‹ Notice biographique sur François de Laval de Montmorency [microforme]Chapitre 101 sur 110 · OUR · texte numérisé non relu

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Enfin, le Roy a fait un arrangement pour l'abbaye de Méaubec et les annexes.

Il m'a été refusé constamment des lettres patentes confirmatives de cette union anciennement faite, par arrest de son conseil du 1er janvier. Ila mit l’abbaye de Méaubec dans ses économats avec les prieures et la rente sur l'hôtel de ville, et par un autre arrest en laissant toujours cette abbaye dans les économats jusqu'à ce qu'il luy plaise l'en retirer, il m'a donné la jouissance de cette abbaye et de ces annexes ma vie durante, à la charge d'en acquitter les charges, d'entretenir les lieux et de faire les réparations utiles et nécessaires, de payer des pensions, annuellement à Mrs. de lorme, Miniac, Rèche, et Gaillard.

Voilà près de trois mois que j'attends ses ordres pour ce qui concerne les autres chanoines pour qui il m'avait promis des pensions ainsy que pour le père Jacreau.

Je commençais à me désoler et j'étois sur le point de renoncer à cette abbaye, lorsque j'ay reçeu ses ordres et ce n’est que d'hier. Il m'envoit une lettre pour vous. Messieurs, et me charge de vous marquer que le Roy vous a accor une pension à chacun de 4001b net sur les œconomats, c’est-à-dire à M. Perrault 4001b, à M. Rigauville 4001b, à M. St, Onge 4001b,à M. Cugnet 4001b, et autant à M. Collet.

Cette pension commence à courir depuis le terme de Noël, c’està-dire du ler janvier et sera échu au mois de janvier 1767. Vous tirerez vos lettres d'Echanges payables dans ce mois, sur M. de Saintcy œconome géneral du clergé, vous y joindrez un certificat de vie légalisé avec un blanc seing signé en bas d'un costé et de l'autre vis à vis votre nom, vous metterez pour quittance de ma pension, afin que votre blanc seing ne coure pas de risque,

Observez bien ces formalités sans quoy l’æconome ne pourrait pas vous payer, parce qu'il lui faut une décharge en bonne forme. Le pauvre père Jacreau est parti sans être assuré de son sort.

Vous trouverez, Messieurs, que ces pensions sont bien modiques,

vous avez raison, vous méritiez à tous égards mieux que cela, J’ay fait à cette occasion, je vous le proteste, les plus vives et puissantes veprésentations, mais jamais je n’ai rien pu obtenir au delà, les charges des œconomats excèdent les fonds de cette caisse; aussi M. Dorléans ne vous a-t-il employé sur les états des œconomats que jusqu'à ce qu'il vous ait transféré sur les premiers bénéfices qui viendront à vacquer, je quitteray le moment de cette translation, et M. Dorléans, ayant plus d’étoffe et de facilité, je ne désespère pas vous obtenir une augmentation. Voilà plus de 2 ans, Messieurs, que je refuse Méobec parce que je ne voyais aucune surreté pour vos pensions. On me promettoit, mais je voulois être sûr de votre affaire.

Si je n’eusse pas réussi à obtenir des pensions sur les œconomats et qu’on y eùt mis l’aboaye avec les dépendances, à peine en auriez- + us eu chacun 2001Ïb, les droits qui reviennent au Roy et à l’œconome prélevés ainsy que les gages d’un régisseur que l’œconome aurait été obligé de placer à Méobec, qui auroit emporté à luy seul 15001b au moins, nous aurions eu ensuite à supporter les accidents imprévus. Il auroit arrivé et trop souvent que nous n’aurions presque rien eu. Le régisseur auroit cherché à faire ses affaires et se seroit peu soussié des nôtres; dans toutes les abbayes où il y a des moines on ne coure pas ces risques là, parce qu’on fait avec eux des arrangements, Ils sont intéressés à ce que les Biens ne dépérissent pas, mais au contraire à les améliorer. Tl n’y en a pas à Méobec ; il y faut de toute nécessité un régisseur. Je vais être moi même le mien, en gardant toujours notre homme d'affaire à qui je vais augmenter les gages.

Il eut été bien plus heureux pour moy que le Roy m'eut donné une autre abbaye et que Méobec fut resté dans les æœconomats pour les chanoines, Je l’avois proposé à M. Dorléans, qui a des Bontés pour moy ; il y avoit acquiessé. C'étoit une affaire arrestée, mais la mort de M. le Dauphin a fait changer cet arrangement ; il a, en mourant, recommandé tous les abbés qui étoient à son service, en sorte qu'on ne peut se dispenser de leur donner à chacun une abbaye jusqu’à ce que tous ceux qu’il a recommandés soient remplis.

Sans cet événement, vous auriez eu, je crois, quelque chose de mieux; je dis je crois, parce que la portion ou pension qu'on vous accord? joint aux droits des œconomats et aux frais inévitables du régisseur, fait peut ètre votre sort aussi bon, que celuy que vous auriez eu de l’abbaye mise en œconomats.

cela, J'ay puissantes delà, les se; aussi conomats.

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Enfin, mes chers confrères,j'ay fait pour le mieux,et quoique vous ayez peu de chose, je doute qu’un autre eût obtenu ce que je vous ai obtenu surtout dans le temps où nous sommes. Je ne iv’expliqueray pas plus au long sur ces derniers mots.

Il me reste l'espérance de taire augmenter vos pensions lorsqu'on les transférera de l’œconomat sur d’autres bénéfices.

Je désire au moins aussi ardemment que vous pouvoir réussir. Ce qu'il y a de certain et sur quoy vous pouvez compter, c’est que je fevay tout mon possible et je désire encore ardemment pouvoir vous annoncer une meilleure nouvelle l’année prochaine.

L'ABBAYE DE L’ESTREES.

VALLIS DE STRATA. *

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