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si, pour avoir la qualité exigée par saint Paul, il suffit d'avoir pratiqué une humilité, une mortification, une charité qui, aux yeux des ccntemporains, ne le cédeiïent en rien à l'héroïsme des premiers siècles ; s’il” suffit d'un zèle à toute épreuve; s’il suffit d’avoir fondé et gouverné une vaste Église avec tant de grâce et de lumière que son successeur immédiat ait pu dire: “Ma plus “ grande peine est de trouver une Église où “il ne nous paraît plus rien y avoir à faire “ pour exercer mon zèle ;” s’il suffit d’avoir été fils dévoué du Saint-Siège, prêt à accueillir tous ses enseignements, malgré les exemples qui lui venaient de la France ; si, en ua mot, pour être saint, il suffit d’avoir voué à tous ses devoirs une inviolable fidélité : nous en avons la ferme conviction, Mgr de Laval ne s’est pas éloigné dc l'idéal tracé par saint Paul, et il en demeurera à janais une d2s plus parfaites réalisations.”
L'archevêque termine ce magnifique panégyrique de Mgr de Laval, en convoquant les fidèles à la translation solennelle de ses. restes, le 23 mai 1878, et il les, invite, à,
adresser au ciel leurs ferventes prières, pour que l'Église daigne un jour glorifier ce grand serviteur de Dieu.
Les circonstances étaient favorables ; rien ne devait manquer à l'éclat de cette fête de la reconnaissance et de la piété filiale.
L'Église et l’État y figurèrent dans la personne de leurs plus dignes représentants :
les archevêques et évêques au nombre de neuf, plus de quatre cents prêtres, le lieutenant-oouverneurdelaprovince de Québec, plusieurs ministres locaux et fédéraux, l’Université Laval, les différents corps religieux et civils, enfin une foule immense accourue pour rendre hommage au fondateur de l’église du Canada. Un étranger était là aussi, témoin illustre, représentant le Père de toutes les églises du monde; cet étranger, c'était le regretté Mgr Conroy, délégué apostolique au Canada.
Comme au jour de ses premières funérailles, Mor de Laval traversa les rues de son cher Québec,s’arrêtant commeautrefoisdans chacune des églises de la Haute-Ville et des
ns les
LS 06 chapelles des communautés religieuses, Ce fut l'envoyé du Pape qui reçut, à Ja porte de la basilique, le brillant cortège, et Mgr Taschereau chanta le service. La voix élcquente de Mgr Antoine Racine se fit de nouveau entendre, pour rappeler à l'immense auditoire les vertus de celui dont le tombeau était déjà si glorieux, et démontrer la fécondité de son apostolat et la durée de ses œuvres,
À peine les cérémonies de ce grand jour étaient-elles terminées et les restes de Mcr de Laval étaient-ils déposés dans la chapeile de son séminaire. que l’on songea de suite à lui préparer un triomphe plus éclatant :
Celui qu'accorde l'Église aux saints cancnisés. Mgr Taschereau avait déjà fait connaître ses intentions par son mandement, et, de concert avec ses collègues, il siona une Sup ique pour que le Saint-Siège autorisât au plus tôt le procès préliminaire
de Canonisation.
Ses vœux furent eXaucés, son travail couronné de succès ; le procès fut fait, approuvé à Rome ; eb déjà le pre- Mier évêque de Québec a été proclamé
Vénérable! ce sera là sans doute l’une des plus grandes joies qu'aura goûtées Son Éminence le cardinal pendant toute sa carrière épiscopale, disons pendant toute sa vie.