‹ Notice biographique et bibliographique sur Michel de MontaigneChapitre 59 sur 140 · NOTICE LXXIX · texte numérisé non relu

NOTICE LXXIX

Castaigne, îiotaire et tabellion royal en lu ville et cité de Bordeaux, constituait Michel seigneur de Montaigrie. Moins de huit jours après, en fils avisé et respectueux, il prit soin de régler, par devant un même officier public, les reprises matrimoniales et le mode d'existence d' Antoinette de Louppes au château '. Tout est prévu. La surintendance delà douairière « ne pourra être qu'honoraire et maternelle, tant que lefdits damoifelle ù" Jieur de Montaigne s'accorderont de viure enfemble. Ladiâle damoifelle fera nourrie auec tout honneur, refpe£i ù' feruice filial. » Elle aura deux chambrières et un serviteur. Mais le commandement et maîtrise du château, de ses préclôtures, de ses entrées et issues demeurent entièrement au sieur de Montaigne. En cas de rupture de la vie commune, il est stipulé au gré de la mère un dédit de quatre cents livres par an. Enfin pour la cotutelle des deux dernières filles de Pierre de Montaigne, Léonor et Marie', la prévision et l'arbitrage des difficultés, s'il en survenait, devront être déférés au président de Belcier et a conseiller de Villeneuve, ce dernier proche d'Antoinette de Louppes '.

1. A l'extrémité du corps de bâtiment dont l'entrée est commandée par la tour de la Librairie, il s'en dresse une autre moins importante, dite tour de Madame, avec une salle au rez-de-chaussée et une chambre à coucher au premier étage. Peut-être était-ce là le logis particulier de la mère de Montaigne?

2. Elles avaient alors la première, seize, et la seconde, quatorze ans.

3. Une particularité à rapprocher de toutes les transactions qui précédent, puisqu'elle a fait l'objet d'un constat notarié, montrera combien Montaigne était régulier en affaires. Après la mort d'Ar-

A ce moment de sa vie Montaigne ?ie parait plus former que deux souhaits : résigner sa charge où ne le retiennent plus ni l'affection de La Boétie, ni l'orgueil paternel, et publier les œuvres de son ami, préparées depuis longtemps pour l'impression. Il mène de front ces deux projets et les réalise presque en même temps. H traite de son siège de conseiller au parlement de Bordeaux, en i j/o, avec M' François de Nort, docteur en Théologie, chanoine de Saint-Seurin, fondé de pouvoir de M' Florimond Raymond, et des lettres de provision sont données par le roi le jj juillet de la même année à Saint-Germain en Laye, pour l'office de conseiller vacant par la résignation qu'en a faite M* Michel de Montaigne en faveur de M'^ FlorimontK

naud, arrivée au commencement de 1569, des suites d'un coup d'esteuf à la tempe droite au jeu de paume, Michel trouva dans un coffret de sa femme une large chaîne d'or que son malheureux frère avait laissée. 11 parla à Antoinette de Louppes de cette parure, jadis offerte par elle à son fils. Elle en revendiqua la propriété qui lui fut rendue dans une sorte de conseil de famille où les deux seigneurs de Beauregard et de la Brousse furent appelés à donner leur consentement. Malvezin, ouv. cit., pp. 295 et s.

I. Fils de Robert Raymond, conseiller en la cour présidiale de la sénéchaussée d'Agénois. C'était un ami de Pierre de Brach, intime de la famille de Caudale chez laquelle Montaigne avait beaucoup de crédit puisqu'il y fit décider le mariage de Diane de Foix avec sou cousin, le comte de Gurson. Sur Frédéric de Foix, père de Diane, voir les Mémoires de Condé, 1743, t. V, pp. 170 et 177.

Les poésies de Pierre de Brach sont dédiées à Diane de l'oix et on y trouve en l'honneur de la même demoiselle, sous le titre de Mascarade du Triomphe de Diane, un divertissement théâtral dans lequel les amies de la reine de la fête. M""' Marie de Villeneuve, Sylvie de Carie et Jeanne de Pontac jouent le rôle de dames d'atours.

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Da?is le même temps le nouveau châtelain de Montaigne recherche pour les diverses parties du recueil des œuvres jrançaises et latines de La Boétie les parrains les plus illustres : le vieux Lansac, tour à tour ambassadeur et chef d'escadre, Henri de Mesmes et Paul de Faix, anciens condisciples de l'université de Toulouse, le premier, conseiller privé du roi^ le second, représentant de la France à Venise, le chancelier de l'Hospital, le rédacteur des ordonnances de Mouliîis, puissant encore tnais proche d'une chute encourue à faire le bien. Sous ces noms illustres se Usent des épîtres dédicatoires appropriées avec une rare franchise au caractère et au rang de chaque personnage. En tête du livre, après la lettre à Saint-Gelais Lansac, l'éditeur a écrit un avertissement au lecteur pour l'informer qu'il ne trouvera dans les œuvres offertes à son admiration ni le discours de la Servitude volontaire, ni les méfnoires des troubles sur ledit de janvier ij6j^. Il veut placer La Boétie à une hauteur sereine où sa mémoire ne puisse pas être troublée par le «grossier et pesant air d'une si malplaisante saison. » La date de cet avertissement est du jo août zj/o. Pour les protestants et pour les catholiques, Biron et de Mesmes

I. Ces mémoires ont été perdus; mais la Servitude volontaire a. paru partiellement dans le Reveille matin des Français (Dialogue second, pp. 182-190), et intégralement dans le troisième volume des Mémoires de l'EJlat de France fous Charles IX, de Simon Goulard. Meidelbourg, 1578, pp. 1 16-159. Pour de plus précis détails, voir Œuvres de La Boétie, édition Bonnefon, Bordeaux, 1892, pp. xxxvi et 402.

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