‹ Notice des principaux monuments exposés dans les galeries provisoires du Musée d'antiquitiés égyptiennes de S. A. le Khedive á Boulaq /Chapitre 70 sur 386 · Thèbes.-Karnak. Grès statuaire · texte numérisé non relu

Thèbes.-Karnak. Grès statuaire

Hauteur 0 45 Largeur 1 17 Profondeur 1 33

Monument en forme de table sur laquelle sont disposés vingt godets symétriquement rangés. Les légendes rappellent une fondation d'offrandes à faire dans le temple de Karnak au nom d'un roi Ra-s-ankh-het Ameni-Entef-Amenemlia; ces offrandes consistaient en pains sacrés, en liquides, etc. On n'a pas encore résolu la question de savoir si les tables de ce genre ne sont que des monuments commémoratifs, ou bien si elles étaient destinées cà recevoir en nature les dons présentés aux dieux. Ici la disposition du monument donne évidemment quelque poids à cette dernière conjecture.

Le roi Ra-s-ankh-het Ameni-Entef-Amenemha est encore inconnu. Son prénom se trouve au Papyrus Royal de Turin et au côté droit de la Salle des Ancêtres parmi ceux des rois qui suivirent de près la XIIme dynastie ; son nom, qui paraît ici pour la première fois, est formé des noms de deux pharaons de la XImc dynastie (Ameni et Entef) et d'un roi de la XIIme. Sur ces indications, on serait porté à ranger le roi nouveau de Karnak au milieu des Nefer-hotep et des Sebek-hotep (XIIIme dynastie). Je suis loin cependant de donner cette attribution comme définitive; Ameni-Entef- Amenemha est un nom de décadence, trop complexe pour prendre place sans contestation au milieu des pharaons que je viens de nommer. Comme élément de discussion, on notera cependant le style admirable des légendes qui couvrent le monument.

Les martelages dont la table porte de trop nombreuses traces remontent au temps de Khou-en-Aten (Aménophis IV, XYIIIll,e dynastie). C’est le nom du dieu Ammon qui, ici comme partout ailleurs , a été effacé. Je fais cette remarque pour montrer que quand Khou-en-Aten décréta l'abolition du culte d’Ammon, notre table était debout dans le temple de Karnak. A l’époque des Pasteurs, la table fut peut-être renversée et déplacée ; mais, à coup sur, les barbares envahisseurs (en supposant qu’ils soient venus jusqu’à Thèbes) ne la brisèrent point, puisqu'elle est encore entière aujourd'hui.

Grand Vestibule 96-99

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