Memphis. -Saqqarah. Basalte vert
Hauteur totale 1 88
Couvercle et cuve d’un cercueil de momie, gravés au nom de Hor-ein-heby fils de sa mère Teroii. Quoique d’une gravure très-soignée, ce joli monument n’est déj;\ plus du beau temps de l’art des Saïtes : il doit en elfet appartenir à la période historique qui vit éclore comme une renaissance de la nationalité égyptienne sous les pharaons prédécesseurs d’Alexandre. Du reste ce n’est pas seulement la grâce et le fini des légendes qni recommandent ce monument à l’attention : on remarquera aussi que les patients artistes auxquels l’exécution en fut confiée semblent s’étre im|)osé la tûche de ne laisser aucune partie de l’intérieur et de l’extérieur du cercueil sans y marquer la ti*ace de leur burin.
Selon l’habitude, toutes les légendes .sont relatives à l’immortalité promise à l’ame du défunt dans le monde nouveau où elle pénètre sous la conduite des divinités protectrices des morts. Sur la poitrine, filme de llor-em-heb est figurée par un épervier à tête humaine tenant dans ses serres les deux anneaux de l’éternité. Au-dessus d’elle, comme une image de la nouvelle vie (fui attend le défunt, se lève le soleil rayonnant du matin, assiste dans son cours par Isis etXephthys. La scène est couronnée par une figure du scarabée de la résurrection. Le même anneau de f éternité et les deux longues plumes, signes mystérieux de la victoire que filme a dû remporter sur les génies du mal avant d’être admise il jouir de la lumière éternelle, sont près de lui. Enfin, des pattes de devant de finsecte régénérateur, s’échappent les trois emblèmes de la pureté, de la stabilité et de la vie divine.
. Le dessous de la cuve est orné de longues prières en faveur de Hor-em-heb, et au milieu des représentations qui décorent cette partie du monument, on apiTçoit les images des quinze pylônes que gardent des génies armés de glaives et dont le défunt doit successivement franchir les portes en justifiant de ses bonnes actions sur la terre.
Les deux faces intérieures du couvercle et de la cuve n’ont pas été oubliées dans l’ornementation du monument funéraire de Ilor-em-heb. Sûr la partie supérieure :voy. le dedans du n® 48) est f image du ciel sous la forme d’une ifemme, les bras
Grand Vestibule 48 - 40 .
étendus au-dessus de la tète, nageant dans les espaces célestes. La partie inférieure fn° 47) est au contraire occupée par ce que nous appelons Tenter, représenté par une femme, les bras pendants, le signe hiéroglyphique de VAmenti sur la tête. Quand la dépouille mortelle de Hor-em-heb était encore enfermée dans son cercueil, le défunt était ainsi comme suspendu entre le ciel supérieur qui représente la course radieuse du soleil, et le ciel inférieur que Tastre parcourt pendant la nuit. Toutes les croyances égyptiennes sont LL La vie est semblable au soleil qui accomplit au-dessus de nos têtes sa resplendissante • carrière; te soleil nocturne qui lutte silencieusement sous nos pieds contre les ténèbres est T image de la mort. Ces épreuves accomplies, T âme déclarée pure ré paraît brillante à l’horizon oriental, et commence pour l’éternité une seconde vie qui n’aura pas de mort.
Les sarcophages comme ceux de Ilor-em-heb et d’Ankh- Hapi sont aussi communs â Memphis (ju’ils sont rares à Thèbes et à Abydos. L’humidité du climat de la Basse-Egypte, et particulièrement la constitution géologique de la montagne voisine de Mempliis qui a forcé les habitants de cette ville â creuser les tombes dans un schiste argileux très-friable, suffisent à expliquer ce fait. Thèbes, dont le ciel est toujours si admirablement serein, n’a eu besoin que de sarcophages en bois.