‹ Notice des principaux monuments exposés dans les galeries provisoires du musée d'antiquités égyptiennes de S. A. le vice-roi, à BoulaqChapitre 257 sur 373 · Thèbes.-Drah-abou’l-neggah. Bois · texte numérisé non relu

Thèbes.-Drah-abou’l-neggah. Bois

Nous comprenons sous un numéro unique les armes disposées en trophées dans \ Armoire M. Toutes proviennent de Drah-abou’l-neggah et des cercueils richi qu’on ne trouve qu’en cette localité (voy. Avant-propos , p. 33^ . Elles remontent par conséquent à la XI“® dynastie, ou bien à la XVII“°.

On remarquera parmi elles les arcs et les flèches. Celles-ci n’ont pour pointe (ju’un os aigu ou une arête de poisson. Les .sabres sont en bois, courts , petits, pour ainsi dire sans poignée. La collection des armes otfre encore des bâtons tordus , longs et minces, excepté à l’extrémité où ils sont façonnés presijueen boule. Ceux-ci ne sont pas des sabres, mais des instruments pour la chasse aux oiseaux aquatiques. Lancés avec force , ils partent en tournoyant et portent aussi juste que loin.

Armoire N. — Suite de la collection des momments civils. Meubles , ustensiles , vases , vêtements, etc.

Le fond de V Armoire N est garni d’étoffes diverses plus ou moins fines. On y voit un balai, deux houes de bois, un niveau de maçon, des cordes. Le marteau du tailleur de pierres a été trouvé dans l’intérieur de^ la maçonnerie du Mastabat-el-

Salle de l’Est Armoireii O-P) VKriue Q

Faraoun (Saqqarah) . Il serait par conséquent contemporain du dernier roi de la V“® dynastie.

Sur le devant de Farinoire sont rangés des tabourets, une chaise, des vases. Les grains et les fruits , orge, blé, lin, raisin, etc., de môme que les pains d’ailleurs assez grossièrement fabriqués, proviennent des tombes de la XI"'® dynastie, à Drahabou’l-neggah. Les fouilles de Saqqarah ont fourni les œuts. Je me hâte de dire que malgré le soin apporté aux expériences faites sur les semences du Musée confiées à la terre, aucune de ces semences n’a germé.

Au bas du compartiment de droite est exposé un fémur provenant d’une momie (le la X(“® dynastie. Les médecins constateront que l’os brisé n’a point été réduit, et que les deux parties, chevauchant l’une sur l’autre sur une longueur de près de quatre centimètres, ont fini par se souder. J’ai trouvé d’assez nombreux exemples de ce fait qui ne donne pas une grande opinion de la chirurgie égyptienne.

Armoire O. — Vases de toutes formes, de toutes matières et de toutes provenances ; continuation de la série des monuments civils.

Armoire P. — On trouvera dans cette armoire, comme dans les précédentes, des échantillons variés de la céramique égyptienne.

Vitrine Q. — Suite des monuments civils.

Autour d’une petite tortue de calcaire fin sont groupés des monuments de toutes sortes. On remarquera un choix d’animaux, hippopotames, poissons, grenouilles, oies, etc. De chaque côté sont disposées des représentations en pâte de verre de couleurs variées, singes marchant , faces humaines , rosaces. L’une d’entre elles onre l’image d’Apis revêtue de scs marques sacrées ; une assez forte loupe est nécessaire pour en bien distinguer les détails. Ces monuments ne sont pas, comme on semblerait le croire au premier coup d’œil , des mosaïqués. Chaque couleur y est un morceau, et chaque morceau est juxta|)osé à son voisin par une sorte d’agglutination. L’effet général est dur, tranché, et effectivement donne à l’objet ainsi travaillé l’aspect extérieur d’une mosaïque.

Salle de l'Esl Vitrine* R-fl.

Un peu plus haut est un groupe formé d’une belle étoile en lapis-lazuli, d’un disque rouge en pûte de verre, et de plusieurs mains humaines de porcelaine bleue et verte. Ces mains sont fermées, et l’extrémité du pouce passe entre l’index et le médium. Peut-être ce singulier geste a-t-il pour effet de conjurer \?i jettatura.

Les lentilles en verre transparent bleues, jaunes et vertes, ont été recueillies avec les figures dont nous avons déjà donné la description (voy. Salle du Centre^ vitrine 1} ; elles étaient adhérentes à la couche de stuc blanc qui servait d’enveloppe générale à certaines momies trouvées sur l’emplacement supposé du Labyrinthe (Fayoum). Quelques-unes sont remarquables par leur éclat.

Vitrine R. — Suite des monuments civils.

Au sommet de la planche sont des peignes de toutes dimensions. Les plus gros ont dû servir pour les volumineuses perruoues par lesquelles les anciens Egyptiens remplaçaient le turban.

La collection des bagues est assez riche. On en trouve en argent, en cornaline, en porcelaine émaillée. Quelques-unes d’entr’ elles portent, gravées sur le chaton, des souhaits de nouvel an. Les bagues d’or sont conservées avec les bijoux.

L’oie qui retourne si gracieusement la tête en arrière est une boîte à parfums. Les ailes en s’ouvrant laissent voir le creux de la boîte (Xï“® dynastie).

Le manche de cuillère à parfum a été trouvé à Drah-abou’lneggah, et, comme la boîte qui vient d’être décrite, appartient à la XI“* ou à la XVII“® dynastie. Ce manche est travaillé à jour. Les deux emblèmes nommés le tat et la boucle de ceinture en forment le motif principal.

Quelques fines aiguilles longues sont percées à leur extrémité de trous imperceptibles. Comme on doit s’y attendre , elles sont en cui\Te ou en bronze, les Egy’ptiens n’ayant jamais fait usage du fer.

Vitrine S. — Suite des monuments civils.

Une jeune fille presque nue , ses longs cheveux tombant en nattes serrées sur ses épaules, est debout sur une petite barque, et navigue au milieu de fleurs de lotus à tiges flexibles. Ce joli morceau, d’une exécution si fine , est le manche d’une cuillère à parfiim.

.Salle de l’Est Titriues T-U.

A côté est un beau miroir dont le manche de bronze est é^lement découpé à jour. Les deux personnages agenouilles, tenant d’une main le sceptre divin, de l’autre une sorte de masse d’arme appuyée sur l’épaule, forment un sujet qu’on voit fréquemment représenté sur les monuments de Drahabou’l-neggah (XI"*®, XVIl"*® dynasties).

Les anneaux fendus en jaspe rouge ou blanc, en bronze recouvert d’or, en pâte rouge, sont des monuments qu’on trouve sur les momies, contre l’oreille desquelles ils sont appliqués. Les hommes en sont pourvus aussi bien que les femmes. Peut-être ces anneaux sont-ils , non des boucles d’oreilles proprement dites, mais des emblèmes funéraires dont le sens ne nous esi pas encore connu.

Vitrine T. — Suite des monuments civils.

Cette vitrine est occupée par des palettes de scribe, des pions pour le jeu de dames, un lléau et des plateaux de balance, des poids. Les poids sont en granit, en bronze , en albatre , le plus souvent en hématite. Nous n’en possédons aucun qui porte des marques. La palette du peintre dont les cinq godets ont conservé leurs couleurs a été trouvée à Saqqarah dans un tombeau de r Ancien-Empire. Malgré les incertitudes qui s’attachent à toutes les questions de chronologie égyptienne , nous nous croyons autorisés à affirmer que ce fragile monument est de plusieurs siècles antérieur à Abraham.

Vitrine U. — Suite des monuments civils.

Nous avons disposé dans cette vitrine des outils de toute sorte, hachettes, couteaux, ciseaux de menuisier, etc. Tous ces outils, sans exception, sont en bronze, ,1’ai déjà fait remarquer en effet que les Egjq)tiens n’ont pas fait usage du fer. Le fer, selon eux, était un os de Typhon.

Au bas de la vitrine sont exposés quelques hameçons de bronze. Leur forme est exactement celle que nous donnons encore aujourd’hui à ces engins.

La quatrième division de notre catalogue général comprend les monuments historiques. Ceux-ci ont presque tous trouvé place dans la Salle dM

Salle de l’Est Vitrine V.

Centre. Il en est cependant quelques-uns auxquels nous avons été obligés de réserver une des vitrines de la Salle de l'Est.

Vitrine V. — Monuments historiques.

Presque tous les scarabées réunis dans cette vitrine portent le nom deThoutmés III. Les scarabées marqués du cartouche de ce pharaon appartiennent à toutes les époques qui ont suivi la XVIII"’® dynastie , particulièrement à la XIX“® , à la XXVI“® et aux Ptolémées.

Au centre de la planche est une plaque de bronze provenant du Sérapéuni et ornée du cartouche-nom de Sabacon grnvé en creux (XXV“® dynastie;.

La hache de bronze sans manche provient de la momie de la reine -4a/i-/m?cp (\o\. Salle des Bijoux). On y distingue encore la légende du roi Kamès.

On trouve à Tlièbes des momies de la XXI"*® et de la XXII“° dynasties qui portent, entre les linges, des bandelettes croisées sur la poitrine comme des bretelles et terminées à chaque pointe par un ornement en cuir jaune repoussé. Ces bretelles sont le plus souvent ornées de la figure d’un roi en présence d’Ammon. Notre Vitrine V en montre quelques exemplaires.

Les tablettes de porcelaine verte avec cartouches royaux peints en grands traits noirs sont les mêmes que nous avons déjà décrites [Salle du Centre, 412) et qui ont été trouvées dans le sol du sanctuaire du Grand Temple de Tanis.

Au bas de la vitrine sont les débris d’une sorte Me résille qu’on avait employée pour l’ornementation extérieurede la momie de Tounar-i (voy. Salle du Centre , 297). Les cartouches de Ramsès II y alternent avec des emblèmes religieux.

Un grand sabre de bois n’a pu prendre place, à cause de ses dimensions, dans la Vitrine F ; on le trouvera avec les autres armes dans X Armoire M. Il porte d’un côté, gravé en creux, le nom d’un roi Ta-aa {peui-èii'G’ Ta-aa-ken, XVII'?® dynastie) ; de l’autre, les titres et le nom du prince Touaou, serèiteur de son maître sur ses jambes. Il a été découvert avec la momie de ce personnage à Drah-abou’l-neggah.

Les monuments grecs et romains, qui forment la cinquième division de notre catalogue, ne sont pas

Salie de l’Est i%rmoire X.

nombreux ; j’en ai expliqué le motif (voy. Acantpropos, p. 47), La série des grands monuments de cette classe est exposée dans le premier Vestibule ; V Armoire X contient la série des petits monuments.

Armoire X.

La statue de marbre blanc qui occupe le milieu de l’armoire provient de Saqqarab. Elle représente une déesse debout , vêtue de la tunique longue. A travers sa lourdeur et la disproportion de quelques-unes de ses parties, on reconnaît encore le grand art de la Grèce.

Dans le compartiment de gauclie est une amphore qui mérite de fixer l’attention. Elle appartient en effet au plus ancien style des vases peints. On y voit d’un côté deux taureaux combattant , de l’autre deux béliers broutant une même plante. Une frise circulaire nous montre une course d’antilopes. Tous ces animaux et les ornements qui les accompagnent sont négligemment peints en rouge sombre sur le fond nu du vase.

La collection des lampes est assez riche. Presque toutes viennent des ruines du Labyrinthe. Parmi celles qui ont été trouvées à Saqqarab, on en voit une quinzaine qui ont conservé l’espèce de lanterne en terre cuite dans laquelle on les enfermait. Ces lanternes ont diverses formes. Tantôt elles représentent une divinité couchée sur un socle en forme de temple ; par la porte sort le bec de la lampe. Tantôt elles ont la forme extérieure d’édifices. Un trou percé au sommet fait voir qu’elles étaient destinées à être suspendues.

Parmi les objets en bronze est un pied humain chaussé d’une sorte de crepida dont tous les détails ont été curieusement étudiés.

Les petits bas-reliefs sculptés sur des os taillés en rectangles oblongs ont été recueillis dans une tombe de Saqqarab et ont dû primitivement orner un coffret de bois aujourd’hui détruit. L’un d’entre eux représente Vénus à demi-couchée ; l’Amour apporte à sa mère un coffret richement travaillé. On est surpris de trouver dans cette petite œuvre d’art la pose de la Diane de Fontainebleau. Trois autres de ces bas-reliefs nous montrent des nynij)hes dansant et jouant du tympanon. Rien qui rappelle mieux les fameuses Heures de Raphaël, au Vatican. Même attitude ; même jet des draperies. On prétend en effet que Raphaël , dans la composition de ses Heures, s’est inspiré

Salle de l’Est Armoire JL.

des peintures d’un tombeau antique qui venait d’être découvert aux environs de Rome.

Tous les objets que nous venons de décrire sont grecs ou romains, sans aucune trace d’iiitluence égyptienne. Ceux dont il nous reste à parler sont au contraire égypto-grecs. Telles sont les figures de terre cuite coloriées en blanc , en noir et en vert. Presque toutes sont des divinités égyptiennes, en quelque sorte transformées au contact du génie grec. De toutes ces divinités, Harpocrate est le plus souvent représenté.

Le compartiment de droite de V Armoire A' a été réservé à des monuments de bronze, d’origine chrétienne, découverts au Fayoum dans les ruines de Medincl-Farès (Crocodilopolis).Ces monuments sont des lampes d’église en usage dans les premiers siècles de notre ère. Une coquille qui sert de réfiecteur s’élève pour augmenter la clarté de la lampe allumée , et lui sert de couvercle en s’abaissant quand elle est éteinte. Les lampes sont en outre montées sur des pieds qui ont la forme de candélabres. Une croix chrétienne sert de motif principal à l’ornementation de l’un de ces pieds.

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