Memphis. -Saqqarah. Calcaire
Hauteur totale 2 11
Cercueil de momie d’un style fin et soigné. Scène déjà décrite de l’âme venant de nouveau animer le corps. Les quatre tètes placées sous le lit sont c« lles des (piatre génies des morts. Ce sont ces mêmes têtes qui forment les couvercles des vases funéraires (canopes) où certaines parties du corps du défunt étaient déposées. Au-dessus , représentations inusitées. Au milieu apparaît le tat, symbole de stabilité. Il est entouré d’animaux monstrueux. Ces animaux accompagnent quelquefois certaines figurines représentant un homme ithyphallique , tantôt la tête nue, tantôt coiffé de la tresse de l’enfance. Il ne faut voir dans ces images, (jui symbolisent (finie façon trop naïve la force créatrice de la nature , aucune intention obscène. C’est une autre manière d’exprimer la génération céleste qui doit faire entrer le défunt dans une autre vie. Peut-
Grand Vestibule Kl-»».
être les animaux monstrueux de notre sarcophage n’ont-ils pas d’autre signification.
La lecture des inscriptions nous apprend que ce monument funéraire était consacre à une femme nommée Ankh , fille de son pèie le prophète Oun-nefer et de sa mère Sati (?). Voy. la description du n° 34 [Grand Vestibule).
Ce cercueil est le dernier de ceux (jui ont été trouvés dans le puits d’.\nkli-Hapi [Cour, n® 3). Trois familles vêtaient représentées: celle d’Ankh-Hapi , celle d’Oun-nefer, celle de Kcin-Ilapi. Rien n’indique que ces trois familles aient été contemporaines , et par consé(|uent il est impossible de tirer aucun argument de la comparaison des monuments qui leur appartiennent. Mais les sarcophages d’Oun-nefer et de sa fille Ankh présentent entre eux des différences de style et de composition si tranchées qu’on peut s’étonner de voir une même époque produire des œuvres aussi dissemblables. Les figures du cercueil d’Onn-nefer sont rudes , quoique largement traitées ; les hiéroglyphes sont sans finesse, et témoignent par quelques bizarreries de forme de la maladresse de la main qui les traçait. Au contraire, rien dans le beau monument de la dame Ankh ne trahit la décadence. On voit par là que les mêmes époques n’ont pas toujours eu un même type d’art, et que classer les monuments sur la seule indication de leur style peut quelquefois conduire à de graves méprises.