‹ Notice biographique et bibliographique sur Michel de MontaigneChapitre 65 sur 140 · IV · texte numérisé non relu

IV

I. C'est Philinte qui parle à Alceste le langage de saint Paul

La par/aile rahon fuit loule exlrèmite Et veut que l'vn ioit save avec iobriétc.

NOTICE LXXXVIt

Michel de l'Hospital a fourni une cruelle remarque :

N'ostra vag.uur In teiiebris, nec cœca potest mens cernere verum.

// reste à citer encore, de Pline le naturaliste, une observation :

Solum certum nihil esse certi et liominc nihil miserius et superbius.

Le lecteur n'attend pas de nous une énumîration complète des sentences inscrites sur les solives de la librairie. Un pareil travail excéderait le cadre de cette notice et en apprendrait moins qu un petit nombre de citations heureusement choisies'.

Montaigne a traduit dans son Apologie la plupart des maximes qu'il pouvait lire au-dessus de sa tête et qui constituaient pour lui un mémento autorisé de la faiblesse et de la vanité humaines.

En outre des inscriptions tracées au pinceau sur les solives, il en existait sur la frise de la bibliothèque une à la mémoire de La Boétie que le chanoine Prunis a relevée en lyyo, quand il découvrit dans un amas de papiers déposés au fond d'une malle le ?nanuscrit du voyage en Italie. Le texte de cet ex voto à l'amitié est conçu en termes telle-

I. Les curieux de plus complets détails se reporteront avec grand profit à la lettre de MM. Galy et Lapeyre au D' Payen qui a pour titre Montaigne chc^ lui, l'crigueux, Bounet, 1861, in-8° de 70 pp. avec un plan.

LXXXVllI NOTICE

ment affectueux, qu'il y aurait comme une grave omission a ne le point rapporter ici.

« Dulcissimi suavissimi sodalis et conjunctissimi, quo nihil melius vidit nostra aetas, nihil doctius, nihil venustius, nihil sane perfectius, Michael Montanus tam charo vitoe prœsidio misère orbatus, dum mutui amoris, grati animi... nect... memor, singulare quod extare cuperet monumentwn, quando... signifie... posuit eruditam liane et prœcipuam suppellectilem, suas delicias. »

Au milieu de tous ces préceptes de doute, cette affirmation d'un indestructible attachement est à coup sûr un acte de foi qui compense bien des incertitudes. Le philosophe qui n'avait pas de convictions fermes sur les questions dont se préoccupe l'humaniste, avait une croyance assurée et communicative en l'amitié, celle du moins qu'il ressentit jusqu'il ses derniers instants pour Etienne de La Boétie.

Avec le temps Montaigne devient moins exclusij. « Si ie fçauois, écrivait-il (ch. IX, liv. III), quelqu'vn, qui me jut propre, certes je l' irais trouuer bien loing : car la douceur d'une fortable Ù" aggreable compaignie, ne fe peut affez acheter à mon gré. O vn amy ' ; combien eji vraye cette ancietine fentence que l'vjage en ejl plus necejfaire, Ù" plus doux que des éléments de l'Eau et du Feu. »

A côté de sa bibliothèque, salle de travail, Montaigne

I. Au lieu ; « O vn amy )>, 1595 donne : « Qu'efl-ce qu'vn amy? » Mauvaise lecture qui n'est pas conforme au texte annoté de la Bibliothèque de Bordeaux, f° 432, v°.

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