‹ Notice des principaux monuments exposés dans les galeries provisoires du musée d'antiquités égyptiennes de S. A. le vice-roi, à BoulaqChapitre 215 sur 373 · Thèbes.-Karnak. Albâtre · texte numérisé non relu

Thèbes.-Karnak. Albâtre

Hauteur 1 67

Ce magnifique monument représente une reine qui a joué un rôle important dans les affaires de l’Egypte au temps de l’occupation éthiopienne (XXV“° dynastie]. Elle s’appelait Améniritis.

Le premier roi de cette d>*nastie, qui régna à la fois sur l’Ethiopie et sur l’Egypte, fut Sabacon. Sabatoka et Tahraka le remplacèrent sur le trône. Puis parut la do léearchie qui enleva à un quatrième roi, nommé Piankhi, les provinces septentrionales de l’Egypte, le laissant maître de la Thébaïde et de l’Ethiopie. Enfin i ce prince et aux douze rois conféilérés succéda Psammétichus sous lequel l’ Egypte reprit ses fi’Oiitières naturelles.

Améniritis fut mêlée à ces grands événements. Fille du roi

Salle du Centre 480 .

Kaschta (voy. plus haut, 422), et selon un bas-relief de Karnak, sœur de Sabacon, elle fut, du vivant de ce prince, revêtue du litre de régente, et en cette qualité prit le double cartouche. Plus tard elle apporta les droits à la double couronne de rEgypte et de rEthiopieà l’usurpateur Piankhi, qu’elle épousa et dont elle eut la princesse Schap-en-ap, qui devint la femme de Psammétichus I. On ignore ce qu’Améniritis devint quand Piankhi fut refoulé en Ethiopie, et quand sa fille, héritière de ses propres droits à deux trônes, passa ses titres à Psammétichus.

La statue de Karnak a été érigée à l’époque où Améniritis était régente. L’inscription gravée sur le socle de granit l’appelle en etfet la liectrice du nord et du sud. A ses pieds sont placés ses deux cartouches. Elle s’y dit en même temps roya/c sœur du roi (nom martelé) vimnt à toujours, et royale fille du roi (nom martelé) le justifié, c’est-à-dire mort. Le premier de ces cartouches est celui de Sabacon, le second est celui de Kaschta. Le nom de la reine seul a été conservé intact. Psammétichus, qui venait de se substituer à la dynastie éthiopienne, devait en effet poursuivre la mémoire des rois étrangers, mais en même temps respecter le nom de la mère de Schap-en-ap.

Comme nous l’avons dit, la statue est d’albâtre ; mais son socle, qui est encore adhérent, est de granit gris. C’est sur ce socle que figurent les titres de la reine. La longue inscription gravée sur le pilier auquel la statue est adossée est une invocation aux dieux. On y voit que notre statue, quand elle était complète , devait être" surmontée de deux longues plumes , peut-être en or, qu’elle a perdues aujourd’hui.

Rien n’égale l’élégance de ce joli morceau. Les formes en sont chastes, pures, et en même temps aussi justes qu’on peut l’attendre d’une statue égyptienne. La reine est coiffée de la grande perruque des déesses. Elle tient le fouet de la main gauche, et de la droite une sorte de bourse. On remarquera le travail fini de ses bracelets.

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