BELLINI
Si Ton jugeait uniquement Jacopo Bellinî, le condisciple de Giovanni et d'Antonio da Murano, d'après le petit nombre de ses peintures au jourd'hui connues : la Madone de l'Académie des Beaux - Arts de Venise, celle de la collection Tadini, à Lovere, dans la province de Bcrgame, le Christ du Musée de Vérone, ou encore d'après l'ancienne copie de la Crucifixion dans cette même ville, détruite au siècle dernier, l'hésitation serait permise, et il semblerait téméraire d'attribuer à ce peintre la Flagellation et le Sarcophage do la collection de la Salle. Cependant le livre d'esquisses du British Muséum, que l'anonyme de Moreîli signalait déjà (Notizia d'opere di disegno, etc., p. 81) au xvie siècle, chez le Patricien Gabriel Vcndramin, à Venise, dénote, dans les études d'après l'antique et dans les sujets variés qu'il renferme, un habile prédécesseur de Mantegna. Si Jacopo conserve dans ses tableaux religieux les traditions des vieux maîtres vénitiens, il s'en affranchit dans ses autres compositions et prend place parmi les novateurs. Plusieurs dessins du recueil Vendramin représentent des monuments équestres et funéraires, des tournois, des cavalcades où figure l'aigle de la maison d'Esté. Les projets suivants semblent destinés au même personnage : monument surmonte d'une statue équestre (non seulement on y voit l'aigle, mais encore deux génies funèbres soufflant de la trompette, semblables à ceux du soubassement du tombeau de la collection de la Salle); autre monument équestre; char triomphal traversant une ville; cavalcade précédée d'un seigneur à cheval dont le caparaçon est orné du môme aigle; autres dessins, dépourvus de l'écusson distinctif, représentant des funérailles et des tombeaux.
Le maître s*est servi du crayon noir pour ces dessins; il en a repassé un petit nombre à la plume. La facture est très libre, sans aucune sécheresse, ce qui leur donne l'apparence d'un travail plus moderne. L'emploi de la plume modifie entièrement les esquisses de Jacopo, et sa facture redevient alors celle d'un primitif. Les figures du recueil du British Muséum, longues et parfois grêles, font penser à Squarcione et à Mantegna, sans offrir toutefois le caractère énergique et sauvage propre aux deux fondateurs de PÉcole de Padoue.
Il parait donc certain que les deux dessins de la collection de la Salle doivent conserver leur attribution. On connaît les travaux de Giovanni Bellini pour Alphonse de Ferrare; mais les rapports qui ont dû exister entre les prédécesseurs de celui-ci et le vieux Jacopo restent encore ignorés. j/ '-j j
ÉCOLES D'ITALIE ET D'ESPAGNE
S8 S. La Flagellation.
A droite, sous les arcades de la cour intérieure d'un palais, le Christ, attaché à une colonne, est flagellé en présence de Pilate et de nombreux spectateurs.
Les deux fiçades du palais, vues en perspective, sont ornées de balcons, de statues et de bas-reliefs; parmi les médaillons disposés sur la frise qui règne au-dessus des arcades, se trouvent : la reproduction du revers d'une médaille d'Alexandre avec l'inscription ASLE AVT (ocrâtes); Hercule dépouillant le lion de Inmée; l'Abondance; la louve allaitant Romulus etRémus, etc.
Au premier plan, au-dessous de la balustrade qui clôt les arcades, un dragon en bas-relief et deux petits génies tenant des instruments de musique.
L'aile du palais, vue de face, au fond de la cour, à gauche, est percée d'une porte sous laquelle s'avance un cavalier; plusieurs personnages debout, dans la loggia du premier étage; deux campaniles surmontent l'édifice.
A la plume, lavé de bistre, sur vélin. — II. 0,393. — L. 0,290. Collection Alexandre Lenoir.
Le recueil du British Muséum, cité à propos du monument funéraire précédemment décrit, contient deux esquisses de la Flagellation du Christ, dont Tune est à peu près la répétition de celle du Louvre. La disposition de la scène, où le peintre a introduit un plus grand nombre de personnages, est identique; l'épisode de la Passion a lieu dans la même cour, ornée de médaillons et non de statues; les balcons et le campanile se voient également dans le dessin de Londres et dans celui de Paris.
Deux autres vues d'un palais, empruntées au même volume, reproduisent, quant aux façades et aux escaliers, l'architecture du dessin de la collection de la Salle ; enfin, dans une étude pour la Décollation de saint Jean-Baptiste, Jacopo Beliini utilise encore le même mode de construction.
BONACCORSI.
BONACCORSI (Pi eh), dit PERINO DEL VA.Gr A., peintre. — Florence, 1499-1547.
(ÉCOLE FLORENTINE
SS. La Résurrection de Lazare.
A droite, le Christ suivi de cinq apôtres, étend la main vers Lazare, entouré de plusieurs personnages qui le soutiennent. Marthe et Marie sont agenouillées entre le Christ et leur frère. Le miracle a lieu devant la façade d'un palais.
On lit au bas : lazare veni foras.
La composition est renfermée dans un médaillon de forme circulaire.
A la plume, lavé de bistre et rehaussé de blanc, sur papier gris. — Diamètre 0,210.
Collections Mariette et Borduge.
Pour Tune des peintures, exécutées sous Paul III, par Perino del Vaga, dans la chapelle Massimi, à l'église de la Trinité-du-Mont, à Rome (Vasari, t. X, p, 165).
S54. Décoration <Tun attique.
Deux compartiments séparés par un pilastre sur lequel se détachent une figure de femme et un enfant ; dans le panneau de gauche, un médaillon avec Léda ; dans celui de droite, une femme drapée et un satyre ailé soutenant une guirlande.
A la plume, lavé de bistre. — II. 0,170. — L. 0,260.
ÉCOLES D'ITALIE ET D'ESPAGNE