Passage du Guadarrama, le 22 décembre
H. 1, 62. - L. 2. 32. - Fig. de 0, 24.
« L*cmpcrcur donna sur-lc-cbanip ordre à Farinée d6 parlir dans le nu ime jour, pour tfa verser là chaîne de montagnes qui sc^pare la province de ^Madrid de celle de Segovie, PU se dirigeani par le Guadarrama, c^est-à^ire la route de Mndrid au palais ei couvent de l'Escurial. L'empereur partit le lendemain malin» veille dé ^'o€L 11 faisait beau en parlant, ci le soleil nous accompagna jusqu'au pied de la montagne. Nous trouvâmes la route reinplie d une profonde colonne d'inraniei ie qui gravissait lentement cette montagne, assez élevée pour conserver de la neige jusqu'au mois dp juin. Il y avait pn a\ant de cette inTanterie un convoi d'artillprie' qui rétrogradait, parce qu'i.n ouragan de neige et de verglas, accompagné d'un vent effroyable, rendait 1p passage dangereux ; il Taisait obscur comme à la fln du lour. Les pa)SHiis espagnols nous disaient qu'il y avait à craindre d'cire cnsoel; sous la npi;.;p, comme cela était arrivé quelquclois Nous ne nous rappplions pas d'avoir eu aussi froid en Pologne. Ce|:endanl l'empereur était pressé de faire passpr ce délilé à son armée, qui s'accumulait au pipd de la montagne, où il n'y avail aucune provision. Il fit doniipr l'ordre qu'on ie suivit, ci qu'il allait lui même se mettre à la tête de la colonne. Effeclivcment, il passa avec le régiment des chasseurs de sa garde Ht travers les rangs de
peintdhë.
rinfanterie ; il flt ensuite Tonner ce régiment en colonne serrée, occupant toute la largeur du chemin; puis, ayant fait mettre pied à terre aux chasseurs, il se plaça lui-même à pied derrière le premier peloton et fit commencer la marche Les chasseurs marchaient à pied péle-méle avec leurs chevaux, dont la masse rendait l'ouragan nul pour ceux qui les suivaient, et en même temps ils foulaient la neige de manière à indiquer une trace bien marquée à l'infanterie.
tt II n'y avait que le peloton de la tête qui soufTrait beau* coup. L'empereur était bien fatigué de marcher, mais il n*y avait aucune posstbiliié de se tenir à cheval. Je marchais à côté de lui; il prit mon bras pour s'aider, et le garda jusqu'au pied de la montagne de l'autre côté du Guadarrama. Il avait le projet d'aller ce soir jusqu'à Villa-Gastin, mais il trouva tout le monde si épuisé et le froid si excessif qu'il arrêta à la maison de poste au pied de la montagne; elle se nomme Ëspinar.» {Mémoires du duc de Rovigo,)
(Salon de 1852.)
BBIIOUVILLË (françois-léon), fié à Paris, grand priœ de Rome en 1845.