‹ Notice des principaux monuments exposés dans les galeries provisoires du Musée d'antiquitiés égyptiennes de S. A. le Khedive á Boulaq /Chapitre 292 sur 386 · Thèbes.-Karnak. Albâtre · texte numérisé non relu

Thèbes.-Karnak. Albâtre

Hauteur 1 67

Ce magnifique monument représente une reine qui a joué un rôle important dans les affaires de l’Egypte au temps de l’occupation éthiopienne (XXY,m' dynastie). Elle s’a p p el ai t A mén irit is.

Le premier roi decetle dynastie, qui régna à la fois sur l'Ethiopie et sur l’Egypte, lut Sabacon. Sahatoka et Tahraka le remplacèrent sur le trône. Puis parut la dodécarchie qui enleva à un quatrième roi, nommé Piankhi, les provinces septentrionales de l’Egypte, le laissant maître de

Salle des Bijoux SGG

la Thébaïde et de l'Ethiopie. Enfin , à ce prince et aux douze rois confédérés succéda Psammétichus sous lequel l’Egypte reprit ses frontières naturelles.

Améniritis fut mêlée à ces grands évènemeuts. Fille du roi Kaschta (voy. plus haut, 555), et selon un bas-relief do Karnak, sœur de Sabacon, elle fut, du vivant de ce prince, revêtue du titre de régente, et en cette qualité prit le double cartouche. Plus tard elle apporta les droits à la double couronne de l’Egypte et de l’Ethiopie à l'usurpateur Piankhi, qu'elle épousa et dont elle eu la princesse Schap-en-ap, qui devint la femme de Psammétichus 1. On ignore ce qu’ Améniritis devint quand Piankhi fut refoulé en Ethiopie, et quand sa fille, héritière de ses propres droits à deux trônes, passa ses titres à Psammétichus.

La statue de Karnak a été érigée à l’époque où Améniritis était régente. L’inscription gravée sur le socle de granit l’appelle en effet la Rectrice du noid et du sud. A ses pieds sont placés ses deux cartouches. Elle s’y dit en même temps royale sœur du roi (nom martelé) vivant à toujours, et royale fille du roi (nom martelé) le justifié, c’està-dire mort. Le premier de ces cartouches est celui de Sabacon, le second est celui de Kaschta. Le nom de la reine seul a été conservé intact. Psammétichus, qui venait de se substituer à la dynastie éthiopienne, devait en effet poursuivre la mémoire des rois étrangers, mais en même temps respecter le nom de la mère de Schap-en-ap.

Comme nous l’avons dit, la statue est d’albâtre; mais son socle, qui est encore adhérent, est de granit gris. C’est sur ce socle que figurent les titres de la reine. La longue inscription gravée sur le pilier auquel la statue est adossée est une invocation aux dieux. On y voit que notre statue, quand elle était complète, devait être surmontée de deux longues plumes, peut-être en or, qu’elle a perdues aujourd’hui.

Mien n’égale l’élégance de ce joli morceau. Les formes en sont chastes, pures, et en même temps aussi justes qu’on peut l’attendre d’une statue égyptienne. La reine est coiffée de la grande perruque des déesses. Elle tient le fouet de la main gauche, et de la droite une sorte de bourse. On remarquera le travail fini de ses bracelets.

Magasin n“ 5.

L’exiguité du local dont nous disposons n’a pas permis de réunir auprès du Musée tous les magasins où sont provisoirement conservés la plupart des gros monuments que nous possédons. Un seul de ces magasins, celui qui porte le n° 5, est assez près de nos galeries pour que nous ayons pu le mettre à la disposition du public. Voici le catalogue des objets qui y attendent la construction du Musée définitif. Nous les divisons en :

A. Statues de dieux.

B. Statues et sphinx de rois.

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