Thèbes.-Drah-abou’l-neggah. Terre cuite
Hauteur 0 18
Nous comprenons sous ce numéro toute la collection des cônes funéraires. Parmi eux on remarouera ceux du premier prophète d’Ammon-Générateur auquel nous devons les deux statuettes funéraires précédentes , et celles du fonctionnaire Entef dont la belle tombe , si malheureusement mutilée , appartient au règne de Thoutmès III. Entef, Amenemlia , Ameni sont des noms propres de la XI*"® et de la XII"’® dynasties qu’on trouve quelquefois employés sous les premiers règnes de la XVIII'"®. L’étude des monuments nous apprend que ,
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quelque temps avant et après l’expulsion des Pasteurs , Thèbes a été le théâtre d’une sorte de renaissance pendant (laquelle l’Egypte semble s’ être donné pour tâche de reproduire jusque dans ses moindres détails la civilisation de la XI“® dynastie. Le nom propre que nous venons de lire sur un de nos cônes •funéraires apporte un élément nouveau â ce curieux problème qui intéresse de difficiles questions d’histoire dont jusqu’ici nous pouvons à peine entrevoir la solution.
On ne trouve les cônes funéraires qu’à Thèbes et particulièrement dans la partie de Thèbes appelée Drah-aboul-neggah. Jamais on n’en rencontre dans l’intérieur des tombes. Avonsnous à chercher , dans l’ immense nécropole que je viens de nommer, quelque sépulture encore inconnue, nous savons que nous approchons de la porte quand le sol retourné nous fournit les cônes qu’on y a enfouis. Plus ils sont nombreux, moins l’entrée est loin.
Peut-être ces circonstances nous révèlent-elles la destination encore inconnue des cônes funéraires. Thèbes, bornée à l’ouest par des montagnes presqu’à pic, n’a pu, comme Memphis et Abydos , étendre sa nécropole sur un espace pour ainsi dire sans limites. D’un autre côté, Thèbes n’a pas eu, comme d’autres villes populeuses de l’Egypte, la ressource des puits profonds dont les divers étages multiplient les caveaux funéraires. Aussi les tombes de l’Assassif et de Drah-abou’l-neggah sont-elles si pressées qu’aujourd’hui il est impossible d’en démêler le plan primitif.
On peut croire qu’il en a été de même dans l’antiquité. Les cônes limitaient alors les tombes et le terrain qui leur appartenait. Ils avaient aussi l’avantage d’avertir du voisinage d’une sépulture oubliée ceux qui , trouvant un terrain privé de toute marque extérieure et le croyant par conséquent vierge, auraient voulu y établir une sépulture nouvelle. Il faut avoir vu l’inextricable confusion de Di*ah-abou’l-neggah pour se bien rendre compte de l’utilité pratique des cônes.
La forme qu’on leur a donnée n’a sans doute pas été choisie sans intention. Cette forme est celle qui sert à écrire l’offrande.
Le plus souvent les cônes sont enduits d’une sorte de poussière blanchâtre qui peut être de la farine , comme s’ils figuraient un pain sacré. Si les cônes funéraires n’avaient pas d’autre destination que celle d’être des offrandes votives , on n’exprupieraitpascju’on ne les trouve absolument qu’à Thèbes.
Très-frequents depuis l’origine de Thèbes jusqu’à la fin de la XV11I™° dynastie, ils deviennent de plus en plus rares à partir des Ramsès , et l’usage en est à peu près perdu sous les Saïtes. Peut-être les a-t-on abandonnés à cause des facilités
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qu’ils procuraient à ces voleurs qui se donnaient pour tâche la spoliation des momies.