Essais, III, 9 et
2. On sait que du jour de son mariage au 5 février 1576, le roi de Navarre fut retenu à la cour dans une sorte de captivité à laquelle l'évasion du duc d'Alençon (15 septembre 1575) le poussa à se soustraire. Sous prétexte de courre le cerf en la forêt de Senlis, il prit avec Philibert de Gramont le chemin de la Fère, de Vendôme et d'Agen.
Pour l'évasion d'Henri de Navarre, voir d'Aubigné, Histoire universelle, éd. de Ruble, t. V, p. 15; de l'Estoile, éd. Champollion, I, 66, et de Thou, 1742, V, 304.
NOTICE CV
donna à entendre qu'il était en situation d'en agir pareilleîncnt. Sans indice bien prCcis il semble que Montaigne dut être désigné pour apaiser le courroux du roi, et l'amener à considérer comme une nécessité et non comme un outrage une résistance de prime abord bien extraordinaire. Cette délicate ambassade, la réception de la reine Marguerite à Bordeaux en i j/*? ' et d'autres offices dont l'objet est dejneuré inconnu, valurent à Montaigne le brevet de gentilhomme de la chajnbre du roi de Navarre^.
Conseiller intime du roi de Navarre, l'inclinant a une attitude pacifique vis-à-vis d'Henri III , afin que ce dernier lui conservât le gouvernement de Guyenne, Montaigne ne se montrait point dans son intérieur trop médiocre administrateur de ses biens. Il acheta le j juillet i j/S, du temporel de l'Eglise sur les paroisses de Montpeyroux et de Saint-Clau, une forêt de cent dix journaux, dite de Bretanord. Pour cette acquisition, il devait à l'archevêque de Bordeaux en signe de foi et hommage, une paire de gants apprêtés et cinq sols tournois à muance de vassal.
En i^7p, il devint, en suite de cession des frères Pichon, bénéficiaire d'une rente de cinq cents francs bordelais pour prêt imposé par le roi à la ville de Libourne. Comme témoi-