‹ Notice biographique sur La FontaineChapitre 51 sur 153 · Épître IX, vers i43-i · texte numérisé non relu

Épître IX, vers i43-i

2. Rien de plus clair, et Walckenaer n'aurait pas dû s'y tromper. Ne voulant voir dans les deux M*** qu'une même personne, il a supposé (tome I, p. Si) que c'était Pellisson qui avait réclamé de la Fontaine une pension pour lui-même, en récompense de la peine qu'il prenait d'appeler l'attention de Foucquet sur les vers du poëte. Le contre-sens est évident.

SUR LA l'ONTAlNE. lxi

reconnaît l'cilcve et déjà l'égal en ces lins badinages. La ballade A Madame Fouajuet, dont le refrain est :

Kii puissicz-vous dans cent ans autant faire!

acquitta, suivant iVLithieu Marais, le premier terme de iGSg. Pour le second, autre ballade, celle-ci A Foucquet :

Promettre est un, et tenir est un autre.

Pour le troisième, une ballade encore, dont le sujet avait été donné, sur la paix des Pyrénées et le mariage du Roi.

Il paraît qu'un des termes de 1660, payé en courts madrigaux, ne lit pas tout à fait le compte du créancier ; mais le débiteur, qui prétendait que ses vers fussent pesés, et non comptés, se justilia par un agréable dizain. Il s'acquitta d'un autre des termes de la même année 1660, celui d'octobre un peu anticipé, en adressant à Foucquet la relation en vers de l'entrée de la Reine dans Paris, le 26 août. Il devenait poète gazetier de grand seigneur : c'était alors la mode. Dans une lettre qui accompagnait l'envoi à Foucquet de l'ode Pour Madame (Henriette d'Angleterre), à l'occasion de son mariage avec Monsieur, frère du Roi, il nous fait savoir que cette ode satisfit au terme de Pâques 1661. Du côté de ses payements poétiques, voilà une comptabilité bien tenue, avec pièces à l'appui, qui ne devait pas être perdue pour les âges futurs. Il n'a pas pris le même soin de leur laisser le compte de ses recettes, qu'il n'a cependant pas encaissées seulement en monaie d'approbation et de bon accueil. D'Olivet parle de gratifications*; Perrault^, Mathieu Marais' et Fréron* d'une pension. Il est plaisant qu'à écouter la Fontaine (et n'avait-il pas liaison?) il n'y eût là d'autre pensionné que Foucquet, dont l'or avait moins de valeur que les louanges du poète, si bien assaisonnées et si ingénieuses. C'était tantôt l'esprit de Voiture, tantôt la grâce et le tour naïf de Marot.

Nous n'avons pas cité toutes les petites pièces que la demi-

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