‹ Notice biographique et bibliographique sur Michel de MontaigneChapitre 80 sur 140 · I. Bordeaux, 1S77. I · texte numérisé non relu

I. Bordeaux, 1S77. I

NOTICE cin

Sa mission accomplie, Montaigne ne retourna pas au camp de Sainte-Hermine. Il reprit le chemin de son château, s'enferma dans sa librairie où il ajouta quelques pages au manuscrit des Essais. // n en fut jamais autrement de sa vie militaire ou de son existence privée. Il a pris soin de le dire en tête du chapitre de la ressemblance des enfants aux pères ' ;

« Ce fagotage de tant de diuerfes pièces, fe faiB en cette condition que ie n'y mets la main que lors qu'vne trop lafche oyfiueté me prejfe Ù" non ailleurs que chez moi. Ainfi il s'ejl bafly à diuerfes pofes Ù" interualles, comme les occafions me détiennent ailleurs parfois plu/ieurs moys. »

Les visiteurs du Palais des Facultés de Bordeaux s'étonnent de voir sur le tofnbeau de l'auteur des Essais la statue couchée d'un homme cuirassé et du col aux pieds enfermé dans une armure. De prime abord il est difficile de ne pas ressentir quelque surprise; mais si l'on se reporte aux temps, aux lieux ou Montaigne a vécu, il parait naturel qu'Hait souvent revêtu un unijorme de fer . Entre Montaigne et Bordeaux, et partout où il a dû ou voulu se reîidre, les routes étaient sillonnées de corps de troupes marchant au combat ou de soldats vagabonds allant à la picorée. Il était donc de la plus vulgaire prudence, pour jaire bonne mine aux malencontres, d'être équipé et accompagné comme pour une expédition en pays ennemi. En outre la lourdeur de la cuirasse et des autres pièces du hariiais militaire imposait

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