‹ Notice des principaux monuments exposés dans les galeries provisoires du Musée d'antiquitiés égyptiennes de S. A. le Khedive á Boulaq /Chapitre 235 sur 386 · Memphis. -Grandes Pyramides. Diorite · texte numérisé non relu

Memphis. -Grandes Pyramides. Diorite

Hauteur 1 68

Vers le côté Sud-Est du Grand Sphinx de Giseh, il existe un édifice, tout entier de granit et d’albâtre, qui servait de temple à la divinité ( Hor-em-KItou , Armachis) adorée sous la forme du Sphinx. C’est dans l’une des chambres de ce temple que se trouve un puits à eau qui devait servir aux ablutions sacrées, et c’est du fond de ce puits, où elle avait été précipitée à une époque inconnue, que nous avons retiré la statue de Chéphren.

Les inscriptions gravées sur le socle ne laissent en effet aucun doute sur l’identification de ce monument, qui représente Scliafra, ou Chéphren, le fondateur de la deuxième Pyramide.

Le roi est représenté assis, dans l’attitude des lois religieuses de l’Egypte. Derrière sa tête est debout un épervier, les ailes ouvertes en signe de protection. Le roi a la main gauche étendue sur la jambe; la main droite tient une bandelette ployée. On remarquera les détails du siège. Les bras se terminent par des têtes de lion. Sur les côtés sont figurées en relief épais, les tiges des deux plantes qui

Salle du Centre 578-570

désignent la Haute et la Basse-Egypte enroulées autour du caractère sam, symbole de réunion.

L’ensemble de cette stalue est empreint d’une certaine majesté tranquille qui charme et qui étonne. La tête, d’une conservation incroyable, doit être le portrait du roi dans son âge mûr. Les épaules, les pectoraux, les genoux surtout, trahissent un ciseau puissant que la difficulté de la matière n'a pas rebuté. Plus qu’à aucune autre époque peut-être la nature a été observée et rendue. Au milieu de tant d’admirables statues de l’Ancien-Empire que possède le Musée, notre Chéphren, comme œuvre d’art, n'occupe sans doute pas le premier rang. Mais que l’art égyptien ait déjà pu, il y a soixante siècles, produire une statue qui, sans être absolument un chef-d’œuvre, dépasse cependant le niveau ordinaire de la sculpture égyptienne; que cette même stalue, à travers tant de siècles et tant de causes de destruction, soit venue jusqu’à nous à peu près intacte, c’est là un fait dont se réjouiront tous les amis des études archéologiques. Je n’ai pas besoin d’ajouter que la découverte de la statue de Chéphren sera une révélation pour ceux qui, encore aujourd’hui, nient obstinément les résultats de Champollion et accusent les fondateurs des Pyramides de n’avoir pas même connu l’écriture.

Huit autres statues, toutes gravées au nom de Chéphren, ont été trouvées avec la précédente dans le même temple du Grand Sphinx. L’une d’entre elles, quoique déjà trèsmutilée, a pu être exposée dans la Salle de l’Est où on la trouvera (n° 792); les autres n’existent plus qu’en débris plus ou moins méconnaissables.

L’époque de Chéphren correspondant au troisième règne de la IVme dynastie de Manélhon, notre statue n’aurait pas moins de six mille ans. Après les développements que j’ai cru devoir consacrer à la chronologie égyptienne dans V Avant-propos, on voit avec quelle réserve je présente ce chiffre.

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