‹ Notice biographique [microforme]Chapitre 7 sur 17 · DRE PRE · texte numérisé non relu

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L'ABBÉ DAVID-HENRI TÊËTU Gt cienne paroisse sera diminuée de près de la moitié en population et en revenus...

« Que faut-il faire ? quel parti prendre ? C’est de placer l’église où l’évêque le décidera et de se conformer en tout à sa décision. »

Les prévisions de M. Têtu étaient justes de même que sa soumission à l'autorité diocésaine inébranlable. Pour des raisons que je suis incapable de juger, la nouvelle église fut placée vis-à-vis de l’ancienne et on eut beau fixer les limites de la paroisse de Saïnte-Louise, un bon nombre d'habitants de Saint-Roch ne tardèrent pas à les faire changer pour se faire annexer eux-mêmes à la paroisse nouvelle. Je crois que l’évêque, à l’époque où cette division a été faite, était incapable d'amener les habitants à construire une église, si elle n'avait pas été placée à l'endroit où elle est actuellement.

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Les revenus du curé de Saint-Roch furent nécessairement diminués, mais grâce à son esprit d'ordre et d'économie, il en eut toujours asrez et pour lui-même et pour les autres. Je ne crois pas que la dîme et le casuel réunis lui aient jamais donné plus de #1200.00 et ii recevait souvent beaucoup moins. C’est ainsi qu’en 1840, il n’eut que $800.00. Eh bien! malgré le tiers qu’il payait quelquefois au coadjuteur, malgré qu’il fût souvent obligé de payer un vicaire, il était toujours l'un des premiers à souscrire pour toutes les œuvres diocésaines et paroissiales et les pauvres trouvaient toujours chez lui un bon accueil et du bon pain. Ajoutons qu’ils y trouvaient aussi un petit magasin bien pourvu d’étoffes et de toiles de toute:

sortes que /a sœur (remme leur distribuait gratis ponr qu'ils pussent se faire des vêtements convenables. Elle accompagnait toujours ces dons matériels, des conseils les plus sages sur la manière de travailler et de gagner sa vie et aussi de gagner le royaume des cieux. Les paresseux recevaient en outre des leçons très sévères et des réprimandes que Gemme

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savait administrer avec une grande éloquence.

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Tous les prêtres et toutes les paroisses du diocèse ont contribué, comme on le sait, à la construction du palais épiscopal actuel. M.

Têtu arrive le cinquième sur la liste avec la somme de $305.00, et sa paroisse figure pour $200.00.

Plus tard, en 1861-69, il y eut une société de secours mutuel pour venir en aide aux prêtres les plus pauvres. Cette fois, M. Têtu arrive bon premier avec une souscription de $97.00.

En 1867, les finances épiscopales paraissant en désarroi, Mer Baïillargeon exposa l'affaire à ses prêtres qui consentirent généreusement à paver annuellement et pendant six ans la vingtième partie de leurs revenus ecclésiastiques. Le curé de Saint-Roch paya encore cette fois sa bonne part de $140.00 ; Sans comp-

ter qu’il avait fourni tout l’ameublement d’une

chambre à l’archevêché, de sorte que lorsqu'il y descendait loger, il se trouvait tont-à-fait chez lui. Mentionnons encore la jolie somme de #1200.00 souscrite et payée pour éteindre les dettes du Collège de Sainte-Anne. Et que d’autres bonnes œuvres 1l a faites pendant sa vie et dont plusieurs n’ont été connues que de quelques-uns, et d’autres n’ont été connues que de Dieu !

S'il savait donner, 1l savait aussi faire donner et il obtenait tout ce qu’il voulait de ses généreux paroissiens. Que l’on parcoure les comptes des œuvres diocésaines et l’on verra que Saint-Roch-des-Aulnaies faisait plus que son devoir pendant toute l’administration de M.

Têtu. J'ai constaté que pour la Propagation de la Foi, la contribution de cette paroisse fut de $35.00 en 1839, l’année où M. Têtu fut nomimé curé; toutes les autres années, elle fut de #84.00 en moyenne. KEn dernier lieu, c'était toujours $100.00 où $80.00 qu'il apportait tous les ans pour cette bonne œuvre. Car il aimait

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à donner des sommes ro''des, et quand elles ne l'étaient pas, il y rémédiait en les arrondissant lui-même. Après sa mort, les contribations tombaient de suite à #45.00, #53.00 etc. On pourrait en dire autant du denier de Saint-Pierre, de la Sainte-Enfance, etc.

En 1874, moins d’une année avant sa mort, M. Têtu fit voter par la fabrique qu’une somme de $r,000.00 serait consacrée à l’achat d’un orgue et qu’une autre somme de #400.00 serait employée à l'achat de nouveaux autels. Mais au sujet de la première somme, il était stipulé dans cette même résolution, que le curé devait en payer lui-même le tiers ; sa souscription personnelle pour les tabernacles fut de $200.00.

La dernière lettre qu’il écrivit à Mgr Taschereau est du 17 mars 1875. Elle est de sa belle, honnête et élégante écriture, et pour demander la permission pour la fabrique d’ajouter $400.00

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à ce qu’elle avait déjà voté pour l’achat des tabernacies.

En dépit de toutes ces dépenses et de ces souscriptions continuelles, M. Têtu laissa à sa inort la jolie somme de #10,289.00, tous les comptes payés. Son testament fut celui d’un digne ecclésiastique. Après avoir légué $1400 à des parents réellement dans le besoin, 1l donnait la somme de $#100.00 à chacun des héritiers suivants: l’archevêché, la Caisse ecclésiastique, les Sœurs de la Charité, les Sœurs du Bon-Pasteur, les pauvres de Saint-Roch, la Propagation de la Foi, la Sainte-Enfance, la fabrique de Sainte-Louise. Il y avait $125.00 pour son successeur qui fut le vénérable M. Ed. Duiour. À ses neveux, mon frère et moi, il léguait sa bibliothèque qui était composée d'excellents ouvrages de théologie, droit canonique, liturgie, histoire de l'Eglise, etc. Il resta, tous les autres legs payés, la somme de $7664.00 pour le nouvel hôpital de Saint-Thomas de Montmagny.

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On voit qu’il avait pensé à tout et que dans son testament comme dans toute sa vie 1l s'était montré homme d'ordre et prêtre charitable.

C’est ainsi que le trouva la mort. Ilétait prêt à la recevoir. Frappé d’une attaque de paralysie partielle, dans l'hiver de 1875, il s’affaiblit tout doucement jusqu’à la fin qui arriva le 30 avril de la même année.

S'il souffrit avec patience les incomimodités d'une maladie d’ailleurs relativement assez douce, s’il se soumit entièrement et s’abandonna tout entier à la volonté de Dieu, s’il multiplia ses prières et ses dévotions, on peut facilement le conjectturer après avoir lu ce qui précède ; mais je puis ajouter que j'ai été témoin de la piété de mon oncle pendant sa maladie, et de cette admirable tranquillité qui ne le quitta jamais et qui illumina ses derniers instants comme d’un dernier rayon.

Un jour que mon père était allé le visiter, mon oncle lui expliqua au long les effets du sacrement de Pénitence, et lui dit qu’il se faisait donner très souvent l’absolution afin d'effacer

de plus en plus le péché de son âme. Pour moi, je n’ai pas connu d'homme ou de prêtre meilleur que lui et je graverais volontiers sur sa tombe bénie ces paroles de l’Esprit-Saint :

«Ærat...vir mitissimus super omnes homines qui morabantur in terra. Il était de tous les hommes le plus doux qui fût sur la terre. »

Les funérailles eurent lieu le 5 de mai à Saint-Roch-des-Aulnaies. M. F.-X. Delâge chanta le service de son ami, et un autre ami intime du défunt, M. le grand-vicaire Cazeau, prononça une touchante oraison funèbre. Je servis diacre et M. l’abbé TJ. Lizotte sous-diacre. Inutile de dire que toute la paroisse était là et que le clergé ainsi que la famille Têtu étaient largement représentés.

Il existe trois grands portraits de M. Tétu.

L'un est à la maison paternelle de Saint-Thomas, mais si la peinture est assez bonne, la

ressemblance ne j’est pas. Un autre, dans la sacristie de Saint-Roch de Québec, me paraît excellent, de même que celui qui orne la sacristie de Saint-Roch-des-Aulnaies. Puisse celui que je viens de faire moi-même dans ces humbles pages être encore plus fidèle et contribuer comme les autres à la gloire de ce digne prêtre du Seigneur.

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