‹ Notice des monumens antiques et des objets de sculpture moderne conservésChapitre 15 sur 84 · INSCRIPTIONS · texte numérisé non relu

INSCRIPTIONS

103. Cette pierre a été trouvée à Rome, au pred du mont CœliuSy dans la partie qui regarde le mont Palatin. La partie supérieure a été très-anciennement mutilée ; le reste était d'une belle conservation lorsqu'elle fut portée à Toulouse , et donnée à l'Académie des Sciences de cette ville par M. l'abbé Capmartin de Chaupy. Transportée dans le Musée en i ygS , elle fut brisée , et plusieurs fragiftens n'ont pas été conservés ; nous avons cependant pu la rétablir d'après deux copies exactes faites par MM. Capmartin de Chaupy , et de Montégut. Ce monument contenait sept lignes. Il ne reste de la première que deux lettres entières l v et une partie dTe la lettre c. Il ne paraît pas possible de déterminer la vraie signification de ces trois lettres , placées à des distances inégales. Peut-être cette ligne offrait-elle les noms des Consuls sous l'administration desquels le monument fut érigé.

La seconde ligne exprime le titre de^ magistrats sous l'inspection desquels l'ouvrage a été fait.

La troisième énonce la loi en vertu de laquelle ils avaient été nommés.

Les quatrième, cinquième et sixième lignes contiennent les noms de ces officiers.

La dernière marque le prix que cet ouvrage a coûté. Je pense que l'on peut, en négligeant la première ligne, lire ainsi cette inscription :

CVRATORIBVS VIARVM

E LEGE VISELLIÂ DE CONLEGIO SENÀTOKVM CNEIO CORNELIO QVINTO MÀRCIO PVBWO HOSTILIO CÂIO ANTONIO GALEAIO FVNDÀNIO CAIO POPILIO MARCO VALERIO CAlO ANTISTIO QVINTO CAECILIO

opvs CONSTAT N lAlA/IiLXxu •

n parait par la forme de cette pierre , dont les côtes sont grossièrement taillés, et dont le derrière est brut,

Ju'elk était encastrée dans un mur. Ce mur faisait sans oute face sur la rue que Ton avait fait réparer, et celle^ ci , selon le plan de Vancienne Rome dessiné par Ligorius, diaprés les historiens, ks monumens et les ruines encore existantes > , conduisait à Tespace qui se trouve entre le mont Cœlius et le mont Palatin , et mî aboutit du Septizonium à Tare de triomphe de Constantin.

Uinacription, à en juger par Tégalité et la forme des caractères, paraît être du haut empire. M* Cs^ martin de Chaupy , correspondant dte VAcadémie de Toulouse, en fixait Vépoque au règne de Tibère. M. de Montrât , dans une note sur ce^monument , adopta Topinion de M. Gapmartia.

L'histoire ^ nous apprend que sous ce prince, Fan 5 de Rome, et le 2a.« de Tère chrétienne, Lucius is^lUus VarOy et Sextus Cornélius Cetheg^s , étant ocmsuls, on promulgua une loi appelée Fiseliia, du DGosi de Fisellius son auteur. On ne dit point quelles en étaient les dispositions. Notre inscription semlile annoncer que cette loi avait pour objet Tentr^ien et la réparation des rues de Rome ; qu^elle avait fixé, à neuf le nombre des magistrats qui e|i étaient chargés , et qu'ils étaient pris dans Tordre des sénateurs : Caratorihus viarum è lege F'isellia deconlegio sena1orum.Sous les premiers empereurs, le mot collegjium s'écrivait quelquefois eonUgium. On lit sur un monuaaaent deNéron : Sacerdos cooptatus in omne eonlegium suprà msmerum, l^e soin des rues et des grands tenons fiât confie* anx censeurs ^ : les édiles exercèrent ensatte o^e partie de Vadministration pubHq[ae. La ville ayant succesdvement augmenté, ilfaUut nommer dés magisr

i AjmqmÊtiû Romaines exp^uéea dama 1m Mémoirt» du comte de S.j 32a.

a Tillemoni, tom. *, ^ et tulv. Qremier, toot. », 56.

3 Borna illustraia. — Teésordas Ami^uidi Bomainfit^ f95.

Uats umquèiae&t d€stînés' à meiSer à son entretien et à son embellissement >. On en créa même pour chaque grande route en particulier : ils sont désignés sous le litre de Curaîor vice jéppiœ ^ vice Flaminiœ, etc.

Le nombre des magistrats connus sous le nom de Curatores viarum ne fut pas d'abord limité. L'étendue et la durée de leur commission dépendait des circonstances* Le sénat les réduisit au nombre de 4» On Ht dans Suétone » et dans Tacite ^ qu'Auguste en fit des oiBciers perpétuels, auxquels il attribua les plus grandes marques de distinction, notamment le droit de faire graver leurs noms sur les monumens publics^ C'est ausâ ce que nous apprend Petiscus 4. jTocabatur qui Bomœ sternendis rcparandisque viis erat prœ/ectas;cùm enim œdiles qui ad hoc censoribus erant créatif aliis negotiis occupatiy huic ^uneri suffictre non possent, ex S, C. quatuor viri faere créatif leg. 2^ Cod, de Origine juris..* jâugustus hune magistratum ordinarium facit ipsorum nomina lapidibus incisa prœfigehantur*

Ursatus ^ rapporte que les Quartumvirs , rendus perpétuels par Auguste sous le nom de Curatores uiarum, ne pouvant suffire à l'entretien des rues de Hoome , leur nombre fut augmenté.

Rosinus ^ raconte de la même manière l'origine dç ces magistrats, dont il est fait, dit^l, très-peu mention dans les anciens historiens. Il cite le jurisconsulte Pomponius Flacons Florentinus, et Barnabe Brisson. Il ajoute, d'après ces auteurs, que l'on créa cinq autres coinmiijsaivcs pour servir d'^adjoînts aux Quartumvirs; il <$t ^^on les distingua par le titre de QTLiinque viri cils et uls Tiberim, c'est-à-dire, Çitrk et ûltrà Tiberîm. Par cet ordre, le nombre des Curatores viarum intrà iirbem se trouva fixé à ne^f. On retroi|ve ce paéme nomb^^e

I Vid. Peiisçus j Rosinufi, les Lois â^Code^ ^ts.

% In jéugust. ^ 0. 37.

^ Armai. ^ lib. 3. Voy^v^iMX Juste hipse.

4 Lexioon j4ntiquiiatwn RamanamaiL, Yerb. €!iim4or»s viarum,

5 De Nous RoTfianorum,

6 Antiq. Rom, , lib. 7 , cap. ag.

(50 dans Tinscription qui bous occupé en cet instant. Le^ historiens n'ont point donné l'époque de cette nouvelle création ; elle est postérieure au i*ègne d'Auguste , qui avait seulement rendu la magistrature des Quartumvirs

Îerpétuelle. C'est sans doute à la loi f^isellia ^taite sous 'ibère, son successeur, que nous devons la rapporter.

Rosinus fait mention d'une loi f^isellia qui fut publiée sous le régne de Claude , et sous le consulat de yisellius Varro et de Fonieius. Elle est énoncée dans le titre 2 1 du livre 9 du Code , qui a pour titre : Ad legem Fiselliam. D'après cette loi, l'Empereur prononce certaines peines contre les aflFranchis qui, cachant la vérité , se faisaient nommer aux charges pubUques avant d'avoir acquis le droit de porter l'anneau d'or. Le commentateur observe que cette loi a été tantôt appelée Fisellia y tantôt Misœlla ou Miscellia : il est évident, d'après la date qu'on lui donne, et les dispositions qu'elle renferme, qu elle est différente de celle énoncée dans l'inscription.

Suétone nous apprend que vers la fin de la douzième année du règne de Tibère, il y eut un incendie considérable à Rome au quartier dû mont Cœlius, et que ce 1>rince avare ne donna que mille sesterces pour réparer e dommage causé par les flammes.

Tacite rapporte la même anecdote.

En rapprochant le fait historique de la circonstance prise du ueu où le monument qui nous occupe a été trouvé, c'est-à-dire au pied du mont Cœlius, du nombre des neuf Curatores uiarum qui avant Tibère était fixé à quatre, et des noms de ces magistrats, tous de familles consulaires, on peut raisonnal>lement présumer que ce monument a été érig^ dans la douzième année dik règne de Tibère, l'an j^8 de la fondation de Rome , et qu'il fut destiné à coïisacrer la mémoire des réparations faites au quartier du mont Cœlius par les soins des magistrats établis en vertu de la loi P^isellia, Cette inscription est d'autant plus intéressante, qu'elle nous apprend plusieurs choses que l'histoire nous avait laissé ignorer; savoir, qu'il existait une loi Fisellia dîf-

férente de celle énoncée dans le Code y et qpi avait été

faite pour augmenter le nombre des magistrats préposés

à l'entretien des rues sous le nom de Curatores viarum;

que ces officiers étaient au nombre de neuf, qu'ils

étaient pris dans le collège des sénateurs, quHls avaient

le droit de faire graver leurs noms sur les mouumens

qu'ils élevaient ; enfin , qu'ils instruisaient le peuple de

la somme qui avait été employée à l'entretien et à la

réparation des rues.

On voit encore que l'inscription a été placée pour conserver la mémoire d'une réparation faite d'autorité des magistrats à une rue du mont Cœlius, puisque c'est en ce lieu qu'elle a été découverte.

Elle oflfre une singularité frappante dans la forme des caractères qui expriment la somme employée à cet ouvrage , et dont plusieurs avaient jusqu'à présent échappé à nos recherches. Il paraît d'abord assez difficile de les expliquer, et je n'offrirai à ce sujet que de simples conjectures.

Eisenscbmit , dans une savante dissertation sur la valeur des monnaies romaines, rapporte ce qu'ont écrit sur ce sujet Budée, Agricola, Hotoman, Scaliger, Saumaise, Gronovius, etc. Ils s'accordent à dire que pour les sommes peu considérables , les nombres tracés sur les monumens publics exprimaient la quantité des sesterces d'argent. Summus minores numerabant per sestertios, scilicet nummos , quorum sin&uli duos asses et semis œris gra^^is vatebanL » Éisenscnmit ajoute qu'on y trouve d'ordinaire la note du sesterce à laquelle est jointe la lettre n. qui désigne nummum. Les mots denc^ rius y quînarius, sestertius, ne sont que des adjectifs du mot nummum , qui est toujours sous-entendu.

Suivant le Dictionnaire encyclopédique , nummus était chez les Romains le nom d'une pièce de monnaie, a^itrement nommée sestertius ; on Tappelait aussi quelquefois nummus sestertius , et decem millia nummorum et decem miltiq sesteriium, signifiaient t% même somme., t ' ■ — "

1 Çh. 4, sect 4, pag.. ia3.

On trouve dans Gniter un grand nombre d'inscriptions où la lettre n. précède le signe du sesterce <jpi est* formé des lettres h et s réunies par un trait ; ce qui ssigni- Êe mimmorum sestertiorum. Dans l'inscription rapportée ici , le premier caractère est une n , le second ujae note composée de deux lignes perpendiculaires inégales , séparées par un crocbet IaI. Cette note inconnue doit sans doute signifier le sesterce , puisqu'elle n'est point du nombre des notes numérales , et qu'elle suit immédiatement la lettre n qui désigne le mot nuinmorum : ces deux caractères peuvent donc être interprétés mim-^ morum sestertiorum. Le troisième caractère est composé de trois lignes réunies à leur extrémité supérieure. Les deux lignes latérales ont dbiacune une branche à leur extrémité inférieure , ce qui forme cinq lignes réunies i^. Ce signe est différent de ceux qui se trouvent dans les tables que nous avons dés notes numérales des Romains. Le P. Frœlich , qui en a donné une très-exacte , rapporte nn signe approchant, c'est-à-dire, de cinq lignes réunies par le haut J^ et qui expriment le nombre dix mille. On retrouve le même caractère dans les tables d^Eîsenschmit 9 et dans les inscriptions publiées par Gruter.

Le quatrième caractère a la forme d'une M gothique./]!. Ce signe se trouve assez ressemblant à celui rapporté par le P. Frœhch pour désigner le nombre mille nn .

Les cinquième et sixième caractères sont une l et une Xj ils expriment le nombre soixante.

Les septième, huitième et neuvième^ plus petits que les précédens, sont un x et deux n exprimant le joombre douze..

Ces caractères réunis paraissent former la somme de onze mille soixante douze nummus on sesterces.

L'intérêt qu'inspire cette inscription, jusqu'à présent inédite , nous a forcés de dépasser les bornes ordinaires, afin d'en présenter une expUcation. Nous en avons envoyé depuis long-temps des copies à l'Académie des Belles-Lettres,

104. Fragment dWe inscripfion cjtii , sniTant M. de Mon* tégnt I y fiit dédiée à la mémoire de Salonin I , par son frère.

105. Inscription trouvée à Valcabrèrei sur le soi de Lag* dunum Com^narum^ elle est relative à un impôt perçu autrefois à Tentrée de c^te ville.

106. Cette colonne milliaire, placée dans le jardin, fut érigée peu de temps après la mort de Constance-Chlore , Constantin le Grand, son fila-, n'ayant encore que le titi*e de très-^noble César (^Nobilissimo Cœsarï). On doit fixer l'époque où ce monument fut élevé verà la fin de l'année 5oo, ou au commencement deVa^p Soj de notre ère.

107. Autre colonne milUaire. Elle est consacrée à Flavius Constantinus , Prince des Gaules , fiU de Constantin le Grand et de Fausta. Les deux inscriptions dont ce monument est chargé , et dont on a donné ailleurs > l'explication , annoncent que les habitans des Gaules \amar saient d'une heureuse liberté sous la protection 'de ce prince ; qu'il rétablit le commerce , et que son avènement aux dignités, auxquelles.il avait été élevé par son père , fut le gage assuré de la paix et de la féhcité publique.

BAS-REUEFS ET DÉBRIS D'ORNEMENS ARCHITECTURAIJX.

108. Scalîger qui, le premier, a recherché les antiquités de la Novempopulanie et de la Province romaine, avait annoncé que les plus grands restes d'antiquités subsistaient à Lugdanmn ConveMorum^ dans le lieu nomma Yalcabrère. M. Lancdot , membre de l'Académie des Inscriptions, examina oes restes, mais il se contenta 4e copier quelques inscriptions : dans leur F'oyage

I Mémoires de F Académie de Toulouse, II, 5o-34. o.MonuTnens religieux , 67-69.

^ . littéraire , les BeDédictins ont aussi rapporté les i . .criptions antiques qui existaient dans ce village, mais les ruines , les objets de sculpture ne les occupèrent pas. Envoyé , en 1 802 , par Tautorité administrative , à Saint-Bertrand de Comminges , je reconnus , malgré mon extrême jeunesse , l'importance àes objets qui sV>Sraient à mes regards , et je dessinai entr'àutres . les cinq fragmens placés sous ce n,o, et qui, plus tard,^ réunis dans le Musée, forment un ensemble complet» Ils étaient mis sans ordre et comme simples matériaux: dans les murs de l'Eglise de Saint-Just. Ils ont du faire

Sartie d'un arc de triomphe , ou décorer l'une des portes e Lugdunum des Convenœ. Au centre parait un captif attaché à uû trophée. Il porte cette sorte de vêtement qui était particulier aux habitans de la Gaule, nommée à cause de cela Braccata^ et que les artistes romains ont souvent donné à toutes les nations étrangères qu'ils - nommaient barbares. De longs cheveux caractérisent encore ce captif. Il se détourne pour regarder une femme qui tient un enfant sur ses genoux. La tête de celui-ci ne subsiste plus. Des armes romaines telles que des cuirasses, des casques, des bouchers, les uns en formé de Peltes^^ les autres circulaires, et ayant au centre la tête de Méduse, remplissent tout le reste de la frise , et sont sculptés avec beaucoup de goût. Nous avons consigné , dans un ouvrage particulier ^ , nos conjectures sur l'époque où le monument qui était décoré de ces bas-reliefs fut élevé à Lugdunum.

4 09. Frise trouvée aussi à Lugdunum Convenarum ,; elle était divisée en trois morceaux, et placée sans ordre dans les murs de l'éghse de Saint-^Just.

^^ 0. L'édifice principal dont on a retrouvé les ruines près de Martres , et qui fiit , ou une Filla destinée à recevoir les plus grands personnages de l'empire , ou bien la Basilique dumunicipe dé Calagurrisdes Com^enûs, où un Prœtoriumj était décoré avec iine grande magnificence.

lUArchœotogiê pyrénéenne*.

(57) On en jugera par les beaux montans ou jambages de portes recueillis dans ses ruines , et que l'on a placés sous ce -Mx,o, Le dessin en est élégant et de bon goût , le travail large et facile. Il a fallu en mouler une partie pour compléter les deux morceaux qui forment l'encadrement de la petite porte du Musée. L'un des chapiteaux est antique ; l'autre a été presqu'entièrement moulé sur le premier. Ces jambages ont 63 centimèt. de largeur,

111. Autre beau fragment de jambage ou de montant. Le cadre n^en est point. décoré comme dans les précédens. Ce marbre provient aussi de Martres.

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