‹ Notice des peintures sculptures, gravures et lithographies de l'écoleChapitre 21 sur 77 · Le lévite d'Ephraïm · texte numérisé non relu

Le lévite d'Ephraïm

H. 3, 60. — L. 2, 9S. — Fig. plus gr. que nat.

TJn lévite de la tribu de Juda sVlait uni en secret avec une jeune lillc de Bellil. em , au mépris de la loi qui le lui dc'fendait. 11 a>ait emmené sa cnnjpagne dnns 1rs moi lagnes d'Ephraïm, où il faisait t^a résidence; mais celle-ci Tayan

quitté pour retourner dans sa famille, le l(*\ilp Talla chercher et la redemanda à son p(^re, qui lui permit de la reprendre. Apri^s de touchants adieux, les jeunes (^poux parlent en^ semble, et s'arrêtent à Gabaa, \ille de la tribu de Benjamin, ennemie de la tribu du lévite, parce qu'elle adorait le vrai Dieu. Aucun des habitants ne veut leur donner un asile; cependant un vieillard les reçoit dans sa maison : ils comptaient y passer la nuit, lorsqu'une troupe de forcenés viennent demander à grands cris qu'on leur livre le lévite. Son bôle, pour sauver le ministre du Seigneur, ofTre de leur amener sa fille. Sa proposition n'est point écoutée : alors le lévite livre à ces brigands sa compagne blen-aimée, qui guccombe bientôt victime de leur rage et de leur brutalité. Les approches du jour ayant dispersé ces barbares, l'infortunée se traîne jusqu'au logis du vieillard; elle tombe à la porte, la face contre terre et les bras étendus sur le seuil, lorsque le lévite, prêt à sortir, trouve dans cet état une épouse qu'il a pleurée toute la nuit. Les cris qu'il élève jusqu'au ciel annoncent son désespoir. Cependant il engage cette malheureuse à se lever, elle ne répond point; il la regarde, la touche; elle n'était plus. Alors il emporte son corps dans sa maison, le ronpe en morceaux, qu'il envoie aux douze tribus. Tout Israël s'assemble, le lévite demande vengeance, et une armée marche contre les Benjaminites, auteurs de ce forfait. Ils sont \aincus; la ville de Gabaa devient la proie des flammes et la tribu de Benjamin périt sousl'épée d'Israël.

Le peintre a choisi le moment où le lévite retrouve son épouse ex))irante ; le jour commence à paraître ; on aperçoit, dans le fond du tableau, les coupables Benjaminites qui se retirent.

Ce tableau, exposé au salon de 1817, a partagé le prix ayeo le saint Etienne ae U. Abel de Pujol.

COURT (losEPH-DisiRÉ)» né à Rouen, grand prix de Rome en 1821, clievalier de la Légion-d Honneur en 1838.

Page 1