ETIENNE MONTGOLFIER
Vicaire Général du diocèse de Québec, au clergé séculier et régulier et à tous les fidèles de ce diocèse spécialement à ceux qui résident dans le gouvernement de Montréal—Salut.
C’est le Seigneur, Vous le savez, Nos très chers Frères, qui est le Dieu des armées, le Roy des Roys, le Seigneur des Seigneurs ; et le maître absolu du Ciel et de la Terre.
Arbitre souverain du sort de tous les hommes, il dispose à son gré des trônes et des empires, et il donne les couronnes à quiil lui plaît, Heureux les peuples à qui dans sa miséricorde il réserve des princes, nés pour le bonheur de leurs sujets et ornés de toutes les qualités qui forment les grands roys.
C'est cette attention de la divine providence que nous avons constamment ressentie dans toutes les révolutions auxquelles nous avons été exposés par les événements de la guerre présente, Après avoir éprouvé pendant longtemps les douceurs du gouvernement français sous un prince chéri de ses sujets, et qui avait si souvent honoré cette colonie des témoignages et des marques de sa prédilection; réduits par les armes victorieuses de la Grande Bretagne, sous la domination du Roy George 2d ; son général vainqueur de ce païs, aussi bien que celuy qui a été établi pour nous gouverner en entrant dans les vues du maitre commun, semblent n'avoir rien eu plus à cœur que de faire disparaître à nos yeux les horreurs de la guerre et de nous dérober en quelque façon jusques à la connaissance de la révolution; qui ne nous est demeurée sensible que par leurs bienfaits ; et par leur attention à procurer le bonheur et la tranquillité des peuples.
La gloire et la grandeur des plus grands hommes ont un terme : celles de ce monarque avaient été portées à un point qui semblait effacer celles des plus grands conquérants, et ne laisser plus rien à désirer, Il n’est plus et nous l'avons pleuré. Le sérénissime
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Prince de Galles était digne de lui succéder, et de soutenir l'honneur de cette illustre couronne: clle a été imposée sur sa tête avec le plus pompeux appareil à Londres le 22 sept. 1761.
I1 s’est trouvé dans la personne de Madame Charlotte de Mecklembourg Strelitz une princesse digne de son choix et avec laquelle il a bien voulu partager l'éclat du diadème,
Ce sont ces derniers événements, que je suis chargé de vous annoncer aujourd'hui, N. T. C. F.,, et pour lesquels nous ne scaurions assez faire éclater notre joye, mais une joye toute sainte, qui nous engage à demander à Dieu par de ferventes prières que tous ces événements deviennent des sources de salut pour tous ceux qui y sont intéressés,
À ces causes, après en avoir conféré avec les vénérables doyen, chanoines et chapitre de l’église cathédrale de Québec, nous avons ordonnné et ordonnons ce qui suit:
10. Que dimanche prochain, 7me. de ce mois, le Te Deuwm sera chanté solennellement et en la manière ordinaire, dans l’église paroissiale de Montréal immédiatement après vêpres.
20. Que la même chose s'observera dans toutes les autres églises de ce gouvernement le premier Dimanche après la réception du présent mandement.
30. Que dans la paroisse de Montréal et dans toutes les autres du dit gouvernement, en la formule du prône, dans l'endroit où il est dit: Nous prierons.…… pour le Roy N\., l'on subatituera ces paroles: nous prierons pour notre très gracieux souverain Seigneur Roy George, notre très gracieuse Reine Charlotte, la princesse douairière de Galles et toute la famille royale.
Sera le présent mandement lu et publié dans toutes les paroisses de ce gouvernement, au prône de la messe paroissiale, le premier dimanche après sa réception.
Donné sous notre seing et notre sceau ordinaire et la souscription de notre Secrétaire à Montréal, le premier février 1762.
M. le Vicaire capitulaire Perrault avait été plus laconique :