BIJOUX
ET
La collection des bijoux du musée du Louvre est la plus riche qui existe en belles malières, et surtout en cristal de roche gravé; la collection des objets divers du Moyen âge et de la Renaissance otîre aussi au public des pièces rares et précieuses, mais il y a de si grandes lacunes dans ces deux collections qu'il est impossible d'en faire le sujet d'un travail suivi , comme on y est autorisé pour la sculpture française, les émaux et les faïences émaillées. En effet, écrire l'histoire de la bijouterie et de l'orfèvrerie, en l'absence de toute œuvre antérieure au xii® siècle , avec le secours d'une vingtaine d'objets pour les trois siècles qui ont précédé la Renaissance , et , pour cette grande époque, en présence de superbes matières sans doute, mais d'un petit nombre de bijoux seulement, ce serait contraire à la raison, qui veut que l'enseignement d'un musée se fasse par les monuments bien plus que par les explications, celles-ci ne devant se produire que pour venir en aide à l'examen des objets.
Il en. est de même des objets divers du Moyen âge et de la Renaissance ; ils présentent un trop petit nombre de types caractéristiques, pour motiver soit une histoire des arts, soit un tableau de la vie privée.
Les efforts de l'administration tendent à faire disparaître ces lacunes, et le temps n'est pas loin où avec un bon spécimen de chaque style dans chaque série, on pourra offrir, au moins par ses principaux types, un tableau méthodique complet de cette grande activité des arts, appliqués aux ornements du culte, aux fantaisies de la mode et aux ustensiles les plus vulgaires de la vie domestique.