‹ Notice biographique et bibliographique sur Michel de MontaigneChapitre 14 sur 140 · NOTICE XXV · texte numérisé non relu

NOTICE XXV

auditeur à lui une sorte de familiarité que l'étude d'un texte plus sévère n'eût certainement pas favorisée, l'intimité des leçons, enfin un penchant commun à la liberté des idées et à la crudité du langage, tout contribua dans l'enseignement de Muret à faire de Montaigne un humaniste quelque peu licencieux dans ses propos. A cet égard, l'influence de Muret semble indéniable, surtout si l'on se rappelle les remontrances que lui adressait d'Italie son éditeur Paul Manuce : « Non seulement mon caractère, mais mon âge m'interdisent les badinages et les jeux de l'amour; je suis plus voisin de la vieillesse que de la jeunesse. Écartez donc je vous prie, dans les lettres que vous m'adresserez, les plaisanteries erotiques^. »

// sujfit au reste de lire les Juvenilia de Muret et son commentaire des Amours de Ronsard, pour se former une opinion des libertés de langage qui lui étaient habituelles. De ce côté, Montaigne a certainement subi l'autorité de l'exemple du maître. Mais on en chercherait vainement la trace dans la conscience du futur auteur des Essais. Son dernier guide n'a pu pénétrer en ce for intérieur.

Muret professa au Collège de Guyenne de la fin de i y^/ au commencement de i^ji. A cette époque il vint à Paris où le suivit sa réputation et où il retrouva les amis qu'il s'était faits à Poitiers, notamment le poète du Bellay. Il fut bien accueilli de Ronsard qui, peur lui témoigner sa gratitude

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