NOTICE CXLIII
uns, établirent promptement entre le grand écrivain et son admiratrice une intimité profonde. Montaigne, invité à Gournay ', chez M""' de Gournay mère, y fit plusieurs séjours et Marie de Gournay, dans un livret écrit pour conserver de si précieux souvenirs, le Proumenoir de Montaigne, a révélé le sujet de ses causeries avec le philosophe périgourdin. « Vous entendez bien, mon père, dit-elle, que ie nomme cecy votre proumenoir parcequ'en nous promenant enfemble il n'y a que trois jours, ie vous contay l'hiftoire qui fuit', comme mife h propos par la leblure que nous venions de
graphe « 500 efcus à Léonor, la fœur de feu Montagne, fa commère, & il inftitua le S' Camain confeiller au Parlement de Bordeaux, mari de la dite dame, fon héritier vnique & vniuerfel. »
Charron n'avait pas que sa dialectique pour plaire à Montaigne, c'était en outre un excellent commensal. « Il eftoit de médiocre taille, affez gras & replet, il auoit le vifage toufiours riant &; gay & l'humeur iouiale, le front grand & large, le nez droit & vn peu gros par le bas, les yeux de couleur perfe ou celelle, le teinct fort rouge & fanguin & les cheueux & la barbe tout blancs. Il auoit toufiours vne contenance ioyeufe & nullement trille, l'action belle, la voix forte, bien intelligible (Se le langage noble, nerveux & hardy. » De Roche Maillet, Sommaire cité.
2" Sur Marie de Gournay, voir Tallemant, éd. in-8°, Techener, 1854, II, 344; Jal, Dictionnaire critique; Feugère, Femmes poètes^ et Bonnefon, Montaigne et ses Amis, II, 544. L'article de Jal permet de fixer du 6 octobre 1566 au 15 juillet 1645, la naissance et la mort de la fille adoptive de Montaigne.
1. Près Compiègne. Il ne reste plus de l'ancien château qu'une partie transformée en communs. Une magnifique allée de tilleuls y conduit. Le parc paraît être demeuré intact.
2. Il s'agit du récit d'Olinda, nouvelle sentimentale, premier essai en prose de Marie de Gournay reproduit dans l'Ombre et les Advis. 1626 et 165 ).