‹ Notice biographique sur François de Laval de Montmorency [microforme]Chapitre 96 sur 110 · PIERRE ST. ONGE · texte numérisé non relu

PIERRE ST. ONGE

Il avait été ordonné le 18 décembre 1745: fut envoyé vicaire à Beaumont en 1747; puis curé de St. Anne du Petit Cap en 1749; il était curé de Batiscan lorsqu'il fat nommé chanoine le 6 nov. 1755. Il devint secrétaire du chapitre le 27 sept. 1756. Le 11 sept. 1764, Grand Vicaire sede vacante, aux Trois-Rivières. En 1766 Mgr. Briand devenu Evèque de Québec nomma M. St. Onge son Grand Vicaire pour les Trois-Rivières. Il devint doyen du chapitre. Quant à sa mort, le Repertoire la met au 22 sept, 1795 à 74k ans. Ilne faut pas le confondre avec un autre St.

Onge mort le 24 juillet 1794 à 70 ans et inhumé dans l’église de St.

Valier.

* Voir l'Annuaire de Ville-Marie,

RCA a aeuon

Extrait du Journal Badeaux.

1777, sept. 2. Au commencement de ce mois nous fûmes plusieurs: personnes chez M. St. Onge, grand vicaire pour le prier de nous. accorder quelques prières publiques, ce qu'il fit très volontiers. Il ordonna même que les reliques de St. Clément et de St. Modeste. qui reposaient dans notre église seraient descendues, vû qu'on avait plusieurs fois reçu des preuves évidentes du crédit que ces grands. saints ont auprès du Seigneur. Ainsi elles furent descendues, et on fit une procession où elles furént portées par M. le Grand Vicaire: et le Rev. P. Isidore, curé de cette ville. Nous partimes de la paroisse en chantant l'hymne Sanctorum meritis, nous nous rendimes chez les PP. Récollets, de là nous fûmes chez les Dames Ursulines, où après que les religieuses eurent chanté quelques motets, M. le Grand Vicaire entonna le 2e Deum que nous chantâmes en retournant à la paroisse. Y étant arrivés nous recumes la bénédiction du Très St, Sacrement, et nous fûmes avertis que l’on ferait une neuvaine dont cette procession était l'ouverture. Pendant toute la neuvaine le monde a été fort assidu à la messe et aux saluts : il s’y trouvait de très bons chrétiens; mais combien y en avaient-ils d’autres ? J'ai oui dire moi-même à plusieurs personnes qu’elles y allaient, mais c'était pour prier Dieu que ies Bostonnais gagnassent. Voilà le point où l’on a poussé l’irréligion, et puis doit-on être étonné si Dieu appesantit sa main sur cette misérable province! Après la neuvaine finie, nous fûmes remercier M.le Grand Vicaire qui nous reçut très bien.

1718, mars 10. Nous avons eu ici aujourd’hui un sermon prêché par M. le Grand Vicaire. Au commencement de son discours, il a donné sur le nez de quelques Congréganistes * qui avaient tourné en ridicule quelques expressions dont il s'était servi dans un sermon qu’il nous donna le mardi gras.

16. Les troupes ont demandé la charité dans toutes les maisons. de la ville disant qu’ils crevaient de faim ............,.,,, M. le Grand Vicaire en ayant rassasié quelques uns et ne se croyant pas obligé de nourrir toute la garnison fut contraint de faire fermer la porte pour pouvoir manger tranquillement.

Avril 2. J'ai été aujourd’hui chez M. le Commandant pour lui demander de la part des Dames Ursulines le paiement des malades qui ont été à l'Hôpital depuis l'automne dernier: il m'a fait réponse qu’il n’y avait point d'argent d'arrivé, etc.

* Expression employée à cette époque pour désigner les amis du Congrès.

plusieurs:

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tiers. Il t. Modeste: u'on avait.

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s de la paus rendijames Ures motets, itâmes en >s la bénél’on ferait Pendant et AUX Saien y en personnes 3ostonnais n, et puis misérable .le Grand

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ongrès.

Avril 25. M. St. Onge, vicaire-général, à annoncé ce matin un neuvaine pour demander à Dieu ;

sa sainte bénédiction : sur cette province, et la conservation de notre religion : cette neuvaine doit C : 9 ommencer dimanche, 2 Courant, les Dames Religieuses doivent S y joindre par une neuvaine de communions

ee amis de la cause commune $e moquent et se raillent de nos Prieres, Mails nous nous en soucions fort peu; nous espé Dieu les écoutera et qu’il favori ne Men qu il favorisera les armes du Roy: si toutefois e ; pe pas de le faire, nous anrons toujours l'honneur et la ie ; ire que nous avons été fidèles sujets de Sa Majesté jus CT . k q n et que nous‘n’avons point donné notre âme au Diable en

devenant rebelles à notre R | 0Y Sous un faux prétexte d’o l Comme ont fait une quantité de nos e n

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QUATREIEME PARTIE.

Maugec.

L'histoire de l'abbaye de Maubec est peu connue; comme elle se rattache à l'épiscopat de Mgr. de Laval, nous la résumons dans ce chapitre.

Les vieux dictionnaires disent bien que Maubec en vieux français signifiait mauvaise langue; mais vraisemblablement l’on peut assigner une origine plus noble à ce nom donné avant même la fondation de l'abbaye par Dagobert. La charte en a été conservée et on y lit certains passages très-curieux. Après un préambule très-solènnel, la charte donne la description des lieux dans les termes suivants : ‘“ Est etenim locus non longe à confini- ‘“ bus pictavensis seu turonensis pagi uberrimus pascuis pecorum ‘“ et pimentorum, irriguus de cursibus aquarum atque amœænus ‘“ venationi ferarum, quo fuit mihi animus sæpius commorari, “ qui etiam ob frequentiam Regum delectandi gratia longoretus “ a commanentibus vocatur, ” Puis vers la fin parlant d’un lieu propre pour y construire une basilique en l'honneur de St. Pierre il dit que son parent Sigirran l’a aussi appelé millepecum, nom tiré sans doute de l'abondance des troupeaux et des bestiaux, ainsi que du gibier que l’on y trouvait à cette époque, qui est, comme l’on sait, le 1xe siècle. Dagobert en fait don à Sigirran qui venait de s'associer quelques moines pour y établir une maison religieuse, et l’autorise à y faire les constructions nécessaires aux frais du Trésor royal. Ille place sous la protection de la sainte Mère de Dieu, Marie toujours Vierge, en l'honneur de laquelle il veut que l’on érige un autel dans son palais pour y célébrer le saint sacrifice, en attendant qu’on élève une église spacieuse. Il recommande à son fils de fournir ce qui sera nécessaire lorsque le nombre des religieux sera devenu plus considérable; et pour engager le peuple fidèle à y prier pour la famille Royale, il fait don à l'Eglise d’une partie de la vraie croix, d’une relique du vêtement de la sainte Vierge et du manteau de saint Jean-Baptiste, ainsi que d’autres saints. Il fait don au monastère de toutes

mme elle résumons

en vieux ment l’on ant même en a été Après un des lieux à confinis pecorum e amœænus ommorari, longoretus d'un lieu St. Pierre ecum, nom bestiaux, e, qui est, à Sigirran ne maison saires aux e la sainte laquelle il célébrer le cieuse. Il lorsque le ; et pour ale, il fait relique du Jean-Bape de toutes

les Eglises construites ou à construire dans l'étendue de terre; comprise « decursu Andriæ usque trans cursum closæ circa fines biturigensis ac pictavensis confinii, de tout ce territoires, de ses dimes, revenus, etc., les exemptant de toute charge et redevance quelconque.

D'un autre côté, on lit dans l’histoire de l'Eglise de France, pur l'abbé Guetté, que ‘“ le maire du palais de Burgundie Flaocate ‘ donna à Sigirran les deux terres de Maubec et de Lonrei pour ‘“ y établir de pieuses communautés. ?”

Quoiqu'il en soit, les détails donnés sur ce premier abbé dans la même histoire intéresseront le lecteur :

‘“ Sigirran, vulgairement nommé saint Ciran, était né au dio- ‘ cèse de Bourges. Flaocate l'avait fait entrer à l’école du palais ‘ de Neustrie et il était devenu échanson du roi. Sigilaïk son père étant dévenu Evèque de Tours, voulut le marier à la fille ‘“ d'un riche seigneur nommé Adoal : mais Sigirran avait résolu de garder la continence et n’aspirait qu’à sortir du palais pour ‘“ se consacrer tout entier à Dieu. Après la mort de son père, ‘“ il se rendit à Tours; Modegisil, le nouvel Evêque, l’admit dans son clergé et le fit mème son archidiacre. Sigirran s'acquitta de sa charge avec beaucoup de fermeté, de vigilanee et une si tendre charité pour les pauvres qu’il leur distribuait ses propres biens avec une sorte de prodigalité. ??

Ces détails sont confirmés par la Charte, qui fait connaître la démission volontaire de Kigirran de son archidiaconé de Tours pour embrasser la vie religieuse : ‘“ qui ab archidiaconatu Tu- ‘“ ronensium se feliciore vita frui desiderans removens sub monachali norma cum jam sibi junctis fratribus existentem vitam ‘ transigere inibi profitetur. ” Rohrbacher fait connaître que les saintes profusions qu'il faisait de ses biens en faveur des pauvres avaient été traitées de folie par Etienne comte de Tours qui ‘ l'avait fait mettre en prison. La patience et les vertus de Cyran* ‘“ furent sa justification. Ayant été bientôt mis en liberté, il donna le reste de son patrimoine aux pauvres, et fit le pèlerinage de Rome avec un saint Evèque irlandais nommé “ Falvius. ”” C’est à son recour de ce voyage qu’il embrassa la vie monastique; et por: seconder cette sainte disposition le Roi lui donna Maubec: confirmo regali poñ et dignitate Sigire rano Sigelaici filio comitis ac Turonorum Epi qtenus qui sæcula-

* Mort en 655.

xibus pompis biturigensis comitis filius abrenuncians castitate custode virtutum Deo placere gestiens inibi ex meis propriis rebus ac facultatibus cœnobate monasterium ut animo concipit -construere liceat,

Voici quelques autres détails sur le mème personnage.

St. Cyran* ou Sigirran fonda deux monastères dans le Berri. Il était né en cette province d’une illustre famille. Ses parents lui ayant donné une éducation convenable à sa naissance, le mirent auprès d’un seigneur nommé Flaocate qui le produisit à la Cour. Cyran s’y fit estimer par sa modestie et par sa sagesse : et il y exerça la charge d'échanson du Roi. Pendant ce temps là Sigilaïc son père étant devenu Evêque de Tours, voulut le marier avec la fille d’un riche seigneur nommé Adoal ; mais le jeune courtisan parut plus détrompé du monde qu'un Evèque déjà avancé en âge. Il avait résolu de garder la continence, et il vivait à la Cour sans autre ambition que d'en sortir pour se consacrer à Dieu, quand la volonté de ses parents ne l’y retiendrait plus. Dès que son père fut mort, il alla à Tours, moins pour en recueillir la succession, que pour se donner lui-même à Dieu sous les auspices de saint Martin, Modegisile qui avait succédé à Sigilaïc dans le siége de Tours, l’adopta dans son clergé. Cyran exerça la charge d’archidiacre avec une fermeté et une vigilance qui lui attirèrent peut-être les mauvais traitements qu’il eut à souffrir, quoiqu'on les colorât d'un autre prétexte. Etienne, comte de Tours, le fit mettre en prison, l’accusant de folie, à cause des saintes profusions qu'il faisait de ses biens en faveur des pauvres. C’est ainsi que les prétendus sages du monde traitent la sagesse de l'Evangile. Ayant été bientôt mis en liberté, il donna le reste de son patrimoine aux pauvres, et fit le pelèrinage de Rome avec un saint Evêque irlandais nommé Flavius.

A son retour, il alla trouver Flaocate son ancien protecteur qui était devenu maire du palais pour le royaume de Bourgogne, l’an 641, et qui lui donna deux terres dans le diocèse de Bourges, sur les confins du Berri et de la Tourraine. f Cyran y bâtit deux monastères; savoir celui de Maubec et celui de Lonrei qui a pris le nom de St. Cyran. L'abbaye de Maubec a été uni à l'Evêché de Québec et celle de St. Cyran à celui de Nevers,

* Ext. de l’'Hist. de l'Egl. Gail, t. 3, p. 481-2.

t Comme le nom de Ciran a été formé de Sigiranus, il semble qu'on devrait écrire Siran par un S. Mais j'ai cru devoir suivre l'usage, qui est le maître de l'orthographe aussi bien que du langage.

castitate propriis concipit

, le Berri.

s parents le mirent | la Cour.

| y exerça silaic son ec la fille san parut \ âge, Il Cour sans quand la > son père uccession, s de saint le siége de arge d’arattirèrent quoiqu'on ours, le fit profusions ainsi que rangile.

son patriun saint

protecteur ourgogne, e Bourges, bâtit deux qui a pris à l'Evêché

won devrait le maître de

Flaocate fondateur de ces deux monastères, fut un de ces ‘hommes qui paraissent dignes des plus grandes places, avant que de les posséder, et qui se démentent bientôt dans l'élévation. Dès qu'il se vit élu maire du palais par les suffrages des seigneurs et des Evèques à qui la reine Montechilde s’en était rapportée, il se servit de sa puissance, pour opprimer un seigneur français Willebaud, dont le crédit et la puissance qui faisaient ombrage au nouveau ministre étaient tout le crime.

Malgré tous ses défauts Dagobert avait un grand esprit de for qui est exprimé vivement dans le préambule de la Charte.

“ Cum per universum mundum fides Christians Religionis et Apostolis sacris eroganda doctoribus prodigii et miraculorum signis prœuntibus Christi præœmisso nomine divulgaretur, innumera multitudo populi totius conditionis ad sacramentum baptismi purificandi noxa veteris culpæ confluebant, Clodovicus ergo Francorum Rex prœdicatione scti Remigii Remensium Epi divino afflatus spiramine ab eodem primus francorum Regum baptismi lavacrum sacræ purificationis suscepit.

A quo nempe ego Dagobertus filius Clotarii regis filii Chilperici filii Clotarii filii Clodovici ab eodem Clodovico primo nrorum fide : christi imbuto quintus vitam sanguinis trahens fide Christi et individuæ trinitatis verus cultor natu cujus ne ei etiam astra resistunt, vel quidquid cœlo subsistit famulatur cœlestis patriæ cohabitationem potiorem ducens sacra loca pignoribus sanctorum premunita et a sanctis apostolorum imitatoribus dificata adæ mihi confessis rebus augmentare, et etiam in quibus non fuerunt locis Christi memoriam non impiger fundata extruere cupit.”

Pour montrer l'importance qu'il attachait à cette fondation, le Roi ajoute en conclusion :

‘ Ego nempe Dagobertus et Clodoveus filius meus regali potentia et dignitate propriis manibus firmamus, autorisamus et confirmamus hoc donum devotione Sæ Dei genitricis, ac perpetuæ Virginis Mariæ.”

Extrait de la Topographie des saints, à Paris, 1703. Vo. S. Siran auparavant Lonrey (lat. Longoretum ou Longoreti) : et Meobec (lat. Millebeccus ou Millepecus). Monastères du pays de Brenne dans le Berry.

Flaocad autrement dit Flavaud, maire du palais du royaume de Bourgogne sous Clovis IT, touché de l'exemple de St. Syran, et résolu de le suivre dans sa retraite, lui donna deux fonds sur ses terres dans le païs de Brenne, aux extrémitéz du diocèse de

Bourges, sur les limites de la Tourraine, pour y bâtir deux monas tères, St. Svran jettu d’abord les fondemens de celui de Meobec ou Maubec, qui subsiste encore aujourd’hui à trois lieues de distance entre Argenton et Meizière en Brenne, Quelque temps après, ce saint alla bâtir l’autre monastère sur la rivière de Claise, dans la terre de Longoret, vulgairement Lonrey, au-dessous du Meizière. Saint Syran se retira dans ce dernier après la mort de Flaocad qui s'était renfermé avec lui dans celui de Méobec, et qui enétait sorti pour retourner au monde, Il en fut le premier abbé, après avoir donné la conduite de Méobec à un autre, et il mourut 15 ou 16 ans après vers l'an 657. Le lieu quitta depuis son premier nom pour prendre celui de St. Syran qu’il garde encore aujourd'hui avec la règle monastique de St. Benoît, de même qu'à Méobec. L'une et l’autre abaïe sont du diocèse de Bourges. Mais $. Syran est maintenant de la temporalité de Tourraine.

4 Décembre vie de S'. Syran.

Ce fut dans l’abbaïe de Lonrey que St. Baront se retira après. sa conversion avec son fils Agloald, et qu'il eut la fameuse vision. qui le fit passer ensuite en Italie.

25 Mars, sa vie.

Ciran ou Sigiran, Cyranus ou Sigiranus, abbé en Berri, né sur la fin du IVe siècle d'une famille illustre était fils de Sigélaïc qui devint ensuite Evêque de Tours. Il reçut dans cette ville une éducation qui répondait à sa naissance, ev lorsqu'il parut à la Cour il se fit estimer de Clotaire IT, qui le nomma son échanson, Son père voulut le marier à la fille d'un seigneur de ses amis nommé Adoalo, mais Cyran qui avait pris la résolution de garder la continence et qui pratiquait à la Cour toutes les vertus d’un solitaire, refusa cette alliance, et bientôt après il quitta son emploi et renonça au monde pour se consacrer à Dieu. Etant retourné à Tours pour visiter le tombeau de S. Martin, Modégisilo successeur de Sigélaïc lui conféra les SS. ordres et le nomma archidiacre de Tours. Cette dignité lui fournit l’occasion de rendre de grands services au diocèse par son application à corriger les abus et à rétablir la discipline. Ses vertus et surtout son immense charité pour les pauvres lui attirèrent la vénération du peuple. Mais son zèle lui suscita des ennemis puissants. Le gouverneur de la ville le fit mettre en prison sous prétexte de folie. Son principal persécuteur ayant péri misérablement peu de temps

x mOonAas

eobec ou distance après, ce , dans la eizière.

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après, Cyran fut rendu à la liberté. Il se démit alors de son archidiaconé, distribua aux pauvres le reste de ses biens et accompagna à Rome un des Evèques d'Irlande nommé Fulvius qui passait par Tours. Lorsqu'il revint d'Italie, il alla trouver Flaocate, son ancien protecteur, qui était devenu en 1641, maire du palais du Royaume de Bourgogne. Ce seigneur lui donna deux terres situées dans le diocèse de Bourges, sur les confins du Berry et de la Tourraine, Saint Uyran y bâtit deux monastères, celui de Maubec et celui de Lonrey, qui prit dans la suite le nom de Saint Cyran, Il y mourut l’an 657, et y fut enterré. Plus tard, quelques uns de ses ossements furent portés à l'abbaye de Saint Taurin d'Evreux.—-4 décembre,

(Extrait du Dictionnaire d'Hagiographie.)

Le Dictionnaire de Biographie Chrétienne après avoir reproduit en partie l’article précédent ajoute :—$Sa vie a été publiée rar Mabillon avec des remarques,

Ces extraits donnent une idée de la valeur et de l'importance de l’abbaye de Maubec, qui est demeurée cent ans unie au chapitre de la cathédrale de Québec.

Tous les documents officiels émanant de la cour de Rome parlent du don fait de cette abbaye par le Roy de France à l'Evêché de Québec; le Brevet de Louis XIV trouvera naturellement sa place ici, en voici le texte :

Aujourd’hui, quatorzième du mois de décembre mil six cens sojxante-deux,

Le Roy estant à Paris, ayant estimé très nécessaire pour le bien de l'Eglise, et accroissement de la foy catholique dans le pays de Canada dit la Nouvelle France en l'Amérique Septentrionale, d'y ériger un Evesché, et de fonder un revenu pour la subsistance de l'Evesque et le soutien de la dignité Episcopalle, sur l’advis qui luy a esté donné que l’abbaye de Maubec de l’ordre de St. Benoist au diocèse de Bourges est aprésent vaccante par le décedz de Gabriel de Louault, dernier possesseur d'icelle, Sa Majesté estant particulièrement informée du grand fruict que M. François de Laval, Evesque de Petrée, vicaire apostolique de Sa Sainteté au dit pays du Canada, y a faict par ses bonnes instructions et par les exemples de vertu qn'il a donnés aux peuples et habitants de la dite Nouvelle France.

À accordé et faict don au dit Sr. de Laval de la dite Abbaye de Maubec, vaccante comme dit est, comm'aussy a nommé et nomme à notre Sainct Père le Pape, le dit S. de Laval pour estre le pre-

mier pourveu par Sa Sainteté du dit Evesché de Canada, qu'il plaira à Sa Sainteté d'ériger et d'establir la résidence de l'Evesque dans la ville de Kebec, avec la juri;diction et les attributions dont jouissent les autres Evesques de France.

Auquel Evesché Sa dite Maiesté a consenty et accordé, consent et accorde que la dite Abbaye de Maubec soit unie pour servir de revenu et fondation au dit Evesché, et pour cete effect le dit Sr, de Laval consentira aussy tant à l'érection du dit Evesché de Canada qu'à l'union de la dite Abbaye, et pour lors le titre de la dite Abbaye sera esteint et supprimé.

A la charge touttes fois et non autrement qu'après la dite union faicte, au lieu et place de la dite Abbaye de Maubec, à laquelle Sa dite Maiesté nommoit elle nommera à Sa Sainteté dès à présent et à toujours au dit Evesché de Canada, lorsque vaccation en arrivera par mort, resignâon ou autrement. Et pour témoignage de sa vollonté Sa dite Maiesté ma commandé d'en expédier vouttes lettres et dépesches pour ce nécessaires en Cour de Rome et ailleurs on vertu du présent Brevet qu'elle a signé de sa main et faict coniresigner par moi son conr. secrétaire d'estat et de ses commandements.

(Signé,) Louis

(Et plus bas,) Phelypeaux

Ce Brevet fut enrégistré au Parlement, le 20 août 1673, ainsi que les lettres patentes du 30 avril 1673, ci-après mentionnées, Le lieutenant général d'Issoudun et le substitut du procureur général verbalisèrent le 22 septembre 1673. Et la Cour du Parlement rendit un arrêt le 26 mai 1674, ordonnant la démolition des bâtiments mentionnés au procès-verbal comme inutiles et non nécossaires pour servir d'église de paroisse.

Enfin lorsque le 28 juin 1664, le Roi fit une supplique au Pape pour demander l'érection de Québec en Evéché, il lui annonca le don de l’abbaye de Maubec.

SUPPLIQUE DU Rot.

Très Sainct Père,

Nous sommes informez que le choix que Votre Sainteté a faict de la personne de notre amé et feal le Sr. François de Laval, Eves que de Petrée, pour aller en qualité de vicaire apostolique faire les

da, qu'il Evesque ns dont

consent ervir de it Sr, de Canada » la dite

te union ruelle Sa résent et arrivera ge de sa es lettres [leurs en t coniie- :omman-

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fonctions épiscopales en Canada, a esté suivy de beaucoup d'avantages pour cette église naissante et coe nous avons lieu de nous en promettre encore de plus grands succès s’il plaist à Votre Sainteté de lui permettre d'y continuer à ladvenir les mesmes fonctions en qualité d'évesque du lieu, luy établissant à cette fin un siége épiscopal dans Québec, qui soit dependaut et relève du siége archiepiscopal de Rouen, nous espérons que Votre Sainteté y sera d'autant mieux disposé que nous avons desia pourveu à l'entretien du dit Evesque et de #es chanoines, consentant à l'union et incorporationperpétuelle de l'abbaye de Maubec, ordre de St, Benoit, diocèse de Bourges au dit Evesché. C'est pourquoy nous la supplions que son bon plaisir soit à notre nomination, prière et requeste accorder au dit S. Evesque do Petrée, le titre d'Evesque de Québec, avec pouvoir de faire en cette qualité les fonctions épiscopales dans tout le Canada, coe suffragant néanmoins du dit Evesché de Rouen.

Luy en faisant à cette fin expédier toutes les Bulles et provisions apostoliques requises et nécessaires,

Cette grâce sera instamment poursuivye par notre très cher et bien aymé cousin le duc de Crequy, Pair de France, commandant de nos ordres et notre ambassadeur extraordinaire auprès de votre Sainteté, auquel nous remettant de tout ce que nous pourrions adjouster à la présente, nous prions Dieu qu’il vous conserve très St. Père longuement et heureusement au régime et gouvernement de notre mère Ste. Eglise.

Escript à Fontainebleau le 26 juin, 1664.

Votre dévot fils le Roy de France et de Navarre. (Signé,) Louis.

La dépendance de Québec de l’Archevèque de Rouen, ne fut jamais accordée par le St. Siége. Deplus pour régulariser le don de l’abbaye, il fallait ues Procédures ecclésiastiques.

La Congrégation préposée aux affaires consistoriales, ayant été consultée sur l'érection du nouvel Evèché, donna son avis comme suit, pour ce qui concernait l'abbaye de Maubec :—

“ Ut mensæ episcopali ad commodam pro tempore existentis Episcopi sustentationem applicetur atque incorporetur abbatia nuncupata de Millebeco ordinis Sancti Benedicti Bituricensis diæcesis.” (9 oct. 1670.)

En conséquence Mgr. de Laval sollicita et obtint du Roi de

France des lettres patentes en date du 30 avril 1673, unissant la dite abbaye à l'Evêché de Québec; un arrêt d’enrégistrement en parlement de Paris du 20 août 1673 ; etenfin des procédures canoniques de la part de l’officialité de Bourges.

L'on exigea d’abord que l’Evêque fit un concordat avec les religieux survivants; ce qui eut lieu le 12 janvier 1673.

Alors (9 Septembre 1673.) intervint le décret de Jean de Mont pesat de Carbon, patriarche Archevèque de Bourges, primat des Aquitaines ; qui confirma la dite union, à {a charge que l’Evêque de laval et ses successeurs ‘‘ acquitteraient les charges dont les d. offices étaient tenus ; fersient faire en la cathédrale l'office et service divin... 0t employraient le surplus du revenu à l'entretien des faisant fonction de chanoine et chapitre de Québec, ainsi et de la manière qu’il est porté par les lettres patentes.”

Ce décret fut homologué par arrêt du Parlement, le 26 mai

Enfin par les bulles du 1er octubre, 1674, Clément X supprima le titre collectif de ladite abbaye, et assigna l’abbaye, l’unit et l’incorpora avec ses dépendances et revenus, à l'Eglise de Québec et à sa manse Episcopale,

Dans le décret &’érection du chapitre de la cathédrale de Québec fait le 6 ncvembre 1684 par Mgr. de Laval, d'après le désir du Roï et l’irjonction du Souverain Pontifs, ainsi que l’on a vu ci-dessus, il est réglé ‘ que tout ce qui dépendait de la manse abbatiale de Maubec-(et de Lestrées) seraient attribué à l'Evêque et que tout ce qui formait la manse monachale serait divisé et distribué entre les dignités, les chanoïnes et bénéficiers en la forme, de la manière et au temps qu: seraient indiqués par les statuts qui devaient être faits.”

Le Roi, par les lettres patentes de février 1685, et de mars 1692, ajouta à la dotation de l'Evêché. deux autres abbays, savoir celles de L’Estrées et de Bénévent. Puis par de nouvelles patentes du mois d'octobre 1697, il confirma, approuva et autorisa le concordat ou partage fait entre l’Evèque et son Chapitre en date du 20 avrii précédent et ratifié par les parties le 5 du même mois d'octobre, (Genaple‘not.)

Il est à remarquer que cet acte de ratificaticn ainsi que le concordat lui-même porte qu’il était fait pour régler et lever les difficultés qui pourraient survenir en l’exécation du concord£t précédemment fait le 16 du même mois d'avril.

Tous ces actes étaient notariés et avaient été précédé d’une

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convention sous seing-privé en date du 7 mars 1696; qui se complétait par une autre en date du 20 avril 1697, dans laquelle les parties reconnaissaient les obligations et charges réciproques qu'elles acceptaient. Le chapitre la ratifia également le 5octobre.

Rien, ce semble, ne manquait pour que cet arrangement fût sta ble ; néanmoins il devait être soumis au Souverain Pontife pour recevoir son approbation. Mgr. de St. Valier se chargea de ce soin et se rendit à Rome.

Le 20 mai 1703, il écrivit à M. Glandelet, pour l’informer que la Congrégation des prélats réunis par le Pape pour examiner le partage proposé avait été d'avis d'attribuer deux des manses abbatiales aux missions du diocèse et en outre de réduire le Chapitre à un doyen et six chanoines. Ces mesures furent mal accucillies.

Le Chapitre ne perdit pas un moment et par une délibération du 24 octobre 1703, exprima son opposition à des mesures aussi régoureuses et qu'il croyait basées sur de fausses informations.

La Congrégation persista néanmoins dans sa proposition, qui ut adressée sous forme de bref le 7 septembre 1704, à l’official de l’Archevâque de Paris; celui-ci était chargé ‘“ de faires toutes les enquêtes nécessaires, d'approuver les conventions qui seraient intervenues entres les parties, en autant qu’elles ne seraient pas contraires aux Constitutions apostoliques et aux décrets du St. Concile de Trente.”

Comme civilement, les brefs et bulles ne pouvaient être enregistrées qu'après l'approbation du Conseil du Roi, l’official dut avoir recours à cette épreuve ; qui fut deux fois fatale au bref; pour cette raison, l’official'ne fit pas de procédure et attendit. Le Chapitre de son côté ne se tint pas pour réduit ; après plusieurs négociations auprès de l’official, il finit par rédiger une nouvelle opposition en forme contre les clauses étrangères aux concordats, Ce

document est du 7 novembre 1710, et Mgr. de St. Valier, y donna son acquiescement le 4 Juin 1711, peu de temps après avoir été mis en liberté par les Anglais, qui le retenaient prisonnier depuis cinq ans.

Les poursuites que le Chapitre fit faire en Cour de Rome pour obtenir une Bulle suivant ses désirs furent inutiles. Elles furent plus heureuses auprès du Conseil du "oi; en vertu d’un arrêt du 1er octobre 1712, qui renvoyait certaines difficultés au sujet des abbayes et autres par devant les Commissaires nommés à cet effet, il fut émané des lettres patentes en forme datées du mois de Septembre 1713. Le Roi confirmait l'érection de l'Evèché et du Cha-

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pitre telle qu'elle avait été faite dans le principe, et pour assurer la subsistance du nombre de chanoines mentionné dans le décret d’érection (ce. à d. les dignités et 12 chanoïnes,) faisait au chapitre don d’une gratification de 3000 Ib. par année à prendre sur le domaine du Roi en la Nouvelle-France. Cette nouvelle dotarion mettait le chapitre en état de subsister et faisait disparaître une des raisons qui avaient motivé la Bulle de 1704; elle resta donc une lettre morte et l'official de Paris ne la mit jamais à exécution. Pour confirmer davantage la permanence du don fait par le Roi, l'Evèque et le chapitre acceptèrent, par un acte en forme daté du 20 avril 1714, la gratification exprimée dans les nouvelles lettres patentes, mais sans faire aucune mention de la Bulle de 1704.

Un fait intéressant qui se rapporte à l’abbaye de Maubec est l'existence d’une relique de $. Loyau, abbé de Maubec, qui est déposée dens la grande lanterne du tabernacle de la cathédrale de Québec. Le procès verbal de la visite faite de ces reliques le 29 octobre 1798 par M. Jos. Oct. Plessis, alors Vicaire Général de Mgr. Denaut, atteste ‘“ qu’il a visité et reconnu pour authentiques les différents reliques suivantes, savoir un os insigne du bras de S. Paul Apôtre, un osinsigne de S. Loyau * abbé de Maubec, une partie de ‘a mâchoire Ste. Apolline vierge et martyre... ETAT ET le tout enfermé dans une châsse de bois d’'Ebène vitrée et garnie d’argent, la dite châsse revêtue en dedans de velours cramoisi et scellé en dix-sept endroits différents du sceau du diocèse, de laquelle le dit Sr. Vic. Gén. a extrait seulement trois des susdites reliques, savoir; celies de $t. Paul, de St. Loyau et de Ste. Apolline sus-mentionnées, qu'il a placées au milieu d’un reliquaire de bois doré, vitré et fait en forme de lanterne, pour être placé sur le dome du tabernacle du maître autel de l’église cathédrale de Québec ;....…. jé Le dar bou permettant que les reliques tant de l’un que de l’autre reliquaire continuassent d’être exposées à la vénération des fidèles.”

Voici l’histoire de ces reliques d’après l’authentique de Mgr. de S. Valier daté du 25 Janvier 1689, qui se trouve au Reg. A des insinuations de l’Archevèché, page 277 : Le Roi Dagobert, fondateur de l’abbaye, lui en avait ‘ait don dans sa piété et sa munificence. Elies étaient encore dans l’abbaye lors de son extinction, et Mgr. de Laval les y avait vues, ainsi que leurs authentiques.

+ Ce nom a été trouvé dans le reliquaire suivant les notes de Mgr. Plessis. L’a” thentique porte seulement, comme on le verra plus loin, S. Primi Millebecensis Abbatis ; la Gallia Christiana le nomme Leodaldus (S. Loyau.)

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Quoique Mgr. de St. Valier eût vu lui-même ces authentiques, ik ne les avait pas apportées. Comme les reliques avaient été retirées de l’abbaye l’année précédente (1688) avec la permission du Roi et le consentement de l’Archevèque de Bourges, Mgr. de S. Valier obtint des mêmes autorités l'autorisation de les emporter à Québec.

A son arrivée le clergé, les nobles et le peuple supplièrent instamment le prélat d’exposer à la vénération publique ces insignes, reliques désignées comme suit :

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