QVI . SB . GARDE . DE . MATIS
Grisaille. Même fabrication que le n^D* 219. Revers incolore.
Régne de Charles X* — Collection Durand, n«*80-25<i(i.
N** S61 de ia r^ioiice des émaux, par M. le coinlc L. de Laboidc.
Jehan III Pénteaiad.
Nous avons vu qu'un Jean Péniraud avail paye, de rannéc 1584 à 1613, une rente sur une maison a' qui a été à Jehan Pénicaud, esmailleur, laquelle maison avait appartenu jadis à Nardon : nous avons présumé que ce successeur du chef de la famille était Jean IL Pfous pensons qu'il s'agit maintenant du Jean, Pnn des fils de ce dernier. Ce serait l'auteur d'émaux trèsremarquables, très-différents, dans leur facture et dans leur style, de ceux de Jean I et de Jean II, frappés au revers \Ui poinçon de la famille, émaux que Ton attribue, sans trop de preuves, à un Jean III Péniraud.
Remarquons cependant que si l'auteur des émaux en question est le Jean, fils de Jean mort en 1588, celuici devait être, lui-même, d'un certain âge en 1613, car par ses œuvres il appartient encore à la belle époque au XVI* siècle. Il copie surtout Raphaël, bien qu'il le fasse avec beaucoup de liberté et dans le style du Parmesan ; il s'inspire aussi du Rosso, et nous ne connaissons [>oint d'œuvre qui puisse lui être attribuée où il ait imité des petits maîtres qui sont devenus à la mode, vers 1570, à Limoges, et que L. Limosin, P. Reymond copient à la fin de leur carrière.
Sa manière, toute particulière , a été ainsi et fort heureusement définie par M. le marquis L. de Laborde, qui constate sa supériorité sur tous les émailleurs de Limoges. 11 a peint le plus souvent en grisaille les
JBHAN m PÉNIGAUD. 419
(arual'ions teintées. Les yeux sont frappés, et aussi channès par les effets vigoureux et harmonieux qu'il sait trouver pour faire poindre ses composUions au milieu du noir, comme une apparition qui perce la nuit et dont V éclat va grandissant. Ses blancs laiteux, 8^ rehauts d'or touchés sobrement et à propos, l'enseimble distingué et séduisant de ses émaux, sont des signes caractéristiques que confirme toujours le noinçon de la famille frappe sur toutes ses plaques (1).
Par son dessin, nous Favons dit, il procède surtout du Parmesan. Ses figures sont longues, d'une silhouette énergique, avec des attaches Irès-fines, des draperies collantes, le plus souvent fouellées par \c veut, avec une tendance à s'effilocher en haillons, par ^uite de rimportaace que les noirs des fonds y acquièrent dans les ombres. A cet égard, les grisailles de Jean III sont la plus complète antithèse de celles de Jean II, où les personnages s'enlèvent entièrement en gris sur le fond. Cependant les personnages des arrière-plans de certaines des grisailles de ce mailre montrent une tendance à ces vives oppositions du blanc qu'on voit poindre dans le noii\ et qui sont, pour ainsi dire, lacaracté^ ristique des ^maux de Jean III.
D. — Plaque reetangukiire.
La Vierge et l'Enfant- Jésus, — La Vierge, la tête entourée d'an nimbb radié, est assise sur les nuages, la main droite ramenée sur la poitri nr, la gauche tenant une palme et appuyée sur une corne d abondance. Un livre ouvert est place sur ses genoux. L'Enfant-Jésus, la lôto entourée d un nimbe cracifére radié, est debout à cùté d'elle, l-i montrant de la droite et tenant de la gauche le giubc du monde. Deux
(Ij IL Je comte L. de Labobdb, JSoucc des émaux, p. 15^. ■
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anges sont placés de chaque côté et yus à mi-corps an-dessus des nuages. Sur le côté gauche au sommet de la plaque riu^cription : o matbr dei umbhoto mbi, est tracée
en or.
Grisaille appliquée du premier coup sur le foud, puis redessinée et modelée sommairement par enlevage à travers une première couche très f«»ncée. Rehauts de blanc laiteux vigoureusement opposés aux noirs. Caraatious colorées , rehauts d'or. Fond noir.
Revers incolore avec le poini^ou frappé dans le métal.
B^e de Charles — GdUection BéToil, iv» 38b • 174 de la Noiice des émaux, par M, le comte L. de Laborde.
D. 1^93. — Plaqtte rectangulaire.
H. 0,152, II. 0,tt57.
Sainte Catherine. — La sainte, la tête couverte d*un voile et ornée d'un nimbe annulaire elliptique, est ropréseulée dL'l)OUt, lisant dans un livre qu'elle li' nt de la main droite, et portant un grand glaive de la gauche. Un fragment de la roue dentée est à ses pieds.
Sur le bord gauche et au sommet du bord droit de la plaque, ou lit Tinsci ipUon suivante tracée en or : sangxa
KATUERÏNA. ORG. {OVU pro fiobis ?)
Grisaille avec carnations teintées. Môme facture que le D. m.
Règne de Napoléon IIL — Acquit eu 1862.
D« M4. — Plaqm reckmgtdaire.
Saint Jérôme, — Le saint, la tête dérorée d'un nimhe annulaire elliptique, est debout, vêtu d'une robe sans man-< cbes, tenant un crucifix de la droite et une pierre de la gauche. Le chapeau cardinalice est accroché derrière lui. Le
lion e.-t à ses pieds.
Sur le bord gauche et a'i sommet de la plaque Vinscription : SANCTE iheronime or a pro me, est tracée en or.
Grisaille, chairs colnrérs, même facture que le n^ D. 222.
Revers violet translucide.
Règne de Napoléon III, — Acqoîa en 1862.
JEHÀN III PÉNICAUD. lîi
D.M5« — Plaque rectangulaire.