‹ Notice des principaux monuments exposés dans les galeries provisoires du musée d'antiquités égyptiennes de S. A. le vice-roi, à BoulaqChapitre 55 sur 373 · Thèbes.-Karnak. Granit noir · texte numérisé non relu

Thèbes.-Karnak. Granit noir

Largeur 0 75

Ce monument est célèbre dans la science. C’est une stèle érigée sous Thoutmès Itl et destinée â être placée dans le temple de Karnak , où effectivement nous l’avons retrouvée. Elle appartient par constiquent à la division des monuments historiques.

Le premier registre a été martelé , en même temps que le commencement de la première ligne où se lisaient le nom et les titres d’Ammon. Ces circonsfances donnent â penser que la flétrissure imprimée à notre monument remonte au temps de Khou-en-.\ten, dont le fanatisme a laissé tant de traces sur les temples de Thèbes. A une époque postérieure, peut-être sous Ramsès II , si l’on en juge d après la maigreur (les figures , le tableau effacé a été gravé de nouveau en abattant de quelques millimètres le plan de cette partie de la stèle.

Ce premier registre représente, en deux scènes presque identi(]ues, Ammon recevant les hommages de Thoutmès. Le dieu est appelé, Ammon-Ra, roi des dieu-x , seigneur du ciel; Thoutmès 'nom et prénom) a pour titre le dieu bon , seigneur des deux pags , seigneur des diadhnes. Derrière lui apparaît une déesse debout, portant en mains l’arc, les flèches et la hache d’armes. A l’hiéroglyphe symbolique ([ui forme sa coiflùre , on reconnaît la Thébaïde , et peut-être , par extension, l’Egypte personnifiée.

Le second registre est occupé par un long texte de vingt-

Grand Vestibule et .

cinq lignes horizontales gravé avec cette largeur de style qui caractérisé le règne de Thoutmès. C’est un poème com^sé en souvenir des victoires de ce roi. Ainmon-Ra , seigneur des trônes du monde, prend la parole : « Viena à moi! tressaille dejdie en voyant mes faveurs , d mon fils vengeur !.... » Le dieu énumère ensuite les bienfaits dont il a comblé le pharaon. C’est lui qui lui a donné « le monde dans sa longueur et dans sa largeur; c’est par lui que t Orient et t Occident servent de demeure au roi victorieux. Tu as pénétré chez tous les peuples, continue Ammon , le coeur joyeux ; aucun n'a pu résister à tes ordres; c’est moi qui t'ai conduit quand tu approchais Je t’ai ordonné défaire entendre tes rugisse-

ments jusque dans leurs cavernes , et fai privé leurs

narines des sou ffles de la vie » Les douze dernières lignes

sont consacrées à ces développements poétiques ; puis tout-àcoup le dieu entonne une sorte de chant cadencé où , selon l’usage des littératures orientales , les idées se pondèrent de la manière suivante :

Je suis venu, et je t’ai accordé de frapper les princes de T’ahi..... Je leur ai fait voir ta majesté telle qu’un seigneur de lumière, éclairant leurs faces.

Je suis venu , et t'ai accordé de frapper les habitants de P Asie; tu as réduit en captivité les chefs des peuples des Rotennou. Je leur ai fait voir ta majesté, revêtue de ses ornements; tu saisissais tes armes et combattais sur ton char.

Je suis venu, et je t'ai accordé de frapper les peuples de

l’Orient Je leur ai fait voir ta majesté, semblable à

Seschet (peut-être quelque constellation) qui projette la chaleur de ses feux et répand la rosée.

Je suis venu, et je t'ai accordé de frapper les peuples ét Occident. Kefa et Asi sont sous ta terreur. Je leur ai fait voir ta majesté , telle qu'un jeune taureau au cœur ferme , aux cornes aiguës, auquel on ne peut résister.

Six autres versets complètent cette poétique parenthèse, puis le dieu rcmrend son discours : « C’est moi qui te ptotége, ô mon nls chéri ! Horus, taureau valeureux, régnant dans la Thébdide, etc »

Comme on le voit par ces détails , la stèle de Thoutmès III est la copie sur ffranit d’une véritable œuvre d’imagination composée pour glorifier les victoires de ce prince. Le parfum de poésie orientale qui est répandu sur ce bel échantillon de la littérature égyptienne au XVII®® siècle avant notre ère n’échappera à personne. Au mois d’août 1859, j’avais, en quelques mots rapides, appelé l’attention de l’Académie des Inscriptions

Grand Vestibule ei-e4.

et Belles-Lettres sur cette stèle dont j’avais en même temps indiqué les caractères principaux. Quelques mois plu^ tard, le savant conservateur des antiquités égyptiennes au Musée britannique, M. Birch, en üt paraître une traduction complète qui , bientôt après , fut suivie de celle que nous devons à M. de Bougé et à laquelle je viens d’emprunter les phrases qui précèdent.

62, 63.— Memphis. -Saqqarah. Calcaire.

Hauteur totale 1 94

Cercueil de la dame Heken , fille de .sa mère Ter-nefer. La représentation principale n’est que la reproduction de la scène de la résurrection déj'i décrite. Au centre du disque solaire apparait ici , au lieu du scarabée , un dieu pantliée , à corps d’homme, aux pattes d’oiseau et de bélier, ithyphallique comme Ammon-Générateur dont il a le geste, les épaules surmontées des quatre têtes de bélier, symbole de puissance. Au pied du couvercle , on lit cette prière : « Que s'arrête son âme sur son corps et sur son cœur f que s'arrête son âme sur son corps et sur son cœur! Qu' Us Tiennent pour prononcer les dûmes paroles dans le temple du Bennou à Héliopolis, là où sont la divine Justice et le /ils de Toum I Que son cœur soit à lui comme le Soleil, nue son corps soit à lui comme Toum , (/ue la pureté , que ta pureté soit à ton être, à ton corps , a ton âme, à ton essence, ô Osirienne Heken, fille de Ter-ne fer, celle qui a été proclamée juste ! » On voit, par ce court exemple , à quelles idées mystiques et confuses sont empruntées les légendes qui couvrent les monuments de cette époque.

On sait déjà que le cercueil de la dame Tïeken, fille de Ternefer, a été trouvé dans le puits d’ Ankh-Hapi avec le cercueil de Kem-Hapi , fils de Ter-iiefer. Il résulte de là que, selon toute

P robabilité , Kem-Hapi et Heken sont le frère et la sœur, ous ces monuments appartiennent à l’époque ptolémaïque.

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