I. Vers loS-iiy
a. Philénion et Baucls, vers i5i et iSî.
XLiv NOTICE BIOGRAPHIQUE
Femme, de plus, assez prudente Pour me servir de confidente.
Est-ce un programme qu'on ne doit pas prendre au mot et qu'il aflSche en badinant? Non, c'est la véritable histoire de son mariage. N'en a-t-on pas reconnu tous les traits ? Nous ne nous étonnons pas que M. Saint-Marc Girardin, sans vouloir trop examiner les fautes réciproques, ait dit* : « Je mets, sans hésiter, les plus gros torts sur le compte du mari. »
Vivre ensemble aux conditions que la Fontaine y aurait voulues, eût été difficile. Sur une mésintelligence que le mari luimême n'a jamais dissimulée, l'auteur de la lettre de 1755, insérée dans les Mémoires de Trévoux^, essaye de donner le change : « Si, dit-il de Mlle de la Fontaine', elle n'a pas suivi ce mari dans la capitale..., c'est la dissipation qu'ils avoient mise l'un et l'autre dans leurs biens qui a occasionné cette séparation. » Faut-il donc croire que, sans le mauvais état de leurs affaires, ils ne se fussent jamais éloignés l'un de l'autre? C'est nier bien vainement « le nœud d'hymen » mal respecté, d'un côté tout au moins ; c'est prétendre supprimer les témoignages les plus certains d'une séparation d'un tout autre caractère. Voici celui de Louis Racine, qui contredit aussi la lettre de 1755 sur un autre point de moindre importance, sur la petite phrase qui pourrait faire entendre que la femme de la Fontaine ne l'avait jamais suivi dans aucun de ses voyages à Paris *. Elle y avait, au contraire, demeuré quelque temps avec lui, et ne
I. La Fontaine et les fabulistes^ tome I, p. 279. a. Voyez ci-dessus, p. vi, note 4.