens n’avaient point encore appliquées h l’anatomie des opérations, et sans lesquelles les descriptions du manue'l opératoire étaient impossibles.
M. Lisfranc a aussi fait connaître des ligaraens inter-osscüx, qui avaient échappé aux investigations des anatomistes. L’auteur, dont lé procédé opératoire a été admis par les chirurgiens nationaux et étrangers., a signalé beaucoup de variétés anatomiques de l^rticulation tarsométatarsienne.
Quand à l’amputation partielle du pied, par la méthode de Chopàrt , M. Lisfranc a établi aussi quelques données nouvelles pour la pratiquer plus sûrement et plus promptement. L’anatomie des enfans, que les chirurgiens ont négligée, a servi encore ici à des applications pratiques qui sont généralement adoptées.
8. Mémoire sur tangine laryngée œdémateuse. ( Lu à la Société de Médecine, 1833. Nouvelle Bibliothèque médicale, i8a3.)
L’angine laryngée oedémateuse était presque toujom-s mortelle ; M. Lisfranc a imaginé de scariBer la partie supérieure du larynx, que l’anatomie pathologique a démontrée oedémateuse. L’auteur a guéri, par ce moyen, plusieurs malades qui avaient épuisé toutes les ressources de l’art, et qui étaient voués è une asphyxie certaine.
g. J^ouoeUes considérations physiologiques et pathologiques sur la luette. (Lues è l’Académie royale de Médecine. Berne Médicale, i SaB.)
L’auteur a montré des anomalies nouvelles de la luette. Il a prouvé
que, quand cet organe est très mince, on n’y rencontre aucune trace de fibres musculaires, ce qui rend sa procHence essortidlement incurable, et nécessite de recourir à l’ablation.
M. Lisfranc a fait l’analomie comparée de la luette. Il a vu que cbez l’orang-outang roux, dont l’organisation ressemblei)eauco\ïp a la nôtre, il existe une luette presque complète ; que, chez le macaque-rhésus, déji très éloigné de l’espèce humaine., l’on en voit à peine quelques traces ; mais que, chez les animaiïx d’uné espèce inférieure tels que le cheval, le bœuf, le mouton, le chien, le cochon, le lapin , récureuil, le porc-épic et la souris, la nature semble avoir suppléé l’appendice musculo-membraneuse du voile du palais, .en prolongeant celiii-ci derrière l’orifice supérieur du larynx. D’après ces faits, et en exa,minant d’ailleurs la position delà luette, lorsque les mucosités nasales sont chassées dans le phai-ynx, l’auteur a étais l’opinion nouvelle, que la luette était destinée à empêcher, ces mucosités de tomber dans le larynx. Ce qui démontre surtout la justesse de cette opinion, c’est que beaucoup de malades, auxquels M. Lisfranc a retrànchë entièrement la luette, sont exposés è cette incommodité. .
L’auteur prouve aussi par des observations que la procidence de la luette peut donner lieu à des symptômes qui simulent des gastrites , des inflammations des voies aériennes. Si cet organe est retranché, le malade est guéri de ces prétendues maladies. Il modifie avantageusement le procédé opératoire le plus généralement admis pour enlever la luette.
ip. ^^yelles cpnsMrations .sursaignée dft bras. (Bibliothèque mé- , dicale, i8n3..), ■
‘M . Lisfranc signale une variétéremarquable dans les rapports de l’artère humérale ; il l’a vue couverte dans l’étendue de trois travers de doigts au-dessus de l’articulation du coude par, le faisceau musculaire superficiel et interne de l’avant-bras, quij par une anomalie singulière^, se prolongeait jusqu’è la hauteur que nous venons d’indjquer.
De Cette véritéhlen démontrée, que lès nerfs cutanés sontplusmom-
breuxati côl,é iiiteiu,e.clp rayaut-braa qu'au côté externe, M. a
co;iclu, contre l’opniiou dos autcui-s , qu’il pst préférable d’ouvrir,Itœ veines x-adialcs plutôt que les cubitales.
Le nerf niusculo-cutané ne se dégage d'entre le brachial .antérieur .qt le biceps qu’à la moitié de la hauteur du tendon de ce dernier musolje;; circonstance qui n’avait pas encore été uctéc, et ddii l’auteur a tiré le précepte, pour éviter la lésion dangereuse de ce nerf, d’ouvrir la veine .médiane céphalique au-dessus de la .moitié inferieure de ce tepdou.
11. Mémoire sur de nouvelles applications du. stéthoscope. (Août i SaA,
chez .Gabon.) ; i ( r
Tous les praticiens savent combien il est difficile, dans certains cas, de constater l’existence des-fractures par l'es moyens ordinaires. Les Mémoires de l’Académie de chirurgie en lourmssent la preuve. On sait aussi cojnbien les malades souffrent des manœuvres multipliées que les chirurgiens sont obligés de faire pour établir leur diagnostic. L’application du stéthoscope, en produisant beaucoup moins de douleur, dissipe facilement tous ces doutes. L’auteur, après avoir exposé les règles générales de l’emploi de cet instrument, appliqué aux fractures en général, passe à l’examen de chacune d’elles en particulier.
M. Lisfranc a tiré également un parti avantageux de Tusage du stéthoscope pour reconnaître les calculs de la vessie, les calculs biliaires, la tympanitc, l’hydarthrose et les corps étrangers dans les articulations. '
12. jin eademcontrà varias urethræ coarctationesmodela? 1824. (Thèse latine pour le concours de l’agrégatioji ; traduite en français, 1824, par MM. Vesigné et Ricard, chez Béchet jeune).
C’est encore à l’aide du système linéaire que l’auteur a indiqué d’une manière précise'la profondeur de la dernière courbure de l’urètre. Il à signalé des variétés anatomiques nouvelles, très importantes pqur le cathétérisme dans la région prostatique. ,1 ' '
L’auteur a suivi avec M. Serres la formation des organes génito-ni ir uaii'es et du canal alimentaire, chez l’embryon humain dans les premiers
nombre de points blanes et indurés ; 2" il présente seulement la couleur jaune serin ; 5° plus tard, il devient blanc, inffltré, et enfin arrive i sou organisation première. Les muscles se ramollissent graduellement, et reviennent lentement à leur couleur et à leur consistance naturelles. Ainsi que la nécropsie l’a encore prouvé, à mesure que le tissu cellulaire doit devenir lardacé, il passe pour y arriver par les intermédiaires que nous avons indiqués, en suivant une marche absolument inverse. Ces vues nouvelles n’avaient pas été énoncées.
M. Lisfranc a décrit une tumeur blanche particulière que les auteurs ont passé sous silence, nt qu’il n’a jamais pu guérir, quoique dans son principe surtout elle paraisse très bénigne. Il en a indiqué les signes et l’examen sur le cadavre a fait voir qu’elle était formée par un tissu qui a de l’analogie avec le tissu érectile, et qui contient dans son épaisseur un grand nombre de granulations blanches tuberculeuses.
14. Mémoire sur le squirrhe. (Archives générales de médecine, 1827).
M. Lisfranc, guidé par des notions nouvelles d’anatomie pathologique
sur la nature du squirrhe, à reproduit une idée des anciens qu’on avait généralement rejetée. Il a fait connaître que le scjiilrrhe existe tantôt avec inflammation, tantôt sam inflammation : U a associé, mieux qu’on ne l'avait fait avant lui, les antiphlogistiques aux excitans, et il en a obtenudesplus heureux résultats. On verra, dans le mémoire que nous venons de citer, qu’il a guéri un grand nombre de femmes sans enlever la tumeur avec l’instrument tranchant, comme on le conseille généralement. Ce mémoire renferme encore des faits de guérisons obtenues par la même méthode, lorsque le squirrhe s’était développé à la suite de l’ablation d’un cancer. ■.•!.■ 1
15. Mérnoire sur la tumeur et lafistule lacrymales^ guéries sans opéra¬
tion. (Rewieiaéàicsie, 1826).
Avicennes, Pott et Louis avaient guéri sans opération; mais leurs méthodes incomplètes étaient abandonnées. M. Lisfranc les amodlfiées, et.
ên &ïsSnt dé la eliiriiVglé médicale, trop négligée même de fios'-j ■ ■
sur! dix malades il en a préservé huit'de l’opération'. i,
M. Lisfranc a fait des recherches nouvelles, relatives' aux variétés anatomiques dü canal liasal.- r
16. Mémoire sur Vemploi du chloruré doxide de,calcium et de sodium dans le traitement des ulcères simples. (Revue médicale, 1826.)
L’auteur établit que la production des ulcères simples sur les jambes/ et l’inégalité de leur fréquence sur l’une et sur l’autre, tiennent à des causes anatomiques très différentes de celles qu’on avait imaginées avant lui. Il déduit de là des méthodes curatives nouvelles, dont l’efficacité a été démontrée par de nombreuses obsei-vations. Parmi ces méthodes, la plus importante est l’emploi du chloruré d’oxide de sodium ou de cal-* cium, dont il indique les degrés et le mode d’apiplication.,
17. Note sur l’usage du chlorure doxide de sodium contre les fistules.
(Revue médicale, 1826.)
On sait qu’il n’est pas possible de guérir par incision certaines fistules qui pénètrent très profondément dans l’épaisseur des membres. On démontre dans cette note qu’au défaut des moyens ordinaires, l’injection' du chlorure d’oxide de sodium dans ces trajets fistuleiix est un moyen puissant de guérison.
18. D'unnouvel usage du chlorure doxide de sodium contrelesbrûlures.
(Revue médicale, 1828).
19. Note sur la résection de la veine contre les ulcères rebelles. (Revue
médicale, 1827.)
Ce procédé de M. Lisfranc consiste à laisser couverts par la peau les endroits sur lesquels la veine est réséquée.
20. Mémoire sur les amputations pratiquées sur des tissus lardacés et non
s^rm'rrAeua?. (Revue médicale, 1826.)
31. Lisfranc a mis souvent sa méthode en usage ; il a ainsi prései-vé des
malades de mutilations qui auraient été très étendues par le sacrifice des tissus lardaeés, commandé par l’art.
21. Mémoire sur les règles générales des désarticulations. (Revue médi-
• cale, 1827.)
de travail manquait dans la science; il y a rempli une lacime. En généralisant les principes connus, en leur associant des principes nouveaux, M. Lisfranc â rendu les désarticulations beaucoup moins difficiles ; c’est notamment dans ce mémoire," comme dans celui des amputations partielles du pied, qu^M. Lisfranc a fait aux descriptions de médecine opératoire l’application du système linéaire, sans lequel les chirurgiens ne pouvaient que très imparfaitement décrire beaucoup de points du manuel opératoire.
22. Èègles générales sur la ligature des artères, leçons de M. Lisfranc. (Thèse soutenue à la Faculté de médecine de Paris, par M. TaxU.)
25. Mémoire sur les cancers superficiels' qu'on croyait profonds. (Lu â l’Académie royale des sciences, et publié dans les fascicules de l’Académie royale de médecine, année i855.).
AppUyé sur des faits d’anâtpmie pathologique nombreux, observés dans l’épaisseur des parois de l’estomac, de la poitrine et de l’abdomen, M. Lisfranc pensa que les cancers n’avaient pas toujours une profondeur en rapport avec leur ancienneté, leurs adhérences et leur volume ; il imagina de pénétrer dans leur épaisseur en les divisant couche par couche, comme s’il voulait mettre à découvert un sac herniaire. Il est parvenu ainsi à constater sur le vivant que des cancers très volumineux de la verge s’étaient arrêtés aux corps caverneux, qu’ils avaient laissés intacts. 11 les a disséqués et a conservé les organes chez des malades sur lesquels les préceptes de l’art commandaient avant lui de pratiquer l’ablation. Ces nouveaux principes ont aussi été appliqués par l’auteur aux cancers de la langue, du vagin, du rectum, etc., et les mêmes résultats ont été obtenus.
Cette méthode, quoique toute nouvelle encore, est déjà admise et réputée très avantageuse par les chirurgiens anglais. .
34- Mémoire sur Vexcision de la partie inférieure du rectum devenue carcinomateuse. (Lu à l’Académie royale des sciences. Gazette médicale, i85o.)
Cette opération, que l’autorité de Morgagni et de Desault avait fait proscrire de la chirurgie, a été pratiquée avec succès par l’auteur, d’après des procédés fondés sur de nouvelles recherches anatomiques, ayant pour objet de déterminer et les rapports et la structure de la région périnéale et du bassin. Les premiers succès ayant dépassé l’attente du chirurgien, l’opération a été exécutée heureusement sur des cancers s’élevant à plusieurs pouces dans l’intérieur du rectum. aS. Mémoire sur un nouveau procédé pour pratiquer la rhinoplastie, ou Vart de refaire le nez. (Lu à l’Académie royale des sciences, qui en a ordonné l’insertion dans les Mémoires des savans étrangers j le malade a été présenté guéri à cette société savante.)
36. Nouvelles considérations sur le traitement des abcès, sur la fluctuation, et sur les engorgemens qui environnent les fystés purulens. (Revue médicale, 1837.) •
M. Lisfranc indique quelques modifications à apporter dans l’ouverture de ces collections purulentes.
Il conseille, lorsque les kystes purulens résistent aux moyens ordinaires, de les inciser par petites parties , afin d’éviter de mettre en une seule fois à découvert une surface dénudée très étendue ; cette méthode lui a parfaitement réussi.