JEAN GUYON
Mgr. de Laval avait pris ce jeune homme en affection, Il était né au Château Richer, le 5 octobre 1659, l’année de l’arrivée du prélat en Canada.
Son père était Simon Guyon et sa mère Louise Racine. Ayant fait ses études au Séminaire, il fut ordonné par Mgr. de Québec, qui en fit son secrétaire particulier et lui donna un canonicat, Mais il était délicat de santé, et passa en France avec Mgr. de Laval, Sa santé continua à décliner et il mourut d’une fièvre cérébrale, le 10 janvier 1687, n'étant âgé que de 28 ans. On peut voir son éloge dans une lettre de Mgr. de Laval.
* Lettre 59,
t C’étoit à l’occasion de l'absence de Mgr. de Québec en 1678, M. de B, y fut installé le 5 déc. après avoir pris le serment requis.
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Louis ANGO DE MAIZERETS,
M. de la Tour dit qu'il eut part à tous les événements de la vie de l'Evêque.
Né vers 1636, il était plus jeune que Mgr. de Laval, qui se lia étroitement avec lui chez les Jésuites de Laflèche.
Pendant les guerres civiles de 1652, il se réfugia à Argenton, dans un château de sa famille, avec plusieurs membres de la communauté que M. de Meurs avait formée au faubourg St. Marceau de Paris, dans le mois de septembre précédent. Ils y continuèrent pendant plusieurs mois leurs mêmes exercices et conférences.
Puis malgré leur famille, ils eurent le courage de quitter e1t° riche maison, où ils avaient été si bien reçus, pour retourner x Paris. Ils continuèrent le même genre de vie, auquel on ajouta la récitation du Bréviaire en commun, quoique sans obligation, et le soin des églises des campagnes des environs, qu'on allait balayer et orner, et où même quelquefois l’on passait la nuit devant le St, Sacrement, On fit encore le pèlerinage à N. D. de la Délivrance, éloignée de 15 lieues.
En passant à Caen, les pélerins firent la connaissance de M. de Bernières-Louvigny, dans son hermitage, bâti au milieu de la ville, où il vivait en solitaire avec quelques amis choisis et édifiait tout le monde par la vie la plus chrétienne. M. de Maizerets goûta beaucoup cette vie, fit à l’hermitage une retraite de 8 à 10 jours, et s'y retira tout à fait en 1653.
Après avoir fait son Séminaire aux Bons-Enfants, il reçut les
ordres sacrés des mains de Mgr. d'Héliopolis, et revint à son cher
hermitage.
Mgr. de Laval le décida, en 1663, à faire partie de son Séminaire et l'emmena avec lui. Il lui accorda toute sa confiance. Pendant 31 ans, Supérieur du Séminaire, à diverses reprises il conduisit les grand travaux, et fut l’âme de toutes les affaires. Il fut fait Grand-Vicaire, et lors de la création du Chapitre, archidiacre, pais grand chantre en 1698. Il fut aussi nommé Supérieur des Religieuses de l'Hôtel-Dieu, et mourut au Séminaire le 23 avril 1721, à l’âge 85 ans: il fut enterré le 25 dans la cathédrale. Par son testament, il laissa ce qu'il possédait à la maison dont il était encore le Supérieur.
“Tout le Janada, “ ditun contemporain, ” lui a toutes les obligations pour l'éducation de la jeunesse à quoi il a été appliqué depuis près de 50 ans.”
Le 29 septembre 1712, il! avait célébré sa cinquantième année de sacerdoce, et les Séminaristes, au nombre de 19, qui passaient leurs vacances à St. Joachim, selon la coutume, vinrent à Québec, pour cette fête.
CHARLES GLANDELET.
Quand un homme a été calomnié et que son innocence est re-connue, il en rejaillit un certain éclat sur son nom; M. Glandelet. fut de ce nombre, Un historien du Canada a dit : * M. Glandelet, doyen du Chapitre, eut le malheur de penser comme l’auteur des lettres provinciales.” Et cette accusation est répétée dans des termes à peu près identiques dans sa troisième édition, en l’empruntant à quelque écrivain de l’époque.
Or elle estcomplètement fausse, comme on peuts’en convaincre : ce sont les lettres de M. Tremblay, du Séminaire de Paris, quinous en fournissent la preuve, ‘“Parlant d’abord d’un M. Boucher, docteur de Sorbonne, qui était aveugle, il écrivait: “M. Boucher est aveugle, et cependant il voit tout le monde Janséniste. Il nous. rend cependant cette justice de penser que nous ne le sommes pas,. et je lui ai dit que si je voulais guérir un homme de jansénisme, je: l’enverrais à Québec, dans notre Séminairn. Je M. Boucher vous connaît.” En 1713, M. Tremblay écrivait encore à M. Glandelet : “ Je voudrais vous envoyer la vie de M. de la Trappe: mais vous êtes si délicat sur Je jansénisme que vous croiriez un livre être dangereux, parce qu’il parle avantageusement ds personnes qui ont passé pour telles, quoiqu’elles aient protesté très hautement nel'être pas.”
Voici comment de son côté M. de la Tour le justifie de l'accusation de jansénisme : “ M. Glandelet, doyen du Chupitre, homme habile, vertueux et zélé, qui avait longtemps exercé les fonctions de grand vicaire, un des plus anciens ecclésiastique: du diocèse, fut soupconné, je crois, mal à propos... J'ai vu duns un grand nombre d'écrits de toute espèce, qu’il a laissés, un sincère attachement à l'Eglise et au Pape, beaucoup d'estime et de respect pour la société de Jésus, une extrême vivacité à se défendre du soupçon de jansénisme, et surtout une profonde vénération pour Mgr. de Laval, après la mort duquel il fit des procès-verbaux sur plusieurs miracles opérés à son tombeau, et sur la vie duquel il a laissé bien des mémoires dont je me suis servi.”
M. Glandelet, natif do Vannes, vint en Canada en 1675; il fut
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le premier théologal du Chapitre de la cathédrale, et doyen de ce corps par élection après la mort de M. de Bernières. Il était Supérieur et confesseur des Religieuses Ursulines de Québec, et Supérieur du Séminaire.
L'Evèêque lui confia la desserte de l’église succursale, appelée l'église de la Basse-Ville.
Il monta aux Trois-Rivières en 1714, et y mourut en 1725, âgé de 80 ans.
“J'ai appris avec douleur, écrivait de France M. Delorme, la mort de M. Glandelet, que l’on pouvait regarder comme un parfait homme de bien. Je ne doute pas qu’il n'ait déjà recueilli dans le Ciel le fruit de ses travaux sur la terre.”
JEAN DupouYr.
M. de la Tour “ l'appelle vn des plus grands ecclésiastiques que Mgr. de Laval ait employés en Canada.”
Mgr. de Laval fit sa conquête dans la communauté du faubourg St. Marceau, à Paris. Les frères Dudouyt, passant par Caën, allèrent visiter M. de Bernières et formèrent la résolution qu'ils exécutèrent après leurs études de s’y retirer avec lui. L'un d'eux, Jeai., rejoignit en 1662, Mgr. de Laval en Canada, après avoir reçu les S$. ordres, et remplit les fonctions de son secrétaire.
En 1660, étant bien maladeen France, il avait refusé de recovoir le St. viatique de la main de son curé, qui était soupçonné de jansénisme.
En 1665, son zèle lui fit prendre les fièvres pestilentielles, et on lui donna les derniers sacrements.
En 1671, l'Evèque le nomma son Grand Vicaire, avec M. de Bernières ; il avait été promoteur de l’officialité depuis son arrivée, ce qui lui avait causé quelques démèlés avec le Conseil Supérieur à l'occasion d’un procès fait à M. Morel.
M. de Frontenac lui fit aussi de la peine à cause des avertissements réitérés que lui attiraient les dérèglements de ses domestiques et les scandales extrêmes qu’ils donnaient à la colonie. IL les ignorait apparemment, ou ne les croyait pas, du moins il y
paraissait indifférent. Enfin il se lassa et se brouilla sans retour avec le clergé. “M. Dudouyt, homme du plus grand mérite et l'un des grands vicaires, dit M. de la Tour, crut ne pouvoir*mieux
* Mémoires sur la vie de M. de Laval.
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‘s'adresser qu'à son confesseur pour arrêter le désordre. Il lui ‘ouvrit son cœur et le pria de se servir de la confiance qu'on avait ‘en lui pour ouvrir les yeux à son pénitent... Mais M. de Frontenac se déclara ouvertement contre M. Dudouit, et enveloppa dans la disgrâce l’Evêque et le clergé, et ne cessa de les persécuter.”
Il passa presque mmédiatement après en France, où il demeura jusqu’à sa mort pour les affaires au discèse et du Chapitre, dont il fut nommé grand chantre en 1684.
Quatre ans après, il mourut (le 15 janvier); et Mgr. de Laval rapporta son cœur qui fut inhnmé sous le marchepied de l'autel Ste. Anne de la cathédrale, le 26 juin 1688.
BENoir DUPLEIN.
S'il était arrivé en 1671, comme le dit le Répertoire général, il aurait été âgé de 62 ans. D'après la version du tableau chronologique, en 1631 il aurait été oruonné prêtre, et la même année, appi ?nant le besoin de prêtres qu'il y avait en Canada, il se serait embarqué à Dieppe sur un bateau pêcheur. De l'ile de Terre- Neuve où ces bornes gens le laissèrent, i! se rendit à Québec sur
zune barque anglaise. Il était natif de Caen et parlait très-bien
: laflangue anglaise. Il faut se rappeler: que les Jésuites et les
Récollets étaient partis de Québec en 1629, et que les Jésuites ne revinrent qu'en 1632. Mais ce qui laisse une difficulté, c'est que le 20 décembre 1633 le père de Brébœu f sunpléa les cérémonies du baptème à une enfant baptisée par un Angus en 1631. Si M. Duplein avait été à Québec, il aurait sans doute suppléé les cérémonies dans l’intervalie : mais il est possible qu'on ne Jui eût pas présenté l'enfant. Quoiqu'il en soït, M. Noiseux rapporte positivement que M. Duplein s'insinua :auprès du commandant anglais, obtint ses bonnes grâces et se fit «connaitre à lui pour un prètre. Il prit possession de l’église des R écollets et desservit les catholiques. Le pays ayant été rendu à la France, M. Duplein
. quitta Québec. On n’a pas son registre, s’il fit des actes.
{®n retrouve son nom pour la première fois ensuite dans la paroisse de la Ste. Famille de 1671 à 1676. Il fut chargé en 1681 des missions du Fort $t, Louis, St. Ours, Contrecœur, la seigneurie de Pierre Boisseau et la Valtrie qui avait 18 lieues d'étendue.
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Il fut nommé chanoine de la cathédrale le 8 norembre 1684 ; prit possession par procureur le 12 et personnellement le 5 mai 1685,
La même année on trouve son nom, de juin à novembre, dans le registre du Cap St. Ignace, D'après M. Noiseux, il aurait fait des missions jusque dans ses dernières années, et aurait été arrêté par la maladie à Boucherville, On le transporta à Montréal et il y mourut le 3 octobre 1689, ägé de 84 ans.
RENE SATURNIN Lasc:rIs D'URrré.
C’est un des ecclésiastiques les plus distingués qui soient venus en Canada. Il était doyen du chapitre du Puy, et frère de Louis Lascaris d’Urfé, comte de Somaviva. Lui-même portait le titre du marquis de Boauzé et avait été abbé d’Urzèche. Son dévouement à Mgr. de Laval et le désir de procurer le bien des âmes l'avaient attiré en Amérique. L'’Evêque de Québec lui accorda en 1685 une place d'honneur au chœur après les dignités, en sorte qu'il était considéré comme chanoine honoraire.
L'héritière de la maison d'Allègre ayant épousé le fils de Col. bert, M. d'Urfé devint l’allié fort prothe du ministre, étant cousingermain de sa belle-fille, En conséquence, M. de Frontenac qui avait usé de procédés durs et injustes envers M. d'Urfé fut averti de s’amender et dut dévorer son dépit.
Mais M. d’Urfé partit en 1687 et mourut à Paris le 30 juin