VI. CRITIQUE ET POLÉMIQUE RELIGIEUSES
CXXXVIII. Sur un ouvrage intitulé : « Réflexions sur quelques parties de notre législation civile , envisagée sous le rapport de la religion et de la morale, le mariage , le divorce , les enfants naturels, l'adoption, la puissance paternelle, etc. ; par Ambroise Rendu, avocat à la Cour royale de Paris, inspecteur général et conseiller ordinaire de l'Université royale de France. (1814).
Réimprimé dans le premier recueil des ■ Mélanges religieux et philosophiques » de l'auteur, 1819, aux pages 230-38.
CXXXIX. Sur un ouvrage intitulé : « De la nouvelle Église de France » (par le président Joly de Bévy). (1816).
Réimprimé dans le premier recueil des « Mélanges religieux et philosophiques » de l'auteur, 1819, aux pages 218-29.
CXL. Sur un ouvrage intitulé : « Principes sur la distinction
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du contrat ei du sacrement de mariage, sur le pouvoir d'opposer des empêchements dirimants , et sur le droit d'accorder des dispenses matrimoniales »> (de M. Tabaraud). (1816).
Réimprimé dans le premier recueil des « Mélanges religieux et philosophiques • de l'auteur, 1819, pages 273-98.
CXLI. Sur les « Vies des justes », de M. l'abbé Carron. (1818).
Réimprimé dans le premier recueil des « Mélanges religieux et philosophiques » de l'auteur, 1819, aux pages 3u>-75.
CXLII. A l'occasion de l'ouvrage intitulé : a la Manifestation de l'Esprit de vérité » (de M. Alexis Dumesnil). Paris , Flancher, 1819, in-8. — Article imprimé dans le t. II du « Conservateur ». pag. 258 et suiv.
Cet article, aujourd'hui si curieux, si décisif, et donl la présence seule eût peut-être arrêté lu plume et la main «le l'auteur, lorsqu'elles allaient se salir dans les . Paroles d'un croyant » parut dans la seizième livraison, et se trouve aux pages 2vi8 et suivantes du tome deuxième, dans la collection du ■< Conservateur. » Nous affirmons, car nous le savons de science certaine, que l'article signé seulement dé l'initiale F., est bien de l'abbé de La Mennais; nous le lui avons entends avouer à lui-même; el M. Rives, aujourd'hui conseiller à la Cour «le cassation, qui était à cette époque le secrétaire du comité de rédaction du journal, est là pour affirmer le l'ail, si l'abbé osait aujourd'hui ne pas le reconnaître (I).
A. -M. Madroi.lk.
Cet article est effectivement assez curieux pour ne pas nous borner à en donner simplement l'indication. Nous le reproduisons ici, afin qu'on puisse en comparer l'esprit avec celui des ■ Paroles d'un croyant ».
« La Manifestation de l'Esprit de vérité ■. Tel est le litre d'un écrit pu blté récemment, -ans nom de lieu, ni d'imprimeur, il .-e compose de diffé rentes parties intitulées « l'Esprit de vérité; — le trai Disciple; — le Mai Disciple à ses amis;— les Écritures; — le \rai Disciple aux nations chrétiennes; — l'accomplissement do L'Évangile; — l'Esprit «le vérité aux hommes frères; — l'Esprit de vérité aux politiques; — la Communauté; — l'Esprit enseigne un nouveau temps; chacun de ces discours est signé llexia Dumesnil ».
- M. Dumesnil enseigne une doctrine si étrange, qu'à moins d'une mission particulière, il serait difficile d'excuser le zèle qu'il met à la répandre ; aussi se déclare-t-il inspiré ». Après m'avoir ôté du monde, dit-il, l'Esprit m'a conduit dans toute la vérité, afin que je puisse appeler les hommes à leur enseigner ce que j'ai appris moi-même. Je dis ce que l'Esprit me révèle, el je ne dis pas autre chose ».
(i) Cet écrit a été réimprimé dans le premier recueil des n Mélanges gleux et philosophiques » de l'auteur, 1819, pa^. '168-72.
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c Or, 1 Esprit lui a révélé que « les riches et les grands sont en abomi^ nation devant Dieu »; que le Christ était pénétré d'une profonde horreur pour les riches et les prêtres; que la parole de Dieu, en abolissant l'esclavage, a anéanti le principe même de la propriété. Là où l'on peut se dire, ce champ est à moi, la terre m'appartient, l'homme n'est-il pas toujours l'ennemi de l'homme, son maître et son tyran? L'indépendance et l'égalité en sont bannies, et, par conséquent la justice. Il n'y a ni maître, ni pontife, ni ordonnances humaines, ni cérémonies pour le disciple de la vérité. Ne vous étonnez donc point de la/jrtùje quenianifeslent actuellement les peuples contre les mœurs et les institutions anciennes, puisque c'est l'effet même de la parole de vérité et l'accomplissement de l'Evangile. Peuples! ne craignez pas d'entendre toute la vérité; la vérité n'est-ce pas Dieu même? Ah! redoutez plutôt cet esprit d'erreur qui a fait les riches, et les puissants} et les prêtres, et qui mène à la suite le fanatisme et la servitude. Que sert d'attaquer un mensonge, quand tout est mensonge; un vice, quand tout est vice et corruption? Ce sont les riches et les superbes, c'est le sacerdoce, c'est la justice du monde, c'est le monde tout entier que l'éternelle vérité promet d'anéantir. Dieu a condamné le monde, et moi, je vous le montre où il est, dans vos lois, dans vos institutions. Toute richesse, toute puissance individuelle est contraire à la loi de Dieu. Gouverner, c'est détruire. Si vous demandez que les riches et les grands soient détruits, ils le seront.... » Alexis Dumesnil.
« Je me lasse de transcrire ces abominables folies. Il est bon cependant de montrer jusqu'où les esprits s'emportent, quand ils ont brisé leur frein, et qu'ils ne connaissent plus de règles hors d'eux-mêmes. Renversez l'autorité, aussitôt la raison s'éteint; il ne reste qu'un aveugle et sombre fanatisme. Les uns, en rejetant l'autorité divine, détruisent la Société et l'Homme même : les autres, sous prétexte de rejeter l'autorité humaine, anéantissent la Religion, et finissent par nier tout, même Dieu. Les doctrines les plus opposées en apparence se confondent dans leurs effets, elles s'allient pour dévaster, et marchent ensemble contre la vérité qui les repousse également. Ainsi la communauté des biens, ou l'abolition de la propriété, que Diderot cl Babeuf prêchaient au nom de l'athéisme, M. Dumesnil les réclame au nom de l'Évangile et de Jésus-Christ ».
« Et parce que cet homme est un insensé, il ne faut pas croire que ses maximes soient sans conséquences. D'autres insensés les répandent en Angleterre, où elles font des progrès parmi le peuple. Madame Krudner les sème en Allemagne; elles y germeront, qu'on n'en doute pas, et porteront un jour des fruits sanglants. Jamais on ne provoqua vainement les passions delà multitude >.
« Des fanatiques d'un autre genre se nourrissent d'idées semblables; elles inlluent sur les gouvernements même, elles deviennent une partie de leur politique. L'indifférence absolue des religions établies par les lois tend à détruire tout culte. Les principes démocratiques, introduits dans ces mêmes lois, tendent à détruire toute grandeur sociale. D'immenses confisrations ont ébranlé le droit de propriété; et, en favorisant à l'excès la division des terres, on prépare le moment où, appartenant à tout le monde.