Thèbes.-Deir-el-bahari. Calcaire
Hauteur 0 40 Largeur 0 43
Il y a quelques années , nous avons trouvé à Deir-el-bahari l'Tlièbes) , une s(h’ie de bas-reliefs repré.sentant des épisodes d’une campagne de la régente Hatasou (XVIII“® dynastie) dans le pays de Pounl, région qui occupe la partie méridionale de la péninsule arabique.
Ma^^asin n* 5 34-S5.
Au côté gauche d’une grande salle , la victoire est d(^jà acquise aux armes égyptiennes. Un officier de la régente, suivi de ses soldats rangés en bataille , reçoit le chef ennemi (jui, en signe de soumission, lui apporte des produits divers de son pays. Ce chef a la peau couleur rouge foncé. Fl porte à la ceinture un poignard. Il n’est vêtu que d’une sorte de caleçon qui se termine par devant en double j)ointe. Sa famille et ses serviteurs le suivent , ceux-ci peints en brun foncé presque noir.
Au fond de la salle, la flotte égyptienne est échouée au bord de la mer. On embarque les tributs. Des singes , des ballots liés avec des cordes, des arbres entiers , les racines enfermées dans des couffes pleines de terre , occupent le pont des batiments. Plus loin , la régente elle-même , assistée de Thoth , présente au grand dieu de Thèbes les produits de sa campagne dans le pays de Pount. On y compte une girafe , trois mille trois cents bœufs, des peaux de panthères sans nombre , des sacs de pierres rares, des anneaux d’or et d’argent, du bois , des arcs, des casse-têtes appelés amou. Quatre hommes mesurent avec des boisseaux une meule de fruits (?) rouges.
La pierre qui nous occupe en ce moment provient de cette salle et du côté gauche décrit plus haut. Le chef ennemi arrive en suppliant. Derrière lui s’avance sa femme. Celle-ci a la chevelure soigneusement peignée et ramenée en queue épaisse par derrière. Un collier formé de gros disques enfdés orne son cou. Elle a une grande chemise jaune sans manches qui lui descend jusqu’au milieu des jambes. Quanta ses traits, ils sont assez réguliers, quoiqu’un peu virils; mais tout le reste de sa personne est repoussant. Ses bras, sa poitrine, ses jambes, sont en effetcomme chargés de chairs amollies; le bassin se projette en arrière et accuse une difformité que l’artiste égyptien a rendu avec une naïveté singulière.
J’avais fait déblayer la salle dont les parois sont couvertes de ces curieuses représentations pour en rendre l’accès et l’étude plus faciles aux voyageurs. Une nuit, des Européens, de passage à Thèbes, y pénétrèrent, et, pour en enlever une des pierres, démolirent la moitié du mur. Je ne me fais aucun scrupule de dénoncer ici cet acte incroyable de vandalisme.
La pierre que conserve aujourd’hui le Musée est la seule des pierres du mur démoli qu’à la suite de cet événement nous n’ayons pas réussi à remettre à sa place antique.