Part. IV : Du principe des phénomènes de conscience
quelle est composée d'une inGnité de parties, Jouffroy expose avec beaucoup de force les raisons qui peuvent nous aider à concevoir l'hypothèse d'une force immatérielle servie par des organes corporels \ Son spiritualisme se pose sous des formes plus explicites encore dans un autre de ses écrits *, composé à une date ultérieure , et qui, par conséquent, peut être regardé comme son dernier mot sur cette question. Il montre que le moi, par un acte d'aperception immédiate de conscience , se saisit lui-même, et, en même temps, saisit tous les phénomènes dont il est le sujet. Au contraire , ce qui se passe dans le corps et dans les organes du corps , le moi n'en est pas informé directement, et , s'il arrive à le savoir, ce n'est qu'à l'aide de procédés complexes et laborieux. Que suit-il de là? C'est que le corps n'est pas le moi, et ne saurait être confondu avec lui. Si le corps était le moi, le moi saurait ce qui se passe dans le corps ; la vie du corps , les fonctions des organes corporels , les phénomènes qui résultent de l'action de ces organes, lui seraient connus comme sa vie propre, comme ses fonctions et ses phénomènes propres. Or, c'est ce qui n'est pas ; tandis que, d'autre part , le moi , par une simple aperception de conscience , s'atteint lui-même dans son existence une et indivisible, et atteint en même temps les phénomènes qui sont véritablement siens. Deux principes sont donc à distinguer dans l'homme : le corps avec ses fonctions , le moi incorporel ou l'âme avec sa vie propre et l'ensemble des propriétés et des phénomènes qui s'y rattachent. En logique , Jouffroy n'a traité qu'une seule question,