Memphis. -Grandes-Pyramides. Diorile
Maiitour 1 68
Vers le côté Sud-Est du Grand Sphinx de (Hseh, il existe un édifice, tout entier de granit et d’albâtre, qui servait de temple à la divinité {Hor-em-Khou, Armachis) adorée sous la forme du Sphinx. C’est dans l’une des chambres de ce temple que se trouve un puits à eau qui devait servir aux ablutior»s sacrées , et c’est du fond de ce puits , où elle avait été précipitée à une époque inconnue, que nous avons retiré la statue de Chéphren.
Les inscriptions gravées sur le socle ne laissent en effet aucun doute sur l’identification de ce monument, qui représente Schafra , ou Chéphren , le fondateur de la deuxième Pyramide.
Le roi est représenté assis , dans l’attitude imposée par les lois religieuses de l’Egypte. Derrière sa tête est debout un épervier, les ailes ouvertes en signe de protection. Le roi a la main gauche étendue sur la jambe ; la main droite tient une bandelette ployée. On remarquera les détails du siège. Les bras se terminent par des têtes de lion. Sur les c^tés sont figurées en relief épais, les tiges des deux plantes qui désignent la Haute et la Basse- Egypte enroulées autour du caractère sam, svmbole de réunion.
L’ensemble de cette statue est empreint d’une certaine ma-
Salle de l’Ouest 9 .
jesté tranquille qui charme et qui étonne. La tête , d’une conservation incroyable, doit être le portrait du roi dans son âge mûr. Les épaules, les pectoraux, les genoux surtout, trahissent un ciseau puissant que la difficulté de la matière n’a pas rebuté. Plus qu a aucune autre époque peut-être la nature a été observée et rendue. Au milieu de tant d’admirables statues de l’Ancien- Empire que possède le Musée, notre Chéphren, comme œuvre d’art, n’occupe sans doute pas le premier rang. Mais que l’art ég^-ptieii ait déjà pu , il y a soixante siècles, produire une statue qui , sans être absolument un chef-d’œuvre, dépasse cependant le niveau ordinaire de la sculpture égyptienne; que cette même statue, à travers tant de siècles et tant de causes de destruction, soit venue jusqu’à nous à peu près intacte, c’est là un fait dont se réjouiront tous les amis des études archéologiques. Je n’ai pas besoin d’ajouter que la découverte de la statue de Chéphren sera une révélation pour ceux qui, encore aujourd’hui , nient obstinément les résultats de Champollion et accusent les fondateurs des Pyramides de n’avoir pas même connu l’écriture.
Huit autres statues, toutes gravées au nom de Chéphren,ont été trouvées avec la précédente dans le temple du Grand Sphinx. L’une d’entre elles, quoique déjà très-mutilée , a pu être exposée dans le Magasin /i® 5 où on la trouvera (n® 7) ; les autres n’existent plus qu’en débris plus ou moins méconnaissables.
L’époque de Chéphren correspondant au troisième règne de la IV“® dynastie de Manéthon, notre statue n’aurait pas moins de six mille ans. Après les développements que j’ai cru devoir consacrer à la chronologie égyptienne dans Y Avant-propos^ onvoit avec quelle réserve je présente ce chiffre.