VIII. M. DE LA MENNAIS JOURNALISTE
CLXVI. Avant 1830, M. F. de La Mennais a coopéré à beaucoup de journaux religieux et politiques, tels que le « Conservateur » dont il fut l'une des premières colonnes (1818); le « Défenseur », le « Drapeau blanc », le « Mémorial catholique », la « Quotidienne », tous journaux ultramontains et du droit divin. « Ses di- « vers articles ont tous été dictés par cette ardeur de zèle, et cette « supériorité de talent qui ne souffrent guère de comparaison : mais « il nous semble cependant que l'auteur a trop voulu , dans quel- « ques uns de ses écrits, combattre l'esprit démocratique par Tact ristocratie, l'incrédulité par l'intolérance, les horribles maximes « de la Révolution par les innovations qui ne seraient pas sans dan- « ger , les monstruosités enfin du dix-huitième siècle par les para- « doxes du quinzième. Il nous paraît aussi avoir trop confondu « Yautoritc en elle-même et prise dans sa source, laquelle très cer- « tainement vient de Dieu, créateur et conservateur de toute so- « ciété humaine, avec Y exercice de celte même autorité, que le « Très-Haut a incontestablement laissé à l'arbitrage des peuples, « aux différents gouvernements desquels (sauf l'anarchie et le des- « potisme, qui ne sont que la privation de tout ordre politique), « la religion catholique applique elle-même son sceau vivifiant et « divin dès qu'ils sont une fois établis » .
Ainsi s'exprimait, en 1824, un savant et respectable prêtre, compatriote du fameux abbé de La Mennais, l'abbé F.-G.-P.-B. Manet, auteur de la « Biographie des Malouins célèbres ». M. Manet n'avait point à s'occuper de son compatriote dès 182G, car alors il est à présumer qu'il «Mit été moins indulgent pour lui.
Il est vrai que M. l'abbé Manet met en note du passage que nous \.
nous de citer une opinion, eu laveur du droit divin, depuis longtemps repoussé par M. de La Mennais lui-même, mais n'en faisant pas néanmoins la censure du prêtre apostat qui, après s'être fait plus papiste que le Pape, a été plus tard plus sans-culotte que le voyou.
« Ce serait une grande erreur de penser que les monarchies constitutionnelles, plus que les monarchies absolues, reposent essentiellement sur le dogme absurde et impie de la souveraineté du peuple, et sur ce pacte mesquin et imaginaire qu'ont rêvé les philosophes du dix-huitième siècle. Les unes et les autres sont basées sur la loi éternelle de celui qui nous a fait dire par son apôtre (Rom., 13, v. 1, etc.) : « Qu'il n'y a point de puissance qui ne vienne de Dieu; que c'est lui qui a établi toutes celles qui sont sur terre; qu'ainsi, s'opposera ces puissances, c'est résister à l'ordre du Très-Haut même », qui les fait toutes parvenir au degré où elles sont, ou par sa volonté expresse lorsque les moyens d'y arriver sont légitimes, ou du moins par sa permission lorsqu'il y a quelque chose d'injuste et de vicieux dans ces moyens ; en un Biot, que le prince, dans sa haute magistrature, n'est pas le minisire du peuple, mais le ministre de Dieu, tant pour favoriser dans le bien, que pour exécuter sans vengeance eonlre ceux qui font mal.
Biogr. des Malouins célèbres, p. 246-47.
Dans les quatre journaux que nous avons cités, M. F. de La Mennais avait poursuivi, avec persévérance, la mission réformatrice qu'il s'était imposée, en faveur de l'unité catholique et de l'autorité papale.
Jusque là l'administration, bien que mécontente de la chaleur de sa controverse, avait bien voulu ne la considérer que comme spéculative. Mais lorsque, en 1823, il s'avisa d'attaquer, dans plusieurs articles insérés au Drapeau blanc, M. Frayssinous, grand-maître de l'Université, sur la plainte de celui-ci, ou du moins à sou instigation, les tribunaux s'en mêlèrent.Ce premier procès de l'auteur de « l'Essai sur l'indifférence » émut vivement ia curiosité publique. On s'évertuait en conjectures sur la manière dont le ministère pourrait s'y prendre pour faire justice au corps universitaire, sans attaquer directement un homme du talent, du caractère et du rang de l'abbé de La Mennais. L'on n'était pas moins inquiet de savoir quelle serait l'attitude de ce fameux accusé, surtout depuis que paraissant relever avec fierté le gant que lui jetait son puissant adversaire, il avait écrit ces mots : eh bien ! l'on verra ce que c'est qu'un prêtre ! Cependant l'attente publique fut doublement trompée, et M. de La Mennais , profitant du bénéfice de la législation qui admet des éditeurs responsables, laissa tomber l'arrêt du tribunal sur le sieur Pessou de la Maison-Neuve , éditeur du « Drapeau blanc », qui se défendait pourtant d'une manière assez péremploire en alléguant que l'article incriminé était signé en toutes lettres du nom de l'auteur. A la vérité la peine encourue par cet éditeur se borna à quinze jours de prison et à cent cinquante francs d'amende. Pour cette amende , quelque légère qu'elle fût, le peu intéressé M. de La Mennais, n'en persista pas moins à se soustraire, aux dépens d'un autre, aux conséquences de ses hardies manifestations. Dans l'article qui motiva cette condamnation, on lisait entre autres passages qui semblaient empreints de l'exagération la plus violente, les lignes mensongères que voici:
:>6 l.A MENNAIS
« Il existe en France des maisons soumises, d'une manière plqsou moins dï- « reetc, à l'Université, et où les enfants sont élevés dans l'athéisme pratique ■< et dans la haine du Christianisme : dans un de ces horribles repaires du « vice et de l'irréligion, on a vu trente élèves aller ensemble à la tablesainle, « garder l'hostie consacrée, et en cacheter leslettres qu'ils écrivaient à leurs « parents ». On y lisait encore qu'une « race impie, dépravée, révolution- « naire, se forme sous l'influence de l'Université ». Malgré l'issue du procès dont nous venons de parler, M. de La Mennais n'échappa point complètement aux effets du ressentiment qu'il avait provoqué, et il fut frappé dans la personne d'un frère qu'il aime tendrement. Ce dernier, M. J.-M. de La Mennais, alors vicaire de la Grande-Aumônerie, fut destitué à celte occasion (1). Quoi qu'il en soit, Rome gardait à l'éloquent défenseur de l'unité catholique et de l'autorité papale de flatteurs dédommagements ; en effet, dans un voyage qu'il fit l'année suivante (1824) , à la capitale du monde chrétien, il fut accueilli et fêté comme aurait pu l'être un homme de la première distinction dans la hiérarchie. On a été jusqu'à dire que le Pape lui offrit le chapeau de cardinal, qu'il ne put lui faire accepter, et cet exemple d'une grandeur d'àme toute chrétienne ne surprit pas ceux qui se souvinrent que sous le ministère de M. Decazes, M. l'abbé de La Mennais avait déjà refusé un évêché! Qui connaît l'orgueil, l'ambition démesurée et l'intérêt de ce prêtre, ne croira point à cette assertion. Il est pourtant vrai, qu'après la soumission apparente de M. de La Mennais au Saint- Siège, en 1833, « le généreux, le confiant archevêque de Paris était allé jusqu'à offrir au prêtre renouvelé des lettres de grand-vicaire , qu'il refusa. L'infidèle avait déjà dit dans son cœur : Il n'y a point de prêtre! On a dit aussi « qu'en 1823, il avait été sur le point d'être nommé député par un arrondissement dans la province de Bretagne; mais nous garantissons d'autant moins l'authenticité du fait, que les conditions du cens et de l'âge, qui manquaient à M. de La Mennais, le rendent peu vraisemblable ». Disons pourtant encore pour combattre l'une de ces deux dernières assertions que M. de La Mennais est né en 1782; qu'en 1S23 il avait quarante-un ans, et qu'à cette époque il avait largement l'âge d'éligibilité.
« M. de La Mennais a successivement écrit dans tous les journaux de- « puis 1814. Après 1830, il en a fondé, acquis, vendu et fondé de nouveau « plusieurs : c'est de là qu'est venue sa renommée, et même sa ruine ».
Après 1830, le prêtre ultramontain ayant ajouté une seconde qualité à la première, celle de démagogue, non seulement ne se borna f>lus à écrire dans les journaux religieux, mais il écrivit encore dans les journaux
(î) « L'abbé de La Mennais n'a jamais accepté ni demandé aucune fonction i du Gouvernement. L'indépendance est la compagne du génie » (Biographie de l'abbé de La Mennais, par l'abbé Gerbel). — Les apôtres du désintéressement du clergé et de lu séparation de l'Église et de l'Éiat, devaient donner, ce semble, une meilleure raison que celle-là. Quoi qu'il en soit, le frère Félix était parvenu à introduire le frère J^an à la Grande-Aumônerie ; el telle fut un moment la puissance de la coterie, que le directeur de la police lui-même venait à bout d'empêcher l'impression d'un ouvrage de l'abbé Baston contre elle.
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profanes et mê révolutionnaires. Il fonda, en 1830, le journal ■ l'A-
venir • [16 octobre 1830, 3 aovembre i*"! . dont les doctrines subversives furent attaquées par ions les amis de nos libertés gallicanes.
Seize propositions «les articles de ce journal <>ni été censurées par les aulorilés ecclésiastiques el confirmées par le Saint-Siège. La plupart des articles 00 ces propositions sont contenues ont été rassemblées dans les
• Mélanges catboliqoes • (Paris, i s-, i , •> roi. in-8). Il faut pourtant observer que certains articles de - l'Avenir • que l'autorité ecclésiastique a cru dignes de censure, ou ne se trouvent pas dans <■•• recueil, ou y ont été essentiellement altérés, quoique son litre annonce des extraits de « l'Avenir », et que les éditeurs déclarent dans la préface, que c'est « la > e « qn'ilsont fait, qu'ils ne le cachent à personne ; qu'on n'aura pas de p
. de chercher ça et la leurs pensées pour les leur reprocher •. (censure, page iv.)
lui 1833, il écrivit dans la « Revue catholique »; de ,s il
fournit à la « Revue dis Deux-Mondes • quelques articles de politique, et surtout les premiers fragments de ses ■ Paroles d'un croyant », détestable et dangereux ouvrage qui lui valut (le la part des critiques modérés, le nom de Condorcel ecclésiastique. Du tu lévrier au i juin 1837, il fournit des articles au journal • If Monde ». Il prit aussi part à la rédaction d'un recueil fondé par l'un dis hommes qui a le plus mis la France en péril, par ses dangereuses utopies, M. Louis Blanc, la « Revue du progrès politique, social et littéraire » (pf juin 1839). Kntin, lorsqu'après avoir jeté le froc aux orties, notre abbé eut pr is le parti
• If se taire l'apôtre de la démagogie la mieui prononcée, il fonda ce qu'il a intitulé, sataniquement, ■ le Peuple constituant » (18
M. de La Mennais n'est pas homme a laisser une page se per lie dan> un recueil soit religieux ou politique. Il sait qu'avec d on fait des
feuilles, et avec dts reuilles des volâmes, qu'nné classe de lecteurs achète. Or, il faut ipi'on le sache, M. de la Mennais est son propre marchand ; les libraires ne -ont que ses commis, sauf pour « l'Imitation de J< Christ » dont il a aliéné la propriété pour six an-: BUSSi est-on sûr de trouver reproduit dans l'un ou l'autre des trois volumes de ses » Mélanges », dans les ■ Mélanges Catholiques » et dans plusieurs autres petits recueils à l'usage de ce bon peuple qu'il aime tant, parce qu'il achète ses anarchiques rêveries, tous les articles qui ont été publiés dans les journaux , depuis et y compris le « Conservateur » jusqu'au « Peuple constituant », distance énorme!
Nos lecteurs ne liront pas sans intérêt les adieux qu'à deux époques différentes le prêtre journaliste a adn • ah tés, les premiers,
comme ultramontain, renfermant un appel aux catholiques h la révolte, et les derniers, comme démagogue en surplis, un autre appel à l'écume de la société française contre le Gouvernement accepté par les gens bon- Détes.
Suspension de < l'Avenir % 15 novembre 1831. N° 28.
■ Les catholiques ont commencé, depuis un an, un grand combat, qui linira s'ils persévèrent, par le plus beau triomphp qui ait jamais été accorde
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à des efforts humains. Le monde leur devra la liberté, non pas celle liberté menteuse et destructive qu'on suit à la trace du sang, et qui, après d'horribles dévastations, aboutit à planter un sabre sur des ruines ; mais une liberté réelle, fondée sur le respect des droits, inséparable de l'ordre , pure comme le ciel où elle recevra son dernier développement, sainte comme Dieu, qui en a gravé l'ineffaçable désir dans le cœur de l'Homme. Alors, et alors seulement, le Christianisme, dégagé des nuages qui le voilent, apparaîtra de nouveau à l'horizon de la Société comme l'astre qui l'éclairé, l'échauffé, la vivifie, et les peuples, tournant vers lui leurs regards, accompagneront sa course magnifique de leurs chants de joie et des hymnes sans cesse renaissants de leur amour. Car il ne faut pas s'y méprendre, si la foi languit, si la Religion n'inspire à plusieurs qu'un superbe dédain ou une pitié amère, c'est que là où les gouvernements la tiennent sous leur dépendance, elle a perdu dans la servitude son caractère natif de grandeur et tout ensemble cette fécondité qui, s'épanchant eu bienfaits inépuisables, suivait, en quelque sorte, dans leurs plus secrètes voies, nos misères pour les réparer ; c'est qu'impuissante à défendre les droits que Jésus-Christ a rendus aux fils d'Adam dégénérés, au lieu de rétablir sur leur front le sceau divin, elle semble elle-même, sous les fer qui la dégradent, porter l'empreinte de leur faiblesse et de leur caducité. En la voyant telle qu'ils l'ont faite, ou telle qu'ils ont souffert qu'on la fi t les hommes ont rougi de cette œuvre de l'Homme.
« Mais que les catholiques ne l'oublient point, ce n'est pas en un jour qu'ils briseront ces vieilles chaînes. Partout la puissance humaine les serre convulsivement dans sa main, persuadée qu'elle ne peut vivre, si la pensée, si la conscience est libre. Mais cette main se lassera, déjà ses forces s'épuisent; et c'est pourquoi le pouvoir, pressentant la fin de son in. solente domination sur ce qui n'a pas été soumis à son empire, tend, si l'on peut dire, tous ses muscles pour retenir ce qui lui échappe, et perpétuer sa tyrannie par un effort désespéré. De là ce qui se passe en France. Le ministère travaille à réaliser de fait la Constitution civile du clergé, en s'y substituant à la place du peuple dans la nomination des évêques et des curés. Il cherche à s'e.mparer de l'administration temporelle des séminaires, en attendant qu'il envahisse l'administration spirituelle, par le choix qu'il s'attribuera des directeurs et des professeurs. El il ne s'arrêtera pas là : M. de Montalivet, dans son ivresse de despotisme, ne se croit-il pas autorisé à désigner les livres de religion dont on devra faire usage dans les écoles primaires du monopole! Il s'est mis dans la tête qu'en France tous les enfants lui appartenaient, que c'est à lui, à lui seul de régler leur foi, de former leur intelligence, afin de les rendre à la patrie purs de toute superstition , et l'on sait ce que ce mot signifie dans sa bouche. Les mômes précautions, n'en doutez pas, seront prises pour tous les degrés de l'enseignement. On remontera jusqu'aux évêques ; car il faut aller jusqu'à etlx pour en finir avec la superstition. Déjà dépouillés du droit de nommer des vicaires-généraux, des chanoines, des curés qui aient leur confiance, on essaiera de leur dicter leurs mandements, leurs circulaires, leurs lettres pastorales. Esclaves jusque flans l'intérieur même de leurs
I V MENNA1S
■ s for< • i .1 lorsqu on le in uvera bon i les désert i poui place ;i des schismatiqoes ; et puis après te aillées par mesai
police, on leur dira froidement Rentres, noos vous le pei mêlions. Le imnlstre preeerira jusqu'aui détails du culte; on priera, ou l'on ne pi
telle beore m I letta autre heure, aeioa qu'il lui plaira de l'ordon- ■er. Que sals-Je, enfin I et Je ae dis paa ee qui aéra . |e nia ee qui est, jt
'■ iteeequelal i sens les jeux, ce qui soulève d'indignation qui-
cooque .1 ■■ eoni d*hoanaae. Non, non, les estboliques n'accepteront pas le joii;; Infime qu'on lente dé leur imposer; il- broieront cette tjrsssde, el dans -.1 poussière ils planteroni là liberté qui sera leur -aiut et le -uim <iu monde. Trop longtemps ils so sont o arbéa sons ta rerge de i<-iu- op-
eura, trop lonsjtcmpa il- ont dormi «lu sommeil de t'eacuss:que leur réveil marque dans t'Hiatoire une époque au-^i gtorieu* que le H -
: • leurs tyrans esi exécrable <•! Bétrisssnt pour t'humnnilé. Lorsque leur vola aardip, pulsaante, b'i mme la tempête qui frappe les
créuesui d'une antique prison, elle | ent les riens h
ros chrétiens ; et dsns m tombe oè II le travnua
eouabats, leurs ossements s'agiteront.
Il non- (jui dfsOOS Ced, nous <] 11 i appelons i. ;,• toute lu for< >
de notre amour pour la i>ius sainte des 1 1 e <!<• ce qui lem
.•si, comme a nuis, pias cbei mille lois que la rie, est-ce donc que nous délaUaerionscetie 1 au Mes nous préserve d'une t> n<- 1
Si nous nous retirons un moment, ce n'est point pu lassitud moins |i:ir 1 pour aller, comme autrefois lesaoldata
d'Israël, e»tuuii( I). Ou s aala en doute notre fol el
Intentions mêmes, car, en ce temps ci, quen'sttaquc t-on point] Nous (initions un instant le 1 hamp de bataille, pour remplir un autre devoii 1 ment pressant. Le béton du voyageur a U main, nous noua acheminerons vis la chaire éternelle ; et la, prosternés au pieds dn pontife que fi
Christ , préposé pOUI u'iii.le .1 pour inalti. .1 SOS disciples, nous lui «li
rons 0 i"T«' , daignes absisseï vos regards soi quelques uns d'entre les derniers de vos enfants qu'on accuse d'être rebelles a votre Infaillible ei douce nutorilé bas voitt devant vous , tissa dans leur âme, il ne s"j b rirn qu'Us veuillent cacher; si une de leurs pensées, ane seule ii>'s vôtres, ii- la désavouent, ils l'abjurent Vous êtes la règle de leurs doctrines ; Jamais, non jamais ils n'en i onnurent d'ami. • <> père, prononces sur eui la parole <iui donne la rie, parce qu'elle donne la lumière, et que votre m. un s'étende puni bénir leur obéissance et leur amour •. Quantau «Peuple constituant '. n ni, portant la date du 11 Juillet omme on !«■ sait, qui portail un cadre noir I la première page, rraisemblabiem* ni en signe de deuil de la démagogie, voici deux articies qu'on lit à la première coloame:
(1) En termes moins poétiques cl plus \rais, M. de La Hffltnah M sauvait pour éviter une prise dé corps, comme spéculateor malbeureux. Voy. la iu>tc pagi '1 ■ •
(il! LA M h:\N.\l S
Avis. — « Lo cautionnement imposé aux journaux ne nous permettant pas de continuer le nôtre, nous prévenons nos abonnés, qu'à partir de ce jour ils recevront le journal « la Réforme » à la place du « Peuple Constituant », suspendu forcément. Que nos lecteurs reçoivent avec nos fraternels adieux, l'expression de notre reconnaissance. Leurs sympathies nous ont soutenu, encouragé dans la tâche, souvent difficile et rude, que nous nous étions imposée. Puissent-ils nous rendre ce témoignage, que nous n'avons point failli à nos devoirs ! Maintenant nous sommes dans les jours mauvais: il en viendra de meilleurs. Désespérer de la France serait un sacrilège ».
Paris, 10 juillet. — Le « Peuple Constituant » a commencé avec la République, il finit avec la République. Car ce que nous voyons , ce n'est pas, certes, la République, ce n'est même rien qui ait un nom : Paris est en état de siège, livré au pouvoir militaire livré lui-même à une faction qui en a fait son instrument ; les cachots et les forts de Louis-Philippe encombrés de 14,000 prisonniers, à la suite d'une affreuse boucherie organisée par des conspirateurs dynastiques devenus, le lendemain, tout puissants; des transportions sans jugement, des proscriptions telles que 95 n'en fournit pas d'exemple ; des iois attentatoires au droit de réunion, détruit de fait; l'esclavage et la ruine de la presse, par l'application monstrueuse de la législation monarchique remise en vigueur; la garde nationale désarmée en partie; le peuple décimé et refoulé dans sa misère, plus profonde qu'elle ne le fut jamais : non , encore une fois, non, certes, ce n'est pas là la République; mais, autour de sa tombe sanglante, les saturnales de la réaction ».
« Les hommes qui se sont faits ses ministres, ses serviteurs dévoués, ne tarderont pas à recueillir la récompense qu'elle leur destine et qu'ils n'ont que trop méritée. Chassés avec mépris, courbés sous la honte, maudits dans le présent, maudits dans l'avenir, ils s'en iront rejoindre les traîtres de tous les siècles dans le charnier où pourrissent les âmes cadavéreuses, les consciences mortes » .
« Mais que les factieux ne se flattent pas non plus d'échapper à la Justice inexorable qui pèse les œuvres et compte les temps. Leur triomphe sera court. Le passé qu'ils veulent rétablir est désormais impossible. A la place de la royauté, qui, à peine debout, retomberait d'elle-même sur au sol qui refuse de la porter, ils ne parviendront à constituer que l'anarchie, un désordre profond, dans lequel aucune nation ne peut vivre, et de peu de durée dès lors. En vain, ils essaieraient de,lc prolonger par la force. Toute force est faible contre le droit, plus faible encore contre le besoin d'être. Cette force, d'ailleurs, où la trouveraient-ils? Dans l'armée? L'armée de la France sera toujours du côté de la France ».
• Quant à nous, soldats de la presse, dévoués à la défense des libertés de la patrie, on nous traite comme le peuple, on nous désarme. Depuis quelque temps, noire feuille, enlevée des mains des porteurs, était déchirée, brûlée sur la voie publique. Un de nos vendeurs a même été emprisonné k Rouen, et le journal saisi sans aucune formalité. L'intention était claire; on voulait à tout prix nous réduire au silence. On y a réussi par le eau-
I \ Ml NNAIS
i KMiiii-iiicii i. il Faut aujourd'hui de l'or, beaucoup d'or, pour jouir da droit de parler nous ae sommes i>a-> assez riche. Silence au pauvre! »
La Mi emais
Tant de liel entre-t-il dans l'aine des dévots!
Ajoutons, pour en finir avec la carrière de journaliste de M. F. de La Mennais, qu'après avoll ïemé le désordre et l'anarchie dans le « Peuple Constituant •, il est aile mourir ignominieusement dans le plus plat libelle de ces temps, dans « la Réforme -, dans un nouveau journal Intitulé « la Révolution démocratique >'i sociale - [novembre 1848) et dans divers Aimauacbs démocratiques el socialistes!!!