‹ Notice des principaux monuments exposés dans les galeries provisoires du musée d'antiquités égyptiennes de S. A. le vice-roi, à BoulaqChapitre 265 sur 373 · I. Bijoux de la Reine Aah-hotep · texte numérisé non relu

I. Bijoux de la Reine Aah-hotep

Le cercueil de momie qu’on aperçoit à droite en entrant dans la Salle des Bijoux est celui (jui contenait les deux tiers des objets précieux conservés sous la cage vitrée placée au centre de la salle. La cuve pointe en gros bleu sans aucune décoration n’ayant pas d’intérêt et prenant, d’aillcui*s, une place considérable, nous n’avons exposé que le couvercle.

Ce couvercle est momiforme, et doré tout entier extérieurement. L’urœus, symbole delà royauté, se dresse sur le fond. I.es yeux et les oreilles sont rapportés. L’enveloppe des yeux est en or, le blanc est en quartz, la prunelle en p'ite de verre noir.

Salle fies Bijoux.

Les dessins qui le couvrent sont tracés à la pointe. Un collier cache les épaules et la poitrine. Sous le collier sont placés l’urœus et le vautour, groupe qui exprime la souveraineté sur la Haute et la Basse-Egypte. Une inscription verticale descend le long des jambes jusque sous les pieds où l’on voit deux images d’Isis et de Neplithis dans l’attitude de pjeureuses. Enfin , par dessus ces ornements de détail, un système de grandes ailes enveloppe la momie tout entière.

Si l’on demande à l’inscription verticale dont nous venons de parler le nom du personnage dont ce cercueil a contenu les restes, on y voit, après les formules d’invitation à Plitali-Sokar- Osiris et à Hathor, que ces restes sont ceux de la royale épause principale, celle qui a reçu la faveur de la couronne blanche, Aah-hotep, vivante pour l’éternité.

Notre cercueil contenait donc la momie d’une reine, et si l’on se rappelle :

1® Que les cercueils des rois Entef (XI"*® dynastie) conservés au Louvre et au Musée Britannique sont dorés par les mêmes procédés et couverts , comme le nôtre , du même système d’ailes tracées <\ la ])ointe ;

2® Que les uns et les autres portent sur la poitrine le groupe ernblémati(|ue formé de l’urœus et du vautour, et sous les pieds les deux pleureuses agenouillées ;

3® Que (les deux (îôtés, la cuve est peinte en gros bleu , et taillée dans un tronc d’arl)re évidé ;

4® Que lenom d’Aa/(-/?o^c/^ est un nom commun pour les hommes et pour les femmes sous ces mêmes rois Entef;

5® Que notre reine Aah-hotep est revêtue d’un titre ( celle qui a reçu la faveur de la couronne blanche ) qui appartient de préférence à la XI“® dynastie ;

C® Qlu’elle n’est pas dite la justifiée, omission qui est la règle sous r Ancien-Empire et qui, sous les contempomins des Entef, est le cas le plur fréquent ;

On conclura « prio) i f[ue, comme les Entef de Paris et de Londres, la reine Aah-hotep appartient à la XL'"® dynastie.

A Touverture, la momie semble justifier ces prévisions. Sous la Xï*"® dynastie, l’emmaillotage proprement dit est rare ; hîs morts sont plutôt entourés de linges en forme de linceuls que seriTs dans des bandelettes ; entre ces linges sont placés des objets de toute sorte en rapport avec les usages de la vie privée; d’autres objets de même nature adhérents à la peau, ou bien eiu^ore (hîposés dans les vides du cercueil. Or l’embaumement de la reine .\ah-liotep .s’est fait exactement dans ces conditions. Deux banpies d’or et d’argent, des haches de bronze, de gros bracelets de jambes ont été trouvés à c.ôté d’elle, sur le bois du

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cercueil. Entre les linges mal noués étaient déposés, comme au hasard, des poignards, une hache d’or, une chaîne garnie de trois mouches d’or, un pectoral. Enfin le cadavre lui-même était revêtu d’une autre chaîne d’or ornée d’un scarabée, de bracelets, d’un diadème, etc. En un mot l’intérieur du cercueil ne démentait pas l’extérieur, et tout jusqu’ici nous porte à conclure que si les Éntef de Londres et de Paris sont des rois de la XI*"® dynastie, l’Aah-hotep de notre Musée sera une reine du même temps.

Mais dès qu’on interroge les inscriptions tracées sur les monuments divers dont je viens d’indiquer l’origine, le doute commence. La barque d’or massif, les haches de bronze portent le nom du roi Ra-oiiat’Kheper Kamès ; les plus riches des autres objets sont marqués au nom de Ra-neb-pehti Ahmes-nakht ; quant au cartouche de la reine, on ne le retrouve plus une seule fois. Or Ahmès, ou Amosis , est un des rois les plus connus, et tout le monde sait que le vainqueur des Hyesos est le premier roi de la XVIII*"® dynastie. Les ressemblances de style (dont les tombes de Drah-abou’l-neggah nous ont fourni mille autres exemples] nous ont donc trompés ; comme je l’ai expliqué autre part, l’Egypte est revenue sous la XVII*"® dynastie avec la plus singulière persistance au style de la XI*”®, et la reine Aah-hotep sera désormais pour nous une contemporaine d’ Amosis.

Restent à expliquer les liens de famille qui l’unissent aux deux rois nommés dans son cercueil. De ces deux rois Amosis est le plus récent, d’où l’on peut conclure que notre princesse sera morte sous son règne. Mais Aah-hotep était-elle sa royale épouse principale , ou celle de Kamès ? Notons que nulle part Aah-hotep n’est dite soit la mère de l’un, soit l’épouse de l’autre. D’un autre côté , à moins que Kamès ne soit un de ces rois éphémères comme la XVII*"® dynastie a dû en produire, le prédécesseur d’ Amosis est, non pas Kamès, mais Raskenen. La lumière est <lonc loin d’être faite sur les problèmes que soulèvent ces questions compliquées. Ce qui est problable , c’est qu’Aali-hotep était la femme de Kamès , et qu’elle sera morte sous le règne d’ Amosis, soit que celui-ci ait été son fils fconjecture que semble autoriser le soin tout filial dont témoigiie le luxe vraiment extraordinaire de la tombe *j, soit que, rex noms et sans généalogie connue, il ait

(*) Ln cercueil et les bijoux d’Aah-holep présentent d’ailleurs des anomalies si grandes que le titre de royale épouseprincipale (de Kamès), au lieu de royale mère (d’Amosis) peut à peine nous arrêter, surtout si Kamès était encore vivant à l’époiiuc de la mort de celle que «ous croyons avoir été .sa femme

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voulu laisser à la femme de l’un de ses prédécesseurs son titre d’épouse royale.

Quoiqu’il en soit, voici la description des bijoux exposés dans la cage vitrée qui occupe le centre de la salle dans laquelle nous pénétrons. Je rappellerai que ces bijoux, contemporains du premier roi delà XVIII"*° dynastie, sont antérieurs de dixsept cents ans environ l’ére chrétienne et par conséquent comptent aujourd’hui un peu plus de trente-cinq siècles de durée. Pour plus de clarté, je divise la cage en Face anterieure (côté, de la porte d’entrée). Face postérieure, Face latérale droite et Face latérale gauche.

Face antérieure.

1. — Bracelet d’or à double charnière. Figures d’or finement gravées sur fond de pâte de verre bleu imitant le lapis. Amosis est l'i genoux. Devant lui et derrière lui le dieu Seb et les génies de la terre dans l’une des postures de l’adoration. Style très-fin. Un des meilleurs morceaux de la collection.

2-3. — Deux bracelets d’or et de perles. Les perles sont d’or, de lapis, de comaline rouge et de feldspath vert. Elles sont enfilées sur des fils d’or. L’ensemble forme un damier dont chaque case est de deux couleurs. Une lame fendue en deux parties qui se séparent et se ferment au moyen d’une aiguillette d’or opère là fermeture. On y lit le nom d’Àmosis.

4. — Une magnifique chaîne à laquelle est appendu un scarabée. Elle a 0®90 de longueur, et se termine à chaque extrémité par une tète d’oie recourbée. D’autres exemples nous entraînent à dire que cette chaîne ne se fermait pas autrement qu’en liant ces Meux tètes d’oies au moyen d’une ficelle. Ici encore le nom d’ Amosis se lit sur le cou de ces animaux.

Le scarabée mérite toute l’attention du visiteur. Les pattes qui sont d’un travail si fin qu’on les croirait moulées sur matière, sont soudées au corps qui est d’or massif. Le carrelet et les élytres sont en pâte de verre bleu tendre , i*ayée par des lignes d’or. La flexibilité de cette chaîne atteste une habileté de main-d’œuvre vraiment surprenante.

5. — Une hache. Le manche est en bois de cèdre recouvert d’une feuille d’or. Des hyérogh'phes y sont découpés à jour. Ces hiéroglyphes sont précieux pour la science en ce qu’ils révèlent pour la première fois, au complet , le protocole royal d’ Amosis. Des plaquettes de lapis, de comaline, de tur-

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quoise et de feldspath v sont encastrées, et en rehaussent réclat.

Le tranchant est de l)ronze, orné d’une épaisse feuille d’or. Ce tranchant est enrichi sur ses deux faces de représentations. D’un côté sont des bouquets de lotus dessinés en pierres dures sur un champ d’or. De l’autre, sur un fond bleu sombre donné par une püte si compacte qu’elle semble être de la pierre , se détache la figure d’Amosis, les jambes écartées, le bras levé pour frapper un barbare qu’il a saisi par les cheveux. En dessous de cette scène est une sorte de griffon à tète d’aigle. Dans les récits de batailles, les rois sont souvent comparés au griffon pour la rapidité de leur course quand ils se précipitent au milieu des ennemis. En effet le griffon est ici appelé Month que nous savons déjà être le dieu des combats l'voy. Salle du CentrCy 70). L’expression aimé de Month qui accompagne son image s’applique à Amosis.

Le tranchant de notre hache adhère au manche au moyen d’une simple entaille dans le bois , consolidée par un treillis en or.

6. — ün poignard d’or et son fourreau également en or. .Monument sans égal pour la grâce et l’harmonie des formes. Quatre têtes de femmes en feuilles d’or repoussées sur le bois forment le pommeau. La poignée est décorée d’un semis de triangles or, lapis, cornaline et feldspath, arrangés en damier. La soudure de la lame au manche est artistement cachée par une tête d’.àpis renversée.

La lame est la partie la plus remarquable de ce magnifique monument. Le pourtour est en or massif. Une bande d’un métal dur et noirâtre occupe le centre. Sur cette bande sont des figures obtenues par une sorte de damasquinage.

D’un côté est l’inscription : le dieu bienfaisant, seigneur des deux pays, Ra-neb-pehtiy ririficateuv comme le soleil à toujours. Cette inscription est suivie par une représentation très-rare qui n’est pas exempte d’une certaine influence asiatique, celle d’un lion se précipitant sur un taureau. Quatre sauterelles (|ui vont en s’amincissant juscju’à l’extrémité de la lame terminent la scène.

De l’autre côté on lit près de la poignée : le fils du soleil et de son flanc, Ahmh-nakht, vivi/icateur conme le soleil à toujours. Quinze jolies fleurs épanouies qui, connne sur l’autre face, se perdent vers la pointe, complètent l’ornementation.

7. — Un bracelet composé de deux parties réunies par une charnière.

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La partie extérieure représente un vautour, les ailes éployées. Le jeu des plumes a été imité par des pierrettes de lapis , de cornaline et de pâte de verre de la couleur du feldspath , enchâssées dans des cloisons d’or. Ce travail est celui que faisaient le plus communément les orfèvres ég>-ptiens.

La partie postérieure, plus mince, est formée de deux bandeaux parallèles ornés de turquoises dont un dessin seul pourrait faire connaître la disposition.

Si ce bracelet a servi , il n’a pu , à cause de ses dimensions , être porté qu’à l’ hume rus.

8. — Un anneau creux en or, avant probablement servi de bracelet, comnie l’armille dont séparaient les femmes dans l’antiquité classique , particulièrement en Grèce. Il est sans ornements. La collection des bijoux de la reine Aah-hotep en comprend plusieurs de ce modèle.

— Un poignard. La lame est de bronze jaunâtre trèspesant. Le pommeau est un disque lenticulaire d’argent.

On se sert de cette arme en appuyant le pommeau sur la paume de la main fermée , et en laissant passer la lame entre l’index et le médium.

10. — Deux mouches or !et argent. Décoration de collier (voy. plus bas, n® 19].

Il* — Un bracelet en or massif, épais sans aucune décoration.

12. — Neuf petites hachettes, trois d’or et six d’argent. Dans les hiéroglyphes , la hachette répétée neuf fois désigne l’ensemble des dieux.

Face latérale droite.

13. — Un magnifique collier ousekh. Le collier ousekh est déposé sur les momies en vertu d’une prescription du Rituel. Il s’agrafe sur les épaules et ne couvre que la poitrine qu’il cache complètement.

Celui que nous avons sous les yeux est d’une composition aussi riche qu’inusitée. Des cordes enroulées, des fleurs à quatre pétales épanouies en croix, des lions et des antilopes courant , des chacals assis , des éperviers , des vautours , des vipères ailées, en forment le dessin. Les deux agrafes , selon l’habitude , sont^à tête d’épervier.

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Tous ces ornements sont en or repoussé. Ils étaient cousus aux linges delà momie par le moyen de petits anneaux soudés par derrière.

14. — Ce pectoral est , avec le bracelet à fond bleu et le poignard damasquiné, l’un des trois objets les plus précieux de la collection. La forme générale du monument est celle d’un petit 7iao5 , ou petite chapelle. Au centre , Amosis est représenté debout sur une barque. Deux divinités, Ammon et Phré, lui versent sur la tête l’eau de purification. Deux éper\ders planent au-dessus de la scène comme des symboles du soleil vivifiant.

Le travail de ce beau monument est tout-à-fait hors ligne- Le fond des figures est découpé à jour. Les figures elles-mêmes sont dessinées par des cloisons d’or dans lesquelles on a introduit des plaquettes de pierres dures 'cornaline, turquoise, lapis, pâte imitant le feldspath vert) . Ainsi disposée, cette sorte de mosaïque, où chaque couleur est séparée de celle qui l’avoisine par un brillant filet d’or, donne un ensemble aussi harmonieux que riche.

Par la finesse et la netteté de sa gravure , l’envers du naos d’ Amosis, qui est d’or simple, est aussi remarquable que la face principale.

15. — Un bracelet. Perles d’or, de lapis, etc. , enfilées sur des fils d’or assez espacés pour que le jour se voie à travers. Sur le fermoir , légende d’ Amosis.

16. — Un collier formé de plusieurs rosaces auxquelles sont suspendus des ornements en forme l’amande. Les rosaces sont en or avec incrustations de pierres entre cloisons. Les amandes sont également en or. Les couleurs bleue et rouge qui les distinguent sont obtenues cette fois par des pâtes de ces deux nuances imitant l’émail.

17. — Les petits rectangles d’or où l’on aperçoit encore cà et là quelques perles enfilées sont les débris de bracelets que nous avons trouvés détruits.

Face postérieure.

18. — Un beau diadème. Si ce' bijou n’avait pas été trouvé sur le sommet de la tête de la raine en partie engagé dans ses cheveux, j’y verrais plutôt un des plus magnifiques spécimens de bracelet *d’ humérus que l’on puisse voir.

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La cWcoration est très-riche. Une boîte en forme de cartouclie royal gardé de chaque côté par deux petits sphinx affrontés en forme le motif principal. Le couvercle de la boîte reproduit le cartouche d’Amosis , or sur fond de pâte bleue imitant le lapis. Les deux sphinx sont aussi en or. Si petits qu’ils soient, les yeux .sont rapportés par le procédé dont nous avons parlé â propos du cercueil de la reine. Le reste du diadème ne saurait être bien décrit sans le secours d’un dessin.

19. — Une chaîne d’or. Trois mouches en or massif y sont suspendues. Cet ensemble constitue une sorte d’ornement de poitrine qui se portait passé au cou.

Des preuves plus .solides semient nécessaires pour bien établir que la mouche était, comme on l’a prétendu, une décoration honorifique.

20-21. — Deux têtes de lion. L’une est en bronze, l’autre en bronze revêtu d’or. La tête du lion est l’hiéroghqdie du mot peh, qui signifie vaillance. Nos deux monuments ont sans doute été introduits parmi les objets précieux dont était enrichie la momie de la reine parce qu’ils font partie du cartoucheprénom d’Amosis (Ra-neb-pehti) . On remarquera l’attitude fière de la tête de lion en or.

22. — Un bâton de bois noir, recourbé à son extrémité et entouré d’une large feuille d’or en spirale. Spécimen unique. Peut-être, à l’époque de Kamès et d’Amosis , était-il un signe de commandement. On le trouve aujourd’hui, exactement sous la même forme, entre les mains de la plupart des Nubiens et des Soudaniens , pour lesquels il n’a plus aucune signification .symbolique.

23. — Un beau poignard â manche d’or massif, â lame de bronze pâle.

24. — Une hache. Le manche est de corne , rehaussé d’or à son extrémité inférieure. Le tranchant est d’argent.

25. — Un chasse-mouche , ou flahellam. Le manche et le couronnement sont de bois recouvert d’une feuille d’or. Au pourtour du couronnement on voit encore les trous dans lesquels s’agençaient les plumes d’autruche qui formaient l’éventail proprement dit. Des représentations assez grossièrement sculptées s’y font voir. Le dieu Chons , debout , suivi d’un urœus dressé , reçoit une offrande du roi Kamès. Celui-ci

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est casqué : il tient en main la croix ansée , et à son tour il est suivi de son nom d’enseigne (s-Caf-teti) surmonté de’ l’épervier.

S-faf-teti signifie V approvisionneur des deux mondes. Vers le temps où Kamès régnait à Thèbes , Joseph recevait dans la Basse-Egypte de l’un des rois de la dynastie des Pasteurs ^•oy. Eusèbe dans Manéthon) le nom Aq' Tsaphnath Panca'h[\Q?> Septante l’écrivent Psonthom-phanech] . On remarquera que Tsaphnath reproduit avec une scrupuleuse fidélité l’égyptien T af-en-to y Û approvisionneur du monde {*). Il ne faut cependant rien conclure de ce rapprochement, si ce n’est que le nom d’enseigne adopté par Kamès a pu être porté comme nom propre par des particuliers, à l’exemple de Sam-leli et autres.

26. — Partie du collier ousekh décrit plus haut (vov. n® 12).

Face latérale gauche.

27. — Un miroir. Les Egyptiens ont su donner à ce meuble la forme la plus élégante fvoy. Salle de l'Est, vitrine S). Le manche imite la tige et la fleur épanouie du papyrus. Le disque, quand il est suffisamment conservé, est revêtu d’une sorte de vernis d’or qui lui donne la propriété de réfléchir les objets.

28. — Armille ou anneau de jambe en or. Cet anneau est plat et creux ; il est ourlé à sa circonférence extérieure d’une chaînette en fils d’or tressés imitant le filigrane. Plusieurs autres anneaux du même travail ont été trouvés avec le précédent.

Un dernier objet, complétant la série des bijoux de la reine Aah-hotep, est exposé à part sous le n® suivant.

29. — Une barque garnie de son équipage et montée, sur un chariot à quatre roues (voy. Salle du Centre, 401). La barque

C**) Le serpent allongé, commun aux deux noms T’af-en-to et Tan TTanis), a pour correspondant dans les deux cas le hébreu . Les Grecs, ne possédant pas cette articulation, l’ont rendue par < (Xtàus Tanis, une autre fois par s aans Psonthom (on sait que le p initial de ce nom n’est ici que l’article masculin).

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est d’or massif, le train qui la supporte est de bois , les roues sont de bronze à quatre rayons.

Par ses formes ^!*acieuses et légères, notre monument rappelle les barques célèbres du Nil faitos, selon Pline, de papyrus, de joncs et de roseaux. L’avant et l’arrière sont relevés et terminés par des bouquets de papyrus recourbés.

Les rameurs, au nombre de douze, sont d’argent massif. Au centre de la barque est assis un petit personnage, tenant d’une main la hachette et le bilton recourbé (voy. plus haut n®, 20) . A l’avant, un second personnage est debout dans une sorte de petite cabine décorée ii l’extérieur de plusieurs des emblèmes nommés boucles de ceinture. Le timonier est à l’arrière. Il se sert du seul gouvernail connu alors , c’est-à-dire d’une rame à large palette. Une seconde petite cabine, ou plutôt une sorte de large siège est derrière lui. Un lion passant, avec le cartouche-prénom de Kamès, est gravé sur la paroi extérieure de cette seconde cabine. Ces trois personnages sont en or.

Le sens précis de ce curieux monument est assez difficile à déterminer. Le rôle de chanteur et de timonier sont bien connus, et la hachette entre les mains du personnage principal peut passer, comme on le voit sur quelques bas-reliefs de Deir-el-Medineh, pour un symbole de commandement. Mais pourquoi, contre tous les usages, l’image de la défunte qui est censée travei*ser certaines contrées célestes entrecoupées de canaux et de champs à cultiver, est-elle absente ?

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