NOTICE CXXVII
Parlement de Bordeaux, composée pour un tiers de conseillers protestants, recevait du roi l'ordre de cesser tout exercice. La chambre de justice projetée par Michel de l'Hospital était aux portes de la ville.
Sous les plus heureux auspices, Montaigne arrivait donc aux fonctions de maire. Son crédit allait croître encore.
Les amitiés qui devaient se former entre lui et les membres les plus tnarquants de la chambre de justice, de Thou ' et Loysel, ajoutèrent à sa considération. L'autorité du maire se doubla en lui de l'influence d'un personnage politique. Quand vint l'heure des reprises d'hostilités, il fut par les deux partis prié de servir d'arbitre.
La session de la chambre de justice dura sept mois et prit fin le 23 août l'jSs. Loysel, dans un discours de clôture qui est un brillant et vrai tableau de Bordeaux, fit l'éloge des jurisconsultes et des magistrats de la province. Les morts ne furent pas oubliés, et Montaigne eut le vif orgueil d'entendre citer son nom à côté de celui de La Boétie, avec ceux des Ranconnet, des Lachassaigne, Ferron, Caries, Malvin et de Pontac^.
1. Le sévère historien, qui reconnaît avoir tiré bien des lumières de Montaigne, en a porté ce jugement : « Homme franc, ennemi de toute contrainte, n'étant entré dans aucune cabale, d'ailleurs fort instruit de nos aifaires, principalement de celles de la Guyenne qu'il connaissait à fond. » Mémoires, XI, 44.
2. Cette harangue, publiée d'abord in-4'' en 1584, fut dédiée par Loysel à Montaigne, maire et l'un des premiers magistrats de Bordeaux, « l'un des principaux ornements non seulement de la Guyenne