Grand Temple. Granit rose
Hauteur 2 18
Grande et belle stèle, célèbre dans la science par la date inasilée qui y est gravée.
Ramsès II , casqué et vêtu de sa longue robe de cérémonie, se présente devant Sutekh, le dieu national des Hycsos. Derrière lui s'avance le gouverneur de la province dont Tunis fait j)arlie.
Le premier fait l’offrande du vin au dieu étranger, et en même temps il se fait reconnaître par lui pour le légitime descendant des souverains qui depuis Menés son premier ancêtre , jusqu’à Séli son propre père, ont gouverné l’Egypte. Quant au second, il annonce par la date extraordinaire qui donne à la stèle de Sân un si vif intérêt, son arrivée à Tanis pour présider à la fête ordonnée par Ramsès. L'an 400, et le 4 Mésori du roi yoiibti, dit-il , est venu à Tanis le noble, le général de cavalerie, le gouverneur de la forteresse de Tsor, pour dire : Salut à toi, ô Sutekh, fils de Nout ! etc., etc.
L’intérêt de la stèle est en effet dans la date que nous venons de rapporter. Celte date n’est pas égyptienne , elle est égypto-asialique comme les habitants eux-mêmes de Tanis. Quatre cents ans auparavant, un roi Pasteur, le Noubti de notre stèle, avait doté les Hycsos d’un calendrier régulier» calqué sur l’année sacrée des Egyptiens. C’est à ce calendrier que la date du monument de Sàn est empruntée, ce qui prouve une autre fois que , sous Ramsès II, la Basse-Egypte nourrissait un fond de populations étrangères auxquelles la civilisation égyptienne n’avait pas enlevé leur complète autonomie. N’oublions pas que, parmi ces populations, vivaient, confondus avec les descendants des Hycsos, ces mêmes Israélites que, quelques années plus lard, Moïse devait entraîner à sa suite et qui, eux aussi, avaient conservé sans doute une partie de leurs inslilulions nationales.