‹ Notice biographique sur M. BaumèsChapitre 7 sur 7 · OUVRAGES ÉDITÉS · texte numérisé non relu

OUVRAGES ÉDITÉS

20.0 Annales de la Société de Médecine-Pratique de Montpellier , onze volumes in-8.°

2 1 .° Actes de la Société de Médecine-Pratique de Montpellier , un volume in-4 ° j Montpellier , 1807.

Le professeur Bai mes se proposait de faire imprimer l’éloge du comte de Fourcroy , qu’il avait lu, le iG mai 1810, à une séance publique de la Société de Médecine-Pratique de Montpellier.

Il avait aussi l’intention de livrer , dans peu de temps , à l impression , un ouvrage intitulé: Nosologie Clinique , ou traité complet de Médecine-Pratique interne et externe , qui aurait formé six volumes in-8.° Baumes travaillait depuis long-temps à cet ouvrage , mais comme il suivait de près les progrès des sciences médicales , il s’aperçut , en le revoyant dans les dernières époques de sa vie , que les premières parties de son travail n étaient point au courant des connaissances actuelles. Quoique dans cet ouvrage il eut pour but principal d’offrir au public le résultat de son expérience , cependant il était jaloux que cette nouvelle production portât, comme les autres, l’empreinte de son génie et de celui de son siècle. Cette circonstance lui avait imposé l’obligation de faire à son livre toutes les corrections qu’il nécessitait , afin de l’élever à la hauteur des nouvelles découvertes dont l’expérience et l’observation lui avaient démontré l’importance et futilité. Ce motif seul lui en avait fait retarder la publication. L’accroissement progressif de

ses infirmités et son âge avancé , ralentissant , malgré lui , les efforts de son zèle , vinrent chaque jour ajouter à ce retard; bientôt le délabrement extrême de sa santé ne lui laissa plus que le pouvoir de s’occuper des travaux les plus ordinaires , et son dessein fut complètement abandonné. M. le docteur Baumes, son estimable fils, qui avait connaissance de cet ouvrage, désireux d’honorer la mémoire de son père en rendant ce nouveau service à la science, se proposait de publier ce dernier fruit de ses travaux» Mais vainement il en a fait jtisqu’ici la recherche* Ce livre ne sera-t-il qu’égaré ? Sera-t-il retrouvé? Vainement on a cherché jusqu’ici cet ouvrage, où le professeur Baumes a consigé les résultats précieux de plus de cinquante années de pratique. M. son fils doute, et désespère meme aujourd’hui , des succès de nouvelles recherches. Des craintes trop vraisemblables et des soupçons affreux le livrent déjà à des regrets et à des inquiétudes que doivent sincèrement partager les vrais amis de la science.

Mais cessons d’exciter le sentiment pénible qu’imprime un aussi malheureux événement, et continuons de crayonner l’histoire de la vie d’un des hommes que tant de qualités heureuses rendent si recommandable.,

Ce n’est pas seulement le médecin célèbre qu’on doit louer dans la vie de Baumes. Ses vertus civiques lui méritent les éloges qu’on doit à un bon citoyen. Constant dans ses principes, fidèle a la dynastie des Bourbons, on 1 a vu, dans tous les temps, donner les preuves du plus inviolable attachement pour la monarchie légitime. C’est à titre de savant et de bon citoyen, que Sa Majesté Louis XVIII, juste dispensateur des grâces, le décora de 1 ordre royal de la Légion d honneur.

Le Ciel avait donné au professeur Baumes une aine naturellement religieuse. Atteint d’une maladie rebelle, incurable, il se réfugia dans le sein de la loi et dans l’espérance, où il trouva les plus grandes et les plus douces consolations.

La charité a toujours eu un autel privilégié dans le cœur du professeur Baumes. Cette vertu divine lui inspirait sans cesse, envers ses malades et les indigens, les soins les plus zélés, et des largesses dont le registre n’était ouvert qu’au Créateur.

Atteint d’une maladie lente dans sa marche, et dont 1 incurabilité ne lui permettait pas de douter qu’il approchait du terme de sa destinée, il voyait sans effroi le fatal moment qui devait mettre lin à sa vie terrestre. Chaque jour était marqué par la perte progressive de

ses forces physiques ; mais , malgré les détériorations successives et profondes quelle entraînait , son ame, naturellement laborieuse, était tellement attachée aux devoirs de sa profession, qu’il les a constamment remplis jusque dans les derniers instans de sa vie.

Baumes avait justement apprécié l’impuissance de la nature et de l’art dans sa maladie: ses connaissances l’assurèrent de sa mort prochaine ; sa philosophie lui en fit supporter l’idée avec courage; sa piété sut la vaincre. Il conserva toute l’intégrité de ses facultés morales jusqu’au dernier soupir ; nous entretint avec sang-froid de sa mort, se détacha avec fermeté de toutes les affections terrestres; et, résigné

en entier aux volontés de l’Eternel, il expira, après quelques momens de calme , entre les bras du ministre de la religion , à huit heures du matin, le 19 juillet 1828, âgé de 73 ans.

Tels sont les principaux traits dont se compose le tableau de la vie de Baumes. Nous avons écarté de cette courte esquisse , tout ce qui est relatif aux agrémens de son esprit. Les qualités aimables qui le distinguaient , sous ce rapport , appartiennent plutôt au panégyriste qu’à l’historien. Nous avons aussi gardé le silence sur le vrai culte qu’il rendait à l’amitié. Honoré de l’intimité de ses affections, nous

nous serions cependant imposé ce devoir, si nous n’avions craint quon n’attribuât cet hommage autant à notre vanité qu’à notre reconnaissance. En publiant cette notice , nous n avons eu, d’ailleurs, d’autre intention, que celle de fournir des matériaux pour l’éloge d’un médecin célèbre, dont la vie, toute consacrée a favoriser le perfectionnement et l’avancement de la science , laisse la certitude que la postérité, juste dans les hommages quelle rend aux grands hommes, 1 honorera, comme nous , de l’estime et de l'admiration , dont il est digne par la profondeur de son génie ,

1 étendue de son savoir , la sagesse de sa doctrine , les lumières de sa longue expérience , la grandeur de son ame et la splendeur que tant de qualités reunies devaient répandre sur la faculté de IMontpellier , dont il a été un des plus puissans appuis et un des plus beaux ornemens.

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