‹ Notice biographique [microforme] (volume 2)Chapitre 8 sur 14 · OBS · texte numérisé non relu

OBS

située sur le chemin Saint-Louis ; mais il fut obligé, à cause de la multiplicité des affaires qui lui arrivaient, à tout instant, des États-Unis et du Canada, de s’absenter souvent, et surtout de travailler plus que ne le permettait l’état de sa santé. Quelque soit le jugement que l’on porte sur les résultats d’une mission qu’au reste il n’eut pas le temps de terminer, Mgr Conroy a laissé le souvenir impérissable de sa science ecclésiastique, de son tact, et de son éloquence. Il ne cachait pas la haute estime ” quil avait conçue des lumières et des connaïssances approfondies de l’Archevêque de Québec, de ses vertus solides et de se droiture d'intention. Il iui donnait, nous en avons été le témoin, de nombreuses marques du profond respect qu'il avait pour Jui. Il l'aimait véritablement et le règardait avec raison comme son ami. Fatigué par de nombreux voyages et plus encore par les soucis inhérents à sa délicate ‘ mission, le prélat fut bientôt à bout de forces, et; le 28 juin 1878,se trouvant alors à Halifax, il écrivait à l'archevêque de

Québec :

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“Te suis accablé par le pesant: fardéau dont on a chargé mes faibles épaules. Je souffre de mon isolement, et souvent je désirerais être près de vous pour confier à votre bienveillance le trop plein de mon

cœur. J'ai besoin de vos prières et de

vos sympathies, afin que je puisse soufirir mes petites épreuves pour le service de l'Église” 1

La tâche était trop lourde pour Mgr Conroy, et bientôt après avoir écrit cette lettre, il mourut à Saint-Jean de Terreneuve. En apprenant cette mort aussi

soudaine que lamentable, l'évêque de Portland écrivit de suite à Mor Taschereau,

pour lui offrir ses condoléances. “II (Mgr Vonroy) m'a honoré, dit-il, de son amitié et en quelque chose de sa confiance. Et c'est par cette connaissance intime, Monseigneur, que j'ai su en quelle estime et affec-

1 ‘I am very weary of the heavy load laiden on my weak shoulders, T feel my solitariness very much, and I often wish I were near you to open my heart to your iindness, I have need of your prayers and ot your sympathy, that I may suffer my little trials for the sake of the Church. ”

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tion il vous regardait, et quelle considération il attachait aux vues et aux désirs de Votre Grandeur. Vous avez perdu un ami dévoué, Monseigneur, et l’église du Canada a perdu un grand appui. ”

Mgr Smeulders fut le second représen-

tant du Saint-Siège en Canada. C'était

un moine cistercièn demeurant à Rome.

Comme il ne parlait le français qu'avec difficulté et ne savait pas l’anglais, il ne put jouer le rôle brillant de son illustre prédécesseur. Arrivé le 21 octobre 1883, il quitta définitivement le pays le 29 décembre de l’année suivante, après avoir séjourné tantôt à Québec, où il était l'hôte des RR. PP. Rédemptoristes, tantôt à Montréal, où il logeait chez les RR. PP. Oblats.

Ce fut cette même année 1884, que Mgr Taschereau fit, comme évêque, un second voyage à Rome où il demeura pendant sept mois. Son premier pèlerinage au tombeau des apôtres avait eu lieu en 1872, l'année qui suivit celle de sa consécration épiscopale.

Comme tous ceux qui ont vu et connu l'archevêque Taschereau, Mgr Smeulders

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ne manqua pas d'être frappé par cette noble figure, et, convaincu de ses hautes capacités et de son mérite, il alla jusqu'à recommander à la Propagande de l’élever à la di de cardinal.

Les vœux du commissaire apostolique furent exaucés deux ans plus tard, et, le 7 juin 1886, Sa Sainteté fit entrer Mgr Taschereau dans les rangs du Sacré Collège.

“ Avouons-le, dit la notice publiée dans Le premier "ardinal canadien, si le Canada pouvait avoir quelque prétention à l’insigne honneur que vient de lui faire le Souverain Pontife, les circonstances étaient singulièrement favorables, puisque le siège métropolitain de Québec était occupé par un homme dont la vaste intelligence, la science profonde et la vertu solide offraient au choix du Saint-Père, un sujet .

tout à fait digne de revêtir la pourpre cardinalice, cette haute dignité n'étant que la récompense d’une vie pleine de mérite. ”

Nous n'avons pas besoin de dire combien fut grande l’allégresse produite dans tout le pays par la nouvelle de cette nomination,

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Prôtestants comme Catholiques n’eurent qu'une voix pour applaudir au décret pontifical et pour faire l'éloge de Son Éminence lé cardina! Taschereau. |

Le Mor:::15 Chronicle de Québec écrivait, dès le :1 mas :

* Nous croyons tenir de bonne source que Sa Grâce l’Archevêque Taschereau, de ce diocèse, va être élevé au rang de Cardinal — Prince de l’Église — par Sa Saïinteté le Pape, Cette nomination ne peut manquer de plaire à tout le pays, et elle est bien méritée. Protestants et catholiques sont unanimes dans leurs sentiments de sympathie envers le noble Archevêque, dont les talents, la science et l’habileté administrative sont connus et appréciés dans le Dominion.

Cette promotion est en même temps un insigne hommage au Canada, et nous prions Son Éminence de vouloir bien agréer nos félicitations. Espérons qu'il vivra longtemps pour jouir de l’honneur et de Ia dignité de sa haute position.” “C'est, disait de son côté le Budget, une heureuse rencontre que le premier

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