‹ Notice biographique [microforme] (volume 3)Chapitre 15 sur 22 · WEST MAIN STREET WEBSTER, N.Y · texte numérisé non relu

WEST MAIN STREET WEBSTER, N.Y

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forment deux gros volumes. Si l’on veut se faire une idée de l'étendue de sa correspondance et seulement sur des sujets importants, qu’il suffise de savoir que les seules lettres enregistrées forment six volumes in-folio, d'à peu près neuf cents pages chacun.

A six heures et demie, Son Éminence prend un souper qui dure au plus vingt minutes, et retourne au séminaire, pour une heure de récréation, passée, avec les élèves du petit ou du grand séminaire.

À huit heures, le cardinal fait sa prière et sa visite eu Saint-Sacrement, récite son

chapelet, et, à neuf heures précises, il se livre au repos.

Chaque mois, à une date marquée sur son calendrier, il prend un jour, et une fois chaque année six jours, pour se livrer aux exercices de la retraite spirituelle. Chaque semaine, au même jour et à la même neure, il s'approche du sacrement de pénitence ; chaque semaine aussi, il fait le chemin de la croix. Tous les samedis de l’année, à cinq heures précises, Son Éminence se rend

à pied à l’église de la basse-ville, pour prier devant le Saint-Sacrement et devant la statue de Notre-Dame des Victoires.

Depuis son intronisation sur le siège épiscopal, Mgr Taschcrean a présidé les trois derniers conciles provinciaux ; il a consacré sept évêques let ordonné trois cent dix prêtres, dont deux cent cinquante-neuf pour l'église de Québec.

Les quelques citations que nous avons faites des mandements et des discours du cardinal Taschereau suffisent à démontrer qu'il a fait sa marque comme écrivain.

L'histoire manuscrite du séminaire de Québec revèle en lui toutes les qualités de l'historien ; dans quelques-uns de ses discours, il s'élève jusqu’à la véritable éloquence et, dans quelques autres, il sait admirablement toucher la note poétique.

À l'inauguration solennelle des nouvelles salles de l’Institut Canadien, en 1882, il y eut un véritable concours littéraire, et

1 Mgr E.-C. Fabre, Mgr A. Racine, Mgr J..T. Duha. mel, Mgr L..Z. Moreau, Mgr D. Racine, Mgr L..N. Bégin et Mgr A.-A. Blais.

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plusieurs de nos littérateurs de renom prirent tour à tour la parole. Mgr Taschereau y lut un discours qui fut sans contredit le meilleur, et qui restera l'ornement des annales de cette institution. Mais la gloire d'auteur n’a jamais tenté le cardinal. Sa gloire, à lui, son bonheur, c'est de travailler à la vigne du Seigneur, de la manière qu’il croit la plus efficace. Et nous sommes le témoin que ses travaux ont été immenses, et que tout son temps est consacré au gouvernement de son diocèse.

Chaque année, il ne manque jamais d’en visiter une partie et il l’a déjà parcouru quatre fois dans toute son étendue. Dans ces visites, cent vingt mille fidèles ont reçu de ses mains le sacrement de confirmation.

Pas de missions qu'il n'ait vues par luimême et dont il n'ait encouragé les commencements toujours si pénibles. C'est en se rendant compte des besoins et des ressources de nos townships, que son zèle pour l'œuvre de la colonisation n’a fait que

ndir. Convaincu que pour retenir les Canadiens dans le pays, il ne suffit pas de leur donner des terres à cultiver, mais

qu'il leur faut des prêtres pour bénir leurs travaux et des églises où ils puissent se réunir eb prier, le cardinal s’est efforcé de multiplier les missions et les chapelles, et, Par son ordre, de courageux missionnaires vont partager avec les colons, les fatioues et les privations que l'on rencontre toujours dans les nouveaux établissements. Avec l'aide de la Propagation de la Foi, et d’une société de colonisation dont il est le fondateur, il à érigé canoniquement quarante paroisses et établi trente-et-une missions, dont dix ont actuellement un curé résident.

“ Dans ses tournées pastorales annuelles, le cardinal est presque indifférent aux démonstrations éclatantes, que lui font les grandes paroisses, et il né s'y prête que pour ne pas froisser un sentiment digne d'éloge, uniquement inspiré par la foi : mais quand il arrive dans une mission nouvel le, quand il voit la chapelle rustique, qui ne se distingue des cabanes qui l’environnent que par ses dimenstons, mais donne un témoignage des eflorts ét de la foi vive de ces braves colons, alors son cœur se dilate, il se

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sent tout ému, il est plus touché de la bonne volonté s’exhalant de cette misère, que des brillantes solennités des paroisses riches. Il va visiter ces pauvres gens, il les encourage, il compatit à leurs privations, il se sent plus père au milieu d'eux. Son visage, naturellement froid, semble se transformer, eb ne respirer que la joie et le bonheur, quand il arrive dans une de ces missions naissantes, où la forêt ne s’est en quelque sorte reculée que juste pour donner place à une petite chapelle. Assez souvent, il lui faut, pour cela, franchir des dix, douze et quinze licues par des chemins exceptionellement mauvais ; mais il ne voudrait pas, pour tout au monde, omettre la visite d'une seule de ces missions. Du reste, cette visite se fait avec les mêmes solennités que dans les riches églises des anciennes paroisses: l'entrée se fait avec chape, mitre et crosse, suivant toutes les prescriptions du Pontifical ; et souvent il a recom

mandé au cérémoniaire qui l’accompagne, de faire pour ces pauvres gens comme pour les grandes paroisses. Malgré la fatigue de

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ces voyages continuels, malgré des nuits souvent passées sans som.neil, À cause des moustiques, ce fléau des nouveaux défrichements, Son Éminence donne aux autres prêtres de la visite, l'exemple de la ponctualité, en même temps qu’elle les encourage au travail par un visage toujours souriant,

“ Avec des sentiments comme ceux-là, on comprend que Son Éiminence ne confie à d'autres la visite pastorale de son diocèse, que lorsqu'elle ne peut faire autrement.

Même alors son cœur suit la visite, et va de paroisse en paroisse avec son vénérable remplaçant. On en jugera par l'extrait suivant d'une lettre écrite da Rome, en 1854, au milieu des préoccupations des affaires les plus importantes, À l’un des prêtres 1 qui faisaient parbie de la visite pastorale cette année-là, et quia bien voulu nous le communiquer, On nous saura gré de la production de ce petit trésor, où le cœur de Son Éminence se montre à découvert :

1M. l'abbé C. O. Gagnon, aujourd’hui Camérier Secret de S. S. Léon XIII,

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