Calcaire
Longueur totale 3 21 Hauteur 1 4.5
Monument célèbre connu sotis h? nom de Table de Saqqarah.
Un prêtre de .Memphis, nommé Tounar-i, mourut sous Ramsès Il.elfut enterré dans un des puits qu’on trouve au milieu du plateau situé au Sud de la Pyramide à degrés de Saqqarah. Selon l’usage , on éleva au-dessus de ce puits un édicule funéraire, orné de légendes cl de has-reliefs. Le monument que nous allons décrire provient de col édicule.
La Table de Saqqarah est gravée sur les deux faces.
A la face principale, Tounar-i est rejvrésenlé faisant une adoration à Osiris el à Horus , et récitant une longue prière au premier de ces dieux.
La face postérieure nous montre un tableau d’un autre genre. Selon le Rituel, les âmes justes admises à pénétrer dans le séjour éternel y jouiront de la société des rois. Tounar-i a été proclamé juste , et il entre dans l’auguste a.ssemblée.
Tel est le sens général de la Table de Saqqarah.
Àppendice.-S\Q(i\n\H *0.
Mais l’cdicule enlicr de Tounar-i n’aurait pour ainsi dire pas suflTi s’il avait fallu y faire figurer la série de tous les souverains qui, depuis Menés jusqu’à Ramsès II, ont sueessivenient gouverné l’Egypte. Le scribe charge de la décoration du tombeau fera donc un choix parmi eux, et, guidé par <les motifs qui nous échappent, réduira à 58 noms la liste des pharaons ilont la mémoire est plus spécialement évo<[uce.
Aucun choix, du reste, ne pourra être plus heureux. Que. la Table de Saqqarah, malgré ses omissions , ail été calquée sur l’original (|ui a ser\i de fond aux listes de Manéthon , c’est ce tpii est évident. Des deux côtés le parallélisme est constant. Les rois que Manélhon place à leur rang chronologique sont énumérés dans le même ordre sur la Table. Nulle part, la Table ne contredit rarrangement des dyjiaslies tel que nous le trouvons dans Manéthon. Il y a plus. Les deux listes dérivent si bien d’une source commune que leurs deux rédacteurs semblent s’être entendus à mille ans de distance pour appuyer plus spécialement sur certaines dynasties dont les rois sont tous nommés, et pour passer absolument sous silence celles qui, plus obscures ou moins glorieuses, n’ont pas donné à l’Egypte des rois dignes de l’attention de la postérité. Aucun choix , je le répète, ne pouvait être fait dans de meilleures conditions. On sait que, jusqu’ici , notre guide le plus sûr pour nous conduire dans le ilédale des dynasties égyptiennes est encore Manéthon. Tout ce (pii infirme l’autorité de Manéthon é]>aissit autour de nous les ténèbres; au contraire, tout ce qui exalte l’œuvre de Thistorien national consolide notre point de départ et affermit nos résultats. Or , par la comparaison de Manéthon avec la Table île Saqqarah, nous sommes maintenant de plus en plus certains que ces interminables séries de rois qui effraient rhistorien sont celles-là mêmes que les monuments publics de l’Egypte exposaient à tous les yeux. Manéthon sort donc victorieux de l'épreuve. Ses abréviateurs l’ont mutilé et dénaturé ; on n’y trouve pas moins çà et là quelques jalons solides , et on peut affirmer que dans leur ensemble ses listes appartiennent à l’iiistoire officielle de l’Egypte.
Je ne pousserai pas plus loin les réflexions que suggèrent les 58 cartouches de la Table de Saqqarah, renvoyant ceux des visiteurs qui voudraient avoir plus de détails sur ce précieux monument à un article publié, il y a quelques mois, dans la Revue Archéologique n, nouvelle série, loin IX, p. 169.