Thèbes.-Karnak. Granit noir
Hauteur O 77
En faisant abstraction de l’énorme coiffure qui charge plutôt qu’elle n’orne cette tète royale et en étudiant de près les traits qui composent la face, on a peine ù croire oue le monument (pie nous inscrivons sous le n° 17 de la Satie de l'Ouest ait été taillé dans une matière aussi dure, aussi rebelle , aussi ingrate que le granit. Les yeux sont francs, le nez fin et délicat, les lèvres surtout sont vivantes. Evidemment nous possédons encore ici un portrait.
Le pharaon est coiffé de la double couronne. Il était debout, et tenait de la main gauche un biUon d’enseigne terminé par une tête de bélier, symbole de Chnouphis.
La légende interrompue par une cassure de la pierre ne nous donne pas le nom du roi que ce beau fragment représente. Je serais tenté pourtant d’y reconnaître Menéphtah, le fils de Ramsès H et le pharaon qui périt dans la Mer Rouge 'XIX’P'-’ dynastie).
- 18. — Memphis. -Grandes-Pyramides.
Hauteur 0 70
A en juger par sa forme, cette pierre a fait partie de quelque mur dans lequel elle a dû être primitivement encastrée. Elle provient en effet d’un édifice dont nous avons retrouvé les ruines au pied de la plus méridionale d(\s trois petites pyramides qui bordent la grande du côté de l’Lst.
Le monument porte des inscriptions sur la face |>rincipale, et sur la partie supérieure du socle qui foit retour en avant. La première de ces inscriptions est d’une excellente conservation, quoique d’un style médiocre; l’autre ne laisse plus voir que quelques signes auxquels il est devenu impossible de donner un sens.
La face principale ressemble i\ un naos qui aurait perdu sa corniche. Sur la bande plate qui lui sert d’encadrement est une inscription au nom de CluiOps vivant (nom et bannière).
Le vivant Horus , le , le roi de la liante et de la Basse-
Egypte , Khoufou, rivant, dit le texte gravé sur la tranche droite, a déblayé le temple d'Isis, rectrice de la Pyramide fsituéy à I endroit où est le Sphinx, à la face Nord-Ouest du temple d'Osiris, seigneur de. Rosatou. Il a bâti sa Pyramide là où est le temple de cette déesse, et il a (aussi) bâti la Pyramide de la princesse Hent-sen là où est ce temple. On lit sur la tranche gauche: Le vivant Horus, le , le roi de la
Salle de l’Ouest iS.
Haute-Egypte et de la Basse-Egypte , Khoufou, vivant, a fait fceci] a sa mère Isis, la divine mère 'qui est) Hatkor , rectrice des meninonia, ayant prescrit de le faire (graver) sur une stèle. Et U leur a renouvelé (les fondations) des divines offrandes , et il leur a bâti son temple en pierre, et une seconde fois il a aussi restauré les dieux [ào, ce temple) dans son sanctuaire.
Les statues de ces dieux sont en effet représentées au registre principal Elles sont en assez grand nombre. On y remarque le dieu générateur, les deux chacals , Ilorus , Thotli, Isis sous plusieurs formes, Nephthys, Selk, Horus, vengeur de son père, Harpocrate , Phtah , Pasclit, Osiris, Apis; près de ces dieux, l’emblème de Nefer-Toum , qu’on portait dans les grandes processions sacrées, est couché sur un autel, suivi d’un urœus à tête humaine.
Un court renseignement placé après le nom de chacune de ces statues ajoute à l’intérêt de notre monument. On y voit, par exemple, que la statue du dieu générateur avait une coudée et une palme de hauteur, et que le socle en était doré ; que l’épervier d’ Horus, l’ibis de Thoth étaient en bois doré ; que la barque trois fois belle d’ Isis était aussi en bois doré avec incrustations de pierre; que la statue de l’tsis principale était d’or et d’argent; que la statue de Nephthys était de bronze doré et avait trois palmes de hauteur; que celle d’ Horus, vengeur de .son père, était de bois avec des yeux travaillés en pierre (tradition d’art conforme à ce que nous observons sur (|uel((ues statues de l’Ancien-Empire) ; que Pascht était de bronze, etc., etc. Un renseignement d’un autre genre accompagne l’image du colossal monument connu sous le nom de Grand Sphinx de Gyseh. Le lieu du Sphinx de Hor-em-Khou (Arrnachis,, dit la légende, est au Sud du temple étlsis rectrice de la Pyramide (ce même temple dont il est parlé plus haut) c/ im / y/ (du temple) d’ Osiris seigneur de Rosatou. Les peintures du dieu de llor-em-Kkou sont conformes aux prescriptions.
J’ai à peine besoin de faire ressortir l’importance exceptionnelle des faits que nous révèle le monument des Pyramides. Que la pierre soit contemporaine de Chéops (ce dont il est permis de douter) , ou qu’elle appartienne à un âge postérieur , il n’cn est pas moins certain que Chéops restaura un temple déjà existant , lui assura des revenus en offrandes sacrées, et renouvela le personnel des statues d’or, d’argent, de bronze et de bois qui en ornaient le sanctuaire. Nous voyons par li\ qu’à cette épociue si prodigieusement reculée, la civilisation égyptienne brillait déjà du plus vif éclat.
Salle de l’Ouest 10 - 90 .
Il n’est pas inutile d’ajouter que le Grand Sphinx des Pyramides, après avoir été attribué à Tlioutinès IV, puis à Chéphren, est ici cité comme antérieurà Cliéops lui-même puisqu’il ligure comme un des monuments que ce prince aurait restaurés.