‹ Notice biographique sur François de Laval de Montmorency [microforme]Chapitre 52 sur 110 · SES MIRACLES · texte numérisé non relu

SES MIRACLES

“ Les procès-verbaux levés par M. Charles de Gjandelet, doyen du chapitre de Québec, après la mort de l’Evèque constaient qu'il s'opéra plusieurs miracles à son tombeau ” dit M. de la Tour.

‘“ Plusieurs ” écrivait quelqu'un du Séminaire de Québec, “ l’ont déjà éprouvé (son crédit auprès de Dieu) dans le soulagement qu'ils ont reçu dans leurs peines et infirmités par l’invocation et le recours qu’ils ont eu à notre dit Sr. défunt, comme vous l’apprendrez par une autre voie.

“ Pour mon particulier, je compte beaucoup sur son pouvoir et me confie particulièrement en son secours et assistance non seulement pour être délivré et soulagé notablement dans mes infirmités corporelles, comme il m'est déjà arrivé plusieurs fois, mais ce que j'estime infiniment plus pour être assisté dans les besoins intérieurs de mon âme, etc...

‘“ Je ne doute pas, Monsieur, que vous n’ayez appris la distribution qui a été faite à la grande instance des peuples du Canada, du linge trempé et teint du sang de mon dit Seigneur, de ses cheveux et de ses habits.

‘ Comme cz été moi qui ai trempé ces linges dans son sang lors. qu’on l’e ouvert, et qui ai coupé ses cheveux, ne le faisant dans le

temps que pour ma consolation particulière pénécré que j'étais que ce serait de très-précieuses reliqnes; vous serez sans doute bien aise que je vous fasse un petit détail de quelques actions communes et ordinaires de Sa Grandeur, ete...

« C’est ce qui m'a excité à prendre la régointion dès les premières années que j'ai été auprès de Sa Grandeur de ramasser tout ce que je pourrais qui ait appartenu à sa sainte personne, et depuis son trépas à tremper des linges dans son sang, lorsqu'on l'a ouvert, à enlever quelques os du cartillage de dessus sa poitrine et à couper ses cheveux et conserver ses habits et tout cela pour servir de très-précieuses reliques.

« Je crois, M., que vous et toutes les personnes bien intentionnées approuverez mon procédé en cela, comme effectivement plus de 3,000 personnes de toutes sortes d'états et de conditions l'ont déjà approuvé en Canada, en demandant avec empressement et s’estimant heureuses d'avoir de petites parcelles du dit linge et de ces préciedx restes de mon dit Seigneur qu’ls portent sur eux avec respect et dévotion, des capitaines mème et officiers de troupes ont fait faire exprès des reliquaires d'argent pour y en enfermer et les porter sur eux, étant mus à cela par l’idée et l'estime générale que chacun a du grand mérite et de la haute sainteté de mon dit Seigneur et par les secours extraordinaires et miraculeux que plusieurs ont reçu et reçoivent journellement dans leurs infirmités par l’invocation de mon dit Seigneur, en s'appliquant les dites reliques ou les portant sur eux.

« Il est mort en saint comme il avait vécu,” écrivait quelqu'un en France, le 25 juin 1708. ‘“ Je ne puis vous exprimer l'estime et la vénération que tout le Canada a pour la mémoire de cet illustre défunt; on l’invoque comme un saint et Dieu a fait déjà pour faire éclater son mérite plusieurs guérisons et autres choses que l’on tient pour miraculeuses, que je supprime ici étant très-assuré que vous on serez informé dans le temps.”

On trouve ce qui suit dans une autre lettre du 6 juillet: ‘“ Vous apprendrez la perte que le Séminaire a faite par la mort de Mgr. l'ancien. Nous espérons qu'après une si sainte vie il servira d’un puissant protecteur auprès de Dieu pour cette église, pour l’ét..lissement de laquelle il a tant travaillé aussi bien que pour la Colonie, M. de la Colombière a fait l’oraison funèbre de ce grand et saint prélat, c'est ainsi que les grands et les petits le nomment. Vous auriez eu peine à ne pas mêler vos larmes avec celles de tout le monde, pendant son convoi, où tous, tant les curés que les peuples

tais les plus éloignés, ont assisté, Le lieu où son corps reposait était | oute toujoursrempli de monde, et les prêtres ne pouvaient suffire à faire nl 0m- toucher des chapelets et autres choses de dévotion, ï | ‘ Sa vie si humble, si remplie de grandes œuvres,” dit une Histoire Ho ères du Canada, * ‘sa haute piété, ses travaux dignes des évêques des ll | KE que premiers siècles, sa fermeté, sa vigilance et sa charité toutes chré- SL 'RENE , son tiennes, n’ont pas besoin de commentaires,et il suffit de voir ce qu’il # il rt, à a fait pour faire tomber dans le néant les mensonges brillants à ji Lu uper l’aide desquels le philosophisme moderne n’essaya que trop souvent, fil FU ir de en Canada, de ternir sa conduite et la pureté de ses intentions. À Ë î | L'Arbre qu'il a planté a porté son fruit, et le siége de Québec,alors i É nnées humble et isolé sur la terre d'Amérique, est aujourd’hui la digne 2 Dh lus de métropole de plusieurs siéges illustres qui brillent de tout l'éclat : à t déjà du catholicisme sur les vastes contrées qu'arrose le St Laurent.” | :| g’esti- Un écrivain qui rendait compte de l’opinion des contemporains, 5 PE le ces 50 ans après la mort de Mgr. de Laval + , peint ce grand Evêque 4 x avec d’un seul mot: “Il se fit estimer de tout le monde par sa vertu et ‘ 7 >e8 ont par son éminente piété,” Vi: ue : et les Après des jugements portés par ceux mêmes qui étaient les té- 1 jus nérale moins des actes du grand Evèêque, il n'est guère besoin de relever 1e non dit ce que dit Garneau à la fin du premier chapitre du 4e livre de son a: ue plu- Histoire. Il fait au chef de l’église de la Nouvelle France au 17e Ar: irmités siècle, le reproche d’avoir voulu avec son clergé, ‘“ en Canada, pays L 11 à s dites de mission, jouir de la liberté religieuse dans toute sa plénitude, et ï . | conserver l'indépendance des temps passés l” Voilà en effet la k u'un en | mesure de la libéralité de certains écrivains ; quand il s’agit des “ l me et la instivutions civiles ils revendiquent la liberté dans toute sa pléni- 4 | illustre tude et ils trouvent que ‘‘ l'indépendance donne de la noblesse à His 1 ur faire une cause.” Quand au contraire il s’agit de l'Eglise, ils la consi- } ue l’on dèrent comme dépassant les bornes, lorsqu'elle réclame la pléni- je | À Î uré que tude de sa liberté. Quand un Evêque demande sa parfaite liberté UT d'action, ou s'étonne qu’il revendique ‘l'indépendance des tomps | « Vous passés.” Pour ces écrivains “combattre pour des droits ou des | rl | de Mgr. idées,” c'est avoir “l'humeur aigre et violente.” || Celui-là seul leur ta ira d’un plairait qui sacrifierait ses droits sans rien dire, et qui renoncerait BA LS l'ét..lis- HA ER la Colo- * Brasseur de Bourbourg, 1852. | Re grand et MARRER EE ERRER MER dir cout] imment: t L'abbé L'Advocat, Dictionnaire historique. jn | s de tout + Histoire du Canada, par Garneau.

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aux principes plutôt que de soutenir une lutte; mais comprenonsles bien; cette indépendance, M. Garneau et les autres de son école la condamnent quand il s’agit de l'Eglise, quur il est ques: tion d’un homme de caractère, qui règne sur les âmes et qui a reçu

son pouvoir d'en haut, sans l'intermédiaire de l'autorité civile.

Mais quand il s'agit de protester contre une taxe sur le thé ou

d'introduire l’opium chez les orientaux ou de supprimer les petites

principautés au profit des puissants, alors les éloges sont pour ceux qui emploient la force brutale. (Certains écrivains appellent ce procédé des annexions forcées “‘ introduire la liberté, affranchir les peuples et les soustraire au joug des tyrans.”

Ainsi Mgr. de Laval a été jugé par M. Garneau, MM. Doutre et Lareau * et toute l’école soi-disant libérale, Mais tel n’est pas le verdict de l’histoire; les hommes courageux ont toujours été honorés, Droz-Vichering, Lacordaire, Montalembert, les Evèques d’Allemagne, d'Autriche et de Suisse, de notre temps, seront placés sur le même rang, pour l'indépendance de leur action et la noblesse de leur caractère, que François de Laval combattant pour la moralité du pauvre habitant de la forêt, pour la liberté de l'Eglise dans le Nouveau Monde, pour affranchir cette Eglise, que des hommes imbus d'idées tyranniques voulaient réduire en esclavage. Honneur à Laval, qui, n'ayant pour arme qu'une crosse, a montré que ce bâtor pastoral était plus redoutable qu’une armée! Gloire à l’Evêque qui savait résister en face à ceux qui voulaient outrepasser leurs attributions! Du Séminaire où il résidait comme le plus humble de ses prêtres, il montrait à ses adversaires combien la voix d’un Evèque est retentissante; et, si on le menaçait d'employer la force brutale, il ne répondait pas et se tenait prêt à subir la violence.

Cette figure grandira encore, et elle sera d'autant plus admirée qu'elle a brillé sur ce continent, à l’époque où elle a paru, au milieu d’un certain nombre d’autres assez remarquables, qui ne l'ont pas éclipsée,

* Droit Civil Canadien, publié à Montréal.

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