JEAN OLIVIER BRIAND
Fils de François Briand et de Jeanne Burel, naquit le 23 janvier 1715, au village de St. Eloi, diocèse de St, Brieuc. Il fut protégé particulièrement par le curé qui l'avait baptisé, M. René Jean Allenou de Lavillangevin, et par son oncle, Jean Joseph Briand, recteur de Pléven, Il fut ordonné prètre le 16 mars 1739; au bout de deux ans, il se décida à suivre en Canada, le curé de sa paroisse dont il était devenu le vicaire. Ils allèrent s’embarquer avec Mgr. de Pontbriand, qui nomma le jeune Briand chanoine de sa cathédrale, en arrivant à Québec. ;
Le jeune breton demeura avec son Evèque et fut honoré de toute sa confiance jusqu'à sa mort.
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Pour connaître les raisons qui déterminèrent plus tard ses collègues à le choisir pour Evêque, lisons ce qu’en a raconté son biegraphe.*
{Tous les regards se tournèrent alors vers M. Briand, qui s’était fait connaître de la manière la plus honorable pendant le siége de Québec, où il se multiplia pour donner des soins aux malades et aux blessés et leur procurer tous les secours qui étaient en son pouvoir. Les hôpitaux de Québec, dont il était le directeur spirituel, étaient encombrés d’infirmes, tant français qu’anglais. Ceuxci voyant son courage, sa droiture, ses soins et sa sollicitude envers tous, sans distinction de personnes, furent frappés d’admiration et conçurent pour :ui une grande estime. Lorsque la population catholique toute entière eut exprimé le vœu de le voir monter sur le siége épiscopal, le gouvernement britannique, [qui exerçait le despotisme :nilitaire,] n’y mit aucun obstacle. Mais ces hautes fonctions ne séduisaient pas M. Briand; il répondait à tous qu'il était indigne de les occuper. S'il se décida à occuper la dignité qui lui était offerte unanimement, ce fut sur les instances réitérées de ses amis qui lui représentèrent que, dans cette affaire, les intérêts les plus chers des catholiques étaient eu jeu et qu’il devait profiter des circonstances favorables qui se présentaient pour obtenir le libre exercice de leur religion, en même temps que la continuation du siége épiscopal, dont son refus compromettrait l'existence.”
Pour lui seul, la préférence dont il était l’objet demeurait inexplicable. ‘Quelle chûte horrible, ” écrivait-il de Londres aux Demoiselles de Pontbriand, le 12 février 1765, “après Mgr. de Pontbriand, me voici à Londres, occupé à poursuivre sa dignité; j'ai fui, j'ai résisté tant qu'il m'a été possible sans exposer la religion.”
Sa respectable mère était encore vivante quand il reçut la consécration. “4e ne vois rien de plus cruel que les adieux éternels, écrivuit M. de la Corne au Chapitre, le samedi saint 1766; “ jugez, Messieurs, des assauts que le pauvre malheureux (son ancien collègue) a eu à essuyer en laissant sa famille où il a été passer environ un mois. Sa respectable mère qui est une vraie sainte, en à été malade, et ses frères et sœurs qui sont les plus recommandables par leur probité et leurs belles qualités,sont inconsolables. Il faut en vérité, autant de vertu qu'il en a et de fermeté, pour avoir
* Im. Gaultier du Mottay, à Plerin, près St. Brieuc.
résisté et n’y avoir pas succombé. Vous avez un saint, Messi ours ; prions le Tout-puissant de le conserver en Canada. Il ne se ménage pas assez ; je crains pour sa santé qui n’est pas forte. C’est à vous d’y veiller et à l'obliger de se ménager.”
Mais le nouvel Evèque n'était pas de cet avis. Il entreprit, en 1669, la visite de son diocèse, et pendant 39 jours consécutifs, il ne prit pas un seul moment de repos, préchant et confessant sans relâche ; mais sa fatigue fut telle qu'il tomba malade et passa 14 jours à l’Hospice de Montréal. Il continua sa visite ensuite. Il fit une seconde visite du diocèse en 1772.
Pendant le siége de Québec, le palais épiscopal avait été détruit ; à la paix il s’occupa de le reconstruire. Ses ressources étaient minimes et ne lui permirent de compléter cet ouvrage que bien des années après. Il y employa une somme de 11,000 francs et fit un emprunt de 15,000 autres, qui lui permirent le moyen d’achever. Mais il n’occupa jamais cette maison : il logeait au Séminaire,
Il était fatigué de l'asthme, et cette incommodité lui fit abandonner l'administration du diocèse en 1784, entre les mains de Mgr. Desgly, qui étuit son co-adjuteur depuis 14 ans. Il vit mourir successivement ce prélat, qui était très âgé, Mgr. Hubert, qui avait été coadjuteur à son tour dès 1786, et Mgr. Bailly qui ne fut jamais Evèque de Québec.
Enfin lui-même, rendu à l’âge de 79 ans, et vivant toujours au milieu des prêtres de son Séminaire, mourut le 25 juin
Son esprit conciliant le porta à ne pas entrer dans sa cathédrale après qu'elle fut réédifiée. Il faisait son office dans l’église de son Séminaire, veillant lui-même sur ses Séminaristes.
En 1774, le gouverneur Cramahé pria très instamment Mer. Briand d'entrer dans son église, lui déclarant que c'était le vrai et unique moyen d’y établir la paix. “C'est dans cette vue, disait cet officier protestant, que je m'y suis intéressé, et je ne doute point, vous connaissant comme je le fais, que vous ne fassiez tout ce qui dépendra de vous pour l’accomplissement d’un bien si désirable.” Le vénérable M. Dosque, curé de Québec, avait aussi préparé les voies, mais ne vécut pas pour voir la prise de possession qui eut lieu néanmoins l’année de sa mort,1774.
“M. Plessis,” dit M.Ferland, * “fut chargé de prononcer l’oraison
* Notice biographique de Mgr. Plessis,dans le Foyer canadien, t, I,.p. 97.
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funèbre du vertueux prélat, dont, mieux que tout autre, il connaissait le mérite et il sut s'acquitter dignement de cette tâche,
“ À propos des deux sièges qu'avait soutenus Québec dans l’espace de seize ans, il s’étendit assez longuement sur les maux qui afiligèrent le pays, pendant plusieurs années avant la conquête; il môntra la providence divine punissant les coupables par les horrours de la guerre et de la famine et préservant la colonie des malheurs qui assaillaient alors la France... Et ré ue
“Après avoir loué la libéralité et l'humanité de la nation anglaise, qui venait d'accueillir si généreusement les ecclésiastiques français chassés de l’ancienne mère-patrie du Canada, par la démagogie et le philosophisme, l’orateur explique les idées du défunt Evêque touchant ies résultats de la cession du pays à l’Angleterre.
“ Bien éloigné de donner dans ces erreurs,” continue-t-il, ‘ Mgr. Briand vit à peine les armes britanniques placées sur nos portes de ville qu’il conçut en un instant que Dieu avait transféré à l'Angleterre le domaine de ce pays; qu'avec le changement de possesseur n0s devoirs avaient changé d'objet ; que les liens qui nous avaient jusqu'alors unis à la France étaient rompus ; que nos capitulations, ainsi que le traité de paix de 1763, étaient autant de nœuds qui nous attachaient à la Grande Bretagne en nous soumettant à son souverain ; il aperçut ce que personne ne soupçonnait, que la relixion elle-même pouvait gagner à ce changement de domination... n
“Enfin, après avoir exposé la doctrine de l'Eglise sur l’obéissance aux autorités constituées, il continue en ces termes à développer la théorie et la pratique de Mgr. Briand, à l’égard du gouvernement établi :
“Mer. Briand avait pour maxime qu'il n’y a de vrais chrétiens, de catholiques sincères, que les sujets soumis à leur souverain légitime. Il avait appris de Jésus-Christ qu'il faut rendre à César ce qui appartient à César; de St. Paul que toute âme doit être soumise aux autorités établies..."
‘ Lors de l'invasion de 1775, notre illustre prélat connaissait déjà la délicatesse ou plutôt l’illusion d’une partie du peuple... Mais il aurait cessé d’être grand, si une telle considération l'avait fait varier dans ses principes ou dérangé dans l'exécution. Sans donc s'inquiéter des suites, il se hâte de prescrire à tous les curés de son diocèse, la conduite qu'ils doivent tenir dans cette circonstance délicate. Tous reçoivent ses ordres avec respect et en font part
à leurs ouailles. Le prélat prêche d'exemple, en s’enfermant dans
la capitale assiégée, Dieu bénit cette résolution ; le peuple, après quelque incertitude, reste enñn dans son devoir; les citoyens se défendent avec zèle et courage. Au bout de quelques mois un vent favorable dissipe la tempête; les Assyriens confus se retirent en désordre ; Béthulie est délivrée, la province préservée, et nos temples retentissent de chants de victoire et d'actions de grâces...
“ De ma vie je n’ai craint homme,” écrivait-il durant sa dernière maladie à Lord Dorchester: “Je me reproche mème, à présent que je suis aux portes de la mort, de ne pas assez craindre Dieu, mon redoutable juge ; je sais aimer, mais non craindre. Les bontés me rendent faible et mou; les grossièretés et les duretés me trou-
vent homme et ferme.” Le général Murray avait une grande estime pour M. Briand, et
l’exprimait dans une lettre à Lord Shelburne : “ Je dois prendre ici, disait-il, la liberté de répéter ce dont j'ai eu l'honneur d’informer V.S. que M. Briand a constamment agi avec une candeur, une modération, un désintéressement qui le proclament un digne et honnête homme, et que je ne connais personne de sa robe qui mérite aussi justement la favour royale.”
La loyauté de Mgr. Briand était à toute épreuve: aussi lors de l'invasion des Américains en Canada, en 1775, l'Angleterre dut la conservation de la colonie à ce prélat et à son clergé. Mgr. Briand en $t la confidence à une de ses sœurs : ‘“ Ces pauvres peuples,” écrivait-il, le 26 septembre 1776, ‘ avaient été séduits : ils le voient bien à présent, On s'était surtout attaché à les prévenir contre leurs eurés, leur disant qu'il ne fallait pas les écouter, qu'ils n'avaient point à se mêler de la guerre, que ce n'était pas leur métier. Par ces discours nos instructions sont devenues inutiles, d’où est venu le malheur des habitants. On peut dire que la conservation de la colonie au Roi d'Angleterre est le fruit de la fermeté du clergé et de sa fidélité : car, quoique les peuples ne se soient point opposés aux Bostonnais, ils ne se sont pas joints à eux, eton n'en compte pas 500 qui aient suivi l’armée: et encore le plus grand nombre n'était que des malheureux, des gueux et des voyageurs.”
‘# Mais on peut dire que presque toute la colonie désirait que Québec fut pris; Marie a conservé cette ville qui restait seule fidèle, puisque les faubourgs eux-mêmes étaient nos ennemis. Aussi, ontils été brülés, soit par la ville, soit par les Bostonnais ; ce qui a fait bien des misérables. Ils portent la peine de leur désobéissance.”
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Le souvenir de Mgr. Briand n'est pas perdu en Bretagne. Lors qu'on se rend de St. Brieux aux grèves de Tournemine, pour gagner la pointe de Pordic, on quitte à la hautou: du château de la ville-Rault la route vicinale suivie jusque Ià, et prenant à droite on arrive au bout de dix minutes, au village de St. Eloi que protège une chapelle dédiée à cet heureux conseiller du roi Dagobert. Au chevet de cette chapelle le chemin que l'on suit commence à se creuser et à prendre une assez forte déclivité à mesure qu’on s'approche de la mer. Vers le milieu de ce chemin et dans la partie la plus encaissée, se trouve à gauche unè maison de cultivateurs assez peu remarquable du reste, mais portant dans sa
construction tous les caractères des édifices de ce genre bâtis au XVIIe. siècle. Si l'on traverse la cour qui précède cette maison
et si l’on y entre, on est tout surpris de voir auprès d’un crucifix ot de la bonne Vierge en plâtre, un beau portrait peint au pastel, représentant en buste un vénérable Evèque: c’est Jean Olivier Briand. Il est encore vivant au milieu de sa famille.
On y conserve parmi les papiers précieux les lettres de cet Evêque canadien à ses sœurs, et aussi un journal que l’une d'elles tenait régulièrement. Dans ce Journal, Catherine Briand raconte quelques-uns des événements de la révolution. On y lit ces lignes :
#1790—On s'empare des biens ecclésiastiques :’Evesque, prestres peu respecté*, châteaux brulez, volez, nobles méprisés et anéantis, sy on le pouvoit. La religion peu consultée ni suivie par l’assemblée, qu’on dit nationale. Les pensions sur le clergé et les Etats menacés de n’estre plus payées. Ah! le triste siècle ; le clergé jusqu’à présent ne peut parler: ceux qui parlent bien sont peu écoutés, On veut pour plus grand mal se séparer du St, Siége : plus de soumission à N. St. Père le Pape; par conséquent on devient schismatique; et il n’y a pourtant qu’une seule et vraie église, sans laquelle il n’y a point de salut, C’est dans cette communion que je veux vivre et mourir. Je voudrois le signer de mon sang, moi Catherine Anne Marie Briand, fille du St. Esprit de la maison et école charitable de Plerin très indigne.
Plerin, 8 déc. 1790.” Quelle naïveté! Quel esprit de foi et de religion dans ces simples paroles !
EXTRAIT DE LA RELAT:0N DU SIEGE DE QUÉBEC EN 1759 paAR UNE RELIGIEUSE.
Tout ce qui était resté de familles et de personnes de distinction
suivirent l'armée à Montréal après la capitulation, Mgr, notre St, Evêque fut forcé de prendre ce parti, n'ayant plus où se retirer.
Avant son départ, il mit ordre à tout ce qui regardait son District: il nomma pour Vic.-Génl, M. Briand un des premiers membres de son chap, et que l’on pouvoit appeler l'homme de la droite de Dieu, et d'un mérite si prouvé et si connu que nos ennemis n'ont pu lui refuser leur approbation, et je puis ajouter leur vénération. Depuis qu'il gouverne une partie du diocèse, il a sçu maintenir ses droits et ceux de ses curés, sans jamais trouver d'obstacles de leur part. La religion n'a rien perdu par sa vigilance et son attention.
Il fut encore chargé des trois communautés de filles en qualité de Supérieur. Mgr. qui depuis son arrivée dans ce pays nous avoit toujours protégées, je pourrais dire préférées, le chargea plus particuliérement de notre maison et l’engagea à y fixer sa demeure. Il nous voyoit chargées d’un peuple infini etsans ressources : exposées à tous les dangers; il ne nous crut eu sûreté que sous ses yeux ; il ne se trompait pas. La suite de ma narration vous apprendra tout ce que:nous Ini devons ses sirssesneete dore cétotonssecssea ce
Comme notre maison était encore pleine de malades. M. le Gd: Vic. qui veillait de près à nos intérêts, renvoya un grand nombre d'aumôniers qui ne pouvaient que nous être à charge par la cherté et la rareté des vivres. ‘ Il se chargea avec M, de Rigauville, chan. du chap. de Q., et aumônier de notre maison, prêtre d'un mérite et d’une vertu distinguée, d’administrer les sacrements aux malades et de veiller jour et nuit auprès des moribonds. Ils avoient encore tous les habitants des environs à confesser et à assister dans is besoin. Ce qui occupait et afligeait infiniment M. notre Gd. Vicaire était de ne pouvoir remettre la CIOTUPE nées adrcen one onen as snne dos an need ee F9 08000 d es d00 0 tie des ve 6e
Le choc (la bataille de Ste. Foye) se donna à quelques pas de Québec, sur une hauteur vis-à-vis de notre maison.......M, notre Gd. Vic. (auj. notre Evoeque) qui ne souffrait pas moins que nous, nous exhortait à soutenir cet assaut avec résignation et soumission aux ordres de Dieu; après quoi il alla se renfermer dans l'église, pénétré de la plus vive douleur, où comme le Gd. prêtre Aaron, il courut au pied des autels....….. Il se leva plein d’espé: rances au milieu de l’action, pour se transporter sur le champ de bataille, malgré notre opposition qui n’était pas sans raison: car il y courut das risques. Ce qui lui fit prendre ce parti étoit, nous
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it son Disiers mema droite de mis n'ont rénération.
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3 en qualité y nous avoit à plus partilemeure. Il 18 : exposées 18 808 YCOUX ; y apprendra
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and nombre arge par la . de Rigauaison, prêtre br les sacres des moriirons à conet affigeait remettre la ques pas de M. notre ns que nous; n et SouMISfermer dans e Gd. prètre plein d'espé’ e champ de raison: Car ti étoit, nous
disoit'il, qu'il n’y eût pas assez d'aumôniers pour assister les mourants qu'il croyait être en grand nombre,
M. de Rigauville notre aumônier, plein de zèle, l'y voulut suivre. Il n'était pas sans inquiétude, M, son unique frère et plusieurs de ses proches étaient dans l’armée... ss
Vous aurez sans doute appris, mes chères mères, que l’Anglois touché et lassé de nos poursuites, accorde un Evêque à cet infortunée colonie; et leur choix ainsi que celui des François est tombé sur un sujet qui a pris naissance dans notre Province de Bretagne. Cela ne doit pas vous être indifférent : puis le seul mérite d'un homme a fait quelquefois le bonheur et la gloire de sa patrie...
M. Briand ayant été choisi par feu Mgr. de Pontbriand qui le connaissait parfaitement, l’ayant toujours eu auprès de lui, il le chargea de la conduite de son diocèse pendant sa maladie, Il s'en acquitta si dignement qu'à la mort de ce saint Evêque, le chapitre le nomma Vic. Gén. à la satisfaction des François et de l'Anglois, qui l’ont'fait passer l’année dernière à Londres pour le faire sacrer dans quelque Province, et revenir prendre possession de son Diocèse. Joignez donc, M. T. R. M. vos prières aux nôtres pour avancer son retour, Nous nous flattions que son absence ne durerait que 7 à huit mois, et voilà bientôt l’année expirée sans savoir le temps que la Providence a destiné pour combler nos vœux eb assurer le salut de ce pauvre peuple qui n’a d'assurance que dans son Evèque, pour le renouvellement et la continuation de ses mystères. Pour nous autres, l'intérêt général, outre que nous en avons un particulier la perte de ce pays auroit entraîné la nôtre sans sa charité et sa protection qui nous a mérité celle des Anglois. Notre monastère et nos biens seraient vendus pour payer les dettes que nous ont fait contracter les troupes du Roi de France, et nos créanciers n’ont arrèté leurs poursuites que par ordre du gouverneur à qui notre maison est redevable de subsister encore.
Pour M. Briand nous lui devons d’avoir sçu nous maintenir dans notre cloture ; ce qu’il nous aurait été impossible de faire, s’il n'avait pourvu par sa charité et par des moyens que la Providence lui fournissait pour subvenir à notre indigence, se refusant son nécessaire pour subvenir au nôtre. Nous lui faisions d'autant plus de pitié qu’il était témoin que le dérangement de notre temporel ne venait pas de notre faute, mais bien de la part de la Cour.”
L'acte de la démission de Mr. de Montgolfier qui est peu connu, renferme un éloge de Mr. Briand qu'il est utile de consigner ici :
“ Je soussigné, prêtre missionnaire en Canada, élu par le chapitre de Québec, le 15 septembre 1763 pour remplir le siége épiscopal de cette ville et de tout le Canada vacant depuis plusieurs années par la mort de feu Monseigneur de Pontbriand déclare que je n'avais consenti à cette élection qu'en vue du plus grand bien de l'Eglise et sous le bon plaisir des supérieurs civils et ecclésiastiques; et que vu aujourd’hui l’état des choses et la disposition des puissances temporelles, je renonce librement, purement et par. faitement autant que de besoin à la dite élection et certifie en même temps que je ne connais personne dans cette colonie plus en état de remplir cette place que M. Olivier de Briand ptre. chan. et Gd. Vicaire du diocèse, qui, à la pureté de foi, au zèle, à la science, à la prudence et à la piété la plus distinguée que je connaisse dans cette colonie, joint en sa faveur le suffrage du clergé et des peuples et la protection la plus marquée du gouvernement politique.
En foi de quoi j'ai signé la présente déclaration à Québec le neuf Septembre 1764.
(Signé,) Montgolfier, Ptre.”
JosEPH FRANCOIS PERRAULT.
Fut ordonné prêtre dans l’église des Ursulines de Québec, par Mgr. de Pontbriand le 20 septembre 1742, et envoyé comme curé à l'Ile du Pads. Peu de temps apres il fut nommé curé de Terrebonne. Il demeura plusieurs années aux Trois-Rivières, et fut vicaire capitulaire pour son gouvernement à la mort de Mgr. de Pontbriand. En 1760, quanG M. Briand eût été élu Evèque de Québec, la charge de Vicaire Capitulaire fut confiée à M. Perrault qui alla x‘sider à Québec. A son retour d'Europe, Mgr. Briand le fit son Grand- Vicaire : il avait 47 ans. Il mourut au bout de 8 ans, et fut inhumé dans la chapelle de l’Hôtel-Dieu, au bas des degrés du maîtreautel. Ilétait chanoine depuis 24 ans. Son père était un marchand de Québec, il avait des parents à Dunkerque et à l’Ile St, Domingue,
Tant qu'il vécut, on conserva l'espoir de voir le chapitre se soutenir: mais sa mort réduisit ce corps à deux membres infirmes, MM. de Rigauville et St. Onge : les autres étaient en France, sans aucune intention de revenir.
Tomas THI30ULT.
Ce prêtre du Séminaire de Québec arriva à Québec en 1710, Il fut nommé pénitencier du chapitre et son procureur en France
ar le chasiége épisplusieurs léclare que erand bien L ecclésiase disposition ent et parcertifie en nie plus en e. chan. et la science, naisse dans des peuples ique.
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c, la charge la -‘sider à
du maîtreit un marà l'Ile St.
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pendant 2 ans: mais la mort inopinée de M, Pocquet, curé de Québec, le fit choisir pour remplir cette charge, et il résigna sa fonction de Pénitencier (1716). Il devint Supérieur du Séminaire de Québec et le fut jusqu’à sa mort (1724). TI n'avait que 43 ans: il fut inhumé à la cathédrale le 13 avril,
JosePx RESCHE.
Il est mentionné parmi ceux qui terminèrent leurs études au Petit Séminaire de Québec en 1716 et fut ordonné prêtre le 18 août 1720. L’Evèque le plaça dans la cure de St. Antoine de Tilly où il demeura jusqu'en 1733. Le 28 septembre 1752, il fut fait chanoïne de la cathédrale. Sur la fin de sa vie, il se retira à l'Hôpital-Général et y mourut à 76 ans, le 2 avril 1770.
PIERRE BoucAULT.
Il était de Rennes et fut ordonné prètre dans l’église des Ursulines de Québec le 22 septembre 1742, A la première vacance d’un canonicat, (1744), il fut placé dans le chapitre. Il en était le secrétaire en 1747, mais se démit au bout de deux ans, et retourn? en France en 1754,
JEAN FELIX RECHER.
Plusieurs des curés de Québec sous le Chapitre moururent avant 50 ans, à cause sans doute de la lourde charge qui pesait sur eux. M. Récher fut de ce nombre. Il arriva en 1747, et appartenait au Séminaire. Pendant le Siége il demeurait chez les Ursulines. Il fut enlevé à l'âge de 44 ans, le 16 mars 1768, et inhumé dans la chapelle du Séminaire. Ses funestes contestations lors de la prise de possession de la cathédrale par Mgr. Briand lui créèrent des embarras et des déboires qu'il aurait pu éviter. Voici dans quels termes le préla. parle de lui: “Ce prètre d’ailleurs zélé et très capable et que j avais comblé d'honneur pendant que j'étais auprès de l’ancien Evêque et pendant les cinq années que j'avais été Vicaire Capitulaire avait pendant mon voyage à Londres soulevé l'esprit de: marguilliers et d'une partie du peuple.”
A sa mort l’Evèque lui donna pour successeur un tout jeune prêtre comme curé d'office: puis M. Dosque au bout de 18 mois, M. Récher fut le dernier curé de Québec revètu de la qualité de chanoine honoraire.
JosepH MARIE DE LA CORNE.
Ce chanoine est un de ceux dont l'influence s’est fait le plus sentir. Il était canadien, fils de Jean de la Corneet de Marie de Contrecœur, Il fut tonsuré en 1735; mais il alla en 1738 se faire ordonner prêtre à Rennes avec les jeunes Mercereau et Guillory. L'Evêque les reçut parfaitement et sachant que Mgr. Dosquet était en France depuis trois ans à cause de sa mauvaise santé, il les plaça lui-même dans le Grand Séminaire, avec ordre au Supérieur de leur donner tout ce qui leur serait nécessaire, alla les y voir souvent et les fit diner chez lui. (Lettre écrite de Paris, 21 mars 1739). Il y avait déjà deux ans, le gonverneur Beauharnoiïs informait le ministre qu’il y avait au Grand Séminaire de Québec ou dans les communautés religieuses une vingtaine de sujets qui pourraient être ordonnés et qui seraient utilement employés dans les différentes paroisses de la colonie qui manquaient de prêtres.
M. de la Corne revenu en Canada, fut nommé curé de St Michel. L'influence de sa famille le tit nommer conseiller-clerc au Conseil Supérieur de Québec.
En 1747 il fut nommé chanoine de la cathédrale, et dès 1750 député en France comme procureur du chapitre. Dans une lettre de l’année suivante il informait ses confrères qu'il était allé à Maubec, dont l’abbaye leur appartenait, ‘J’achetai, dit-il, un cheval, une selle et des bottes, étant obligé de passer par des chemins de traverse où il n’y va ni carosse ni messager. Il me fallut prendre un guide pour me conduire ; c’est un pays affreux pour les chemins que six mois de pluies consécutives avaient rendus impraticables, au point que je fus obligé une fois d'envoyer chercher du monde pour tirer mon cheval du bourbier, Il est malheureux pour nous que cette abbaye soit si éloignée des villes, et que les denrées n'aient point de débouchés; elle nous donnerait au moins moitié plus. Nous avons trente-deux étangs superbes : le poisson y est excellent.”
M. de la Corne recut du Roi la dignité de doyen du chapitre en 1755, et bientôt fut nommé Abbé de Maubec. Il rendit des services inappréciables à ses confrères, et fut utile à la religion de différentes manières. Les derniers chanoines correspondirent constamment avec lui, et lui durert les faibles pensions qu'ils purent retirer jusqu'à leur mort, Mgr. Briand lui-même y participait comme ancien chanoine. M. de la Corne s'était démis du doyenné et mourut à Paris le 8 décembre 1779.
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JosEPH AMBROISE GAILLARD.
Il était fils de Pierre Rey Gaillard de St. Pierre d’Angoulème et de Françoise Cailleteau de Québec. Il fut ordonné prêtre le 16 juin 1726 à l'Hôpital-Général par Mgr. de St. Valier qui le nomma l’année suivante curé d'Autray, avec la desserte de Berthier en haut et l'Ile du Pads. * Il était seigneur de l’Ile et comté de St. Laurent. En 1749, il fut fait chanoine, mais continua à être curé. En 1760 il fut quelques mois curé de Varennes. Il mourut à Lanoraie le 2 avril 1771, à l’âge de 70 ans.